‹ Contribution à l'Étude de la Tuberculose Pulmonaire des VieillardsChapitre 5 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Il est inutile de rechercher dans l’histoire de la tuberculose pulmonaire sénile l'opinion des auteurs qui ont précédé Bayle et Laennec. La conception qu'ils avaient de la phüsie, conforme à la définition d'Hippocrate, était si vaste et si peu précise à la fois, que Maygrier, dans son article de la première édition du Dictionnaire des Sciences Médicales, énumère encore quatorze genres de phtisie, parmi lesquels on trouve le scorbut à côté de l’anémie syphilitique et du cancer. Il est donc certain qu'ils confondaient, sous une même appellation, toutes les affections pulmonaires chroniques accompagnées d'expectoration et de cachexie. Tous admettaient cependant que la phtisie survenait surtout entre 18 et 35 ans, qu'elle était extrêmement rare dans la vieillesse.

Bayle fut le premier à signaler des tubercules à l'autopsie de gens âgés, et Laënnec remarque que la phtisie est très fréquente dans la vieillesse, même avancée. Cette idée ne fut pas acceptée sans réserves, et l'on peut diviser les auteurs qui ont étudié la tuberculose en deux partis : les uns, de moins en moins nombreux, fidèles aux théories hippocratiques, admettent que l’âge crée une sorte d’immunilé à la tuberculose ; les autres, conquis aux idées modernes, considèrent cette affection comme une maladie contagieuse, pouvant atteindre le vieillard au même titre que l'adulte. Au début, la tuberculose pulmonaire sénile fut décrite avec timidité ; mais à mesure que se généralisaient les observa-

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tions de Villemin et les découvertes de Koch, les études devinrent plus nombreuses et leurs conclusions plus catégoriques. Bayle, sur 100 phtisiques, en signale 13 qui ont dépassé 60 ans; Louis, 17 sur 123; Quesne décrit une tuberculose à forme hémoptoïque chez un vieillard de 80 ans: Andral cite un cas analogue, puis viennent les autopsies de Cruveilhier, le mémoire très complet de Rogée sur la curabilité de la phtisie par transformation des tubercules, de nouvelles observations de Milcent et de Barth, les statistiques de Lebert, la thèse de Boudet. En 1863, Moureton, élève de Vulpian, conclut, dans sa thèse, que le vieillard se tuberculise comme l'adulte et réunit des observations de tuberculisation aiguë au cours de la vieillesse. Les années suivantes, les travaux et les thèses se multiplient : thèses de Cocatrice et de Jardin, traité d'Hérard et Cornil, thèses de Bard sur les formes fibreuses, d'Olivier sur l’hémoptysie, de Binse, d'Audoin, de Weil, de Ruelle. Peter, dans ses leçons, décrit la tuberculose de la cinquantaine qu'il oppose à la phtisie de la puberté; celle-ci, due à une prédisposition héréditaire ou constitutionnelle; celle-là, déterminée par la lente et continuelle influence des causes prédisposantes. Théorie que Luigi Manfredi reprend vingt ans plus tard en décrivant deux maxima dans la fréquence de Ia tuberculose : la première enfance et la vieillesse. De 1885 à 1896 paraissent encore une observation de Duguet, les thèses de Gilbert et de Michel, les articles de Parisot et de Marfan, deux leçons cliniques de Potain et enfin l'excellente étude d'ensemble de Barié. Cette revue générale fixe définitivement les formes cliniques et les lésions anatomo-pathologiques de la tuberculose sénile, les recherches postérieures ne porteront plus que sur les dangers sociaux, la fréquence, les formes latentes ou anormales, les difficultés que rencontre Le diagnostie et les réactions de laboratoire qui peuvent l’éclairer, Il convient

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