LE KA
mier, prétend qu’un sujet ayant des rapports sexuels avec une femme atteinte de tuberculose utéro-annexielle, pouvait contracter une tuberculose uréthrale et vésicale. C’est éqalement l’opinion de Verneuil qui est exposée dans la thèse de Verchère (Paris, 1884). À l’appui de cette théorie, M. Fernet a relevé certaines observations où l'infection auraiteu sa porte d’entrée par les voies génitales.
M. le Professeur Guyon n’admet pas ces idées; d’abord, comme il le dit, les examens qui ont été faits ontété tous insuffisants et n’ont par conséquent rien de démonstratif ; d’autre part, des jeunes enfants en bas âge et des viergesont parfois de la tuberculose urinaire sans qu'il soit possible d’invoquer la contamination sexuelle ; enfin, il est des cas où la tuberculose génitale nettement consta- tée n’a pu être transmise d’un époux à l’autre. trs
M. le docteur Reclus n’admet pas non plus la théorie de Conheim (1).
Cependant, dit Cayla dans sa thèse de Paris, 1887, sur . la tuberculisation des organes génito-urinaires, il y a lieu de séparer la tuberculose génito-urinaire de l’homme de celle de la femme. Il ne répugne pas à l’idée d'admettre ‘qu'un malade tuberculeux urinaire puisse, dans les rapports sexuels, amener des bacilles tuberculeux dans le vagin et l'utérus où ils pourront proliférer. On a constaté, en effet, que le sperme pouvait renfermer des bacilles qui trouveront dans.les voies génitales de la femme, toutes les conditions favorables à leur développement.
. Mais pour Cayla, la tuberculose génito-urinaire débute
1 Reclus. — Gaseite hebdomadaire du 28 février 1884.
généralement par les parties supérieures et notamment par le rein. C’est d’abord l'appareil urinaire qui est pris le premier. L’infection se fait par la voie sanguime, le glomérule est atteint, puis la dissémination bacillaire suit le courant de l’urine ; dansl’appareil génital, au contraire l'infection remonte le cours du sperme. Il est démontré aujourd’hui que la tuberculose vésicale est primitive dans l'appareil urinaire et que, contrairement à ce que pense Cayla, la lésion rénale est secondaire aux lésions vésicales comme le prouvent surabondamment l’évolution, le tableau clinique de la maladie et les données anatomopathologiques les plus récentes.
M. le professeur Guyon a montré que toutes les cystites infectieuses, quelle qu’en soit la cause, jouaient un rôle prépondérant dans l’étiologie de la tuberculose vésicale. C’est principalement la cystite blennorrhagique qui doit être la plus incriminée. « Ces cas, malheureusementassez
nombreux, dit-il, m’ont fait dire, depuis de longues années
déjà, que la blennorrhagie pouvait être considérée comme une pierre de touche pour beaucoup d’organismes. Elle donne l’occasion à une diathèse, latente jusqu'alors, de se manifester ; elle prépare un terrain morbide qui appelle ses localisations. »
La vessie épuisée par le processus blennorrhagique devient un « /ocus minortis resistentiæ. »
Ces rapports de l’inflammation et de la tuberculose ont été parfaitement étudiés par Hanot dans sa thèse d’agrégation de Paris, 1885.
__« Si linflammation a le pouvoir de déterminer l’appari-
tion des tubercules, il s'en suit comme corollaire inéluc-
table que l’inflammation doit activer le développement d’un tubercule déjà formé, L'ensemble de ces faits ne permét pas, sans doute, de poser comme loi que le tubercule ne puisse se développer que sur un terrain préparé par le processus phlegmasique ordinaire qui serait le premier stade de l’inflammation spécifique, de telle sorte que l’évolution tuberculeuse se ferait en deux temps, avec cette possibilité que cette évolution se dissocie parfois à ce point que le second stade ne succède au premier, qu’à un intervalle plus ou moins éloigné. Mais s’il est bien vrai que le tubercule est apte à qermer d’emblée sans lavertissement préalable d’un processus phlegmasique (nous excep-
tons, bien entendu, le processus phlegmasique constitu- £
tionnel du tubercule ‘lui-même), il n'en reste pas moins:
établi que parmi les causes occasionnelles de la tubercu-
\ = lose, il faut placer l’inflammation et dans un très bon
rang. » (1)
4 Hanot « Thèse d'agrégation. » Paris, 1885.