DÉBUT
Les connaissances que nous possédons atuellement sur la tuberculose de la. vessie sont de date toute récente.
C’est, en réalité, depuis les remarquables travaux de M. le Professeur Guyon et de sonécole que cette affection encore mal connue a pris une place bien déterminée dans le cadre nosologique, constituant ainsi une entité morbide bien définie. es
Toutefois, bien des auteurs déjà s'étaient occupés de la question. Bayle et, au commencement du siècle, Laënnec (1819) avaient signalé la présence d’altérations vésicales observées au cours de leurs examens nécroscopiques, altérations qui rappellent en tous points celles de la tuberculose. A leur suite, John Hovoship (1823), Larchier : (1827) Boyer et Cruveilhier, dans leurs traités, décrivent des lésions localisées à la vessie etquine sont autre chose que des manifestations tuberculeuses. Lestravaux de Rilliet et de Barthez, de Louis, de Dufour et de M. Lancereaux ont complété nos connaissances sur l'anatomo-pathologie .de la cystite tuberculeuse, dont la nature n’a été bien déterminée qu'après la découverte du bacille de Koch. | Se
Prtei|| | ee .
« Mais, dit M. le professeur Guyon, si l'étude des lésions a été poursuivie sur le cadavre avec le plus grand zèle, on ne peut se défendre d’une vive surprise lorsqu'on s'aperçoit que l'étude clinique, lo de suivre pas à pas les progrès de l’anatomie-pathologique, était encore à peine ébauchée il ya une quinzaine d’années. C’est pour ce motif que je me suis particulièrement attaché, depuis que je
* dirige la salle des voies urinaires de cet hôpital à vulgariser, Solt par mes propres travaux, soit par ceux de mes + élèves (Tapret, Guébhard, Monod, Hache, Boursier) tout ce qu’une observation déjà longue m’a appris au sujet de la symptomatologie, de l’évolution clinigne et du diagnosüc de la tuberculose urinaire. Ces efforts ont été couronnés de succès et j'ai aujourd’hui la précieuse satisfaction de constater que limpulsion partie de notre service n’a pas médiocrement contribué à fixer les idées sur ce point important de la pathologie urinaire et à répandre les con-
naissances que nous avons acquises » (1).
#4 1. Guyon. — Cliniques de l'Hôpital Necker 1888.
ETIOLOGIE
C’est principalement de 15 à 40 ans que s’observe la tuberculose vésicale; toutefois, on peut lobserver bien que plus rarement chez de jeunes enfants de 3 à 5 ans et chez des vieillards de 80 à 90 ans. Tapret cite l’observation d’un vieillard de 97 ans, L’homme serait plus fréquemment atteint que la femme dans la proportion de 5 pour 3. d
Causes prédisposantes. — Sont tout particulièrement prédisposés à cette affection les sujets issus de souche tuberculeuse ou atteints de manifestations tuberculeuses
quel que soit le siège dés lésions primitives, viscéral, os-
seux ou ganglionnaire. Souvent la tuberculose vésicale
est consécutive à une lésion spécifique de voisinage siégeant plus spécialement dans les organes génitaux. Toutefois, il faut reconnaître que la tuberculose urinaire peut apparaitre indépendamment de toute lésion tuberculeuse de voisinage ou éloignée et qu’elle est assez souvent la
première manifestation de l'infection bacillaire. Aussi l’a-
phorisme énoncé par Louis n'est-il pas toujours l’expression de la vérité lorsqu'il dit: « Quand des granulations
existent dans un organe quelconque on doit forcément en rencontrer dans le poumon ».
L'étude toute récente des tuberculoses locales a montré tout ce que cette assertion avait d’exagéré et d’inexact et, aujourd'hui, il est hors de doute que la vessie puisse être envahie primitivement comme le poumon. « Il est de règle, au contraire, dit M. le Professeur Guyon, que les sujets atteints de tuberculisation urinaire n’offrent absolument aucune lésion pulmonaire ou seulement des lésions très insignifiantes et qui ne méritent en aucune façon d'entrer en parallèle avec celles de la vessie. Les exceptions sont rares. J’ajouterai même que la maladie évolue complètement d'habitude, sans offrir aucune tendance à Ja généralisation, sans cesser d’être une tuberculose locale. »
Causes déterminantes. — L'organisme, nous l’avons
- 2 Ty, est le plus souvent en puissance d'infection qui, pour ; se manifester, attend une cause occasionnelle quelconque.
. L'expérience de Max Schuller est bien connue : on contusionne l'articulation d’un jeune chien, une arthrite traumatique simple se développe. Chez un autre chien, après avoir injecté dans les bronches de l’animal des crachats de tuberculeux, on répète la même expérience ; ce n’est plus alors une arthrite simple que l’on voit évoluer, mais une arthrite tuberculeuse, caractérisée par la présence de follicules types sur la synoviale enflammée. , |
Certains auteurs ont parlé d’une contamination directe
de la femme à l’homme pendant le coït. Conheim, le pre-