DIAGNOSTIC
« Pour l'énorme majorité, dit A. Fournier, les erreurs qui se commettent relativement à la fièvre syphilitique, sont des erreurs de surprise, tenant à ce fait, que l’état de syphilis du malade est resté inconnu du médecin.
« Que sont, en effet, tous ces cas dans lesquels la fièvre syphilitique a été confondue soit avec une fièvre d'invasion de rougeole ou de variole, soit avec une synoque,une fièvre typhoïde,unefièvre intermittente? Presque invariablement des cas, où les médecins n'étaient pas au fait de la syphilis de leur malade, ou les malades, pour une raison ou pour une autre, n'avaient pas déclaré leurs antécédents.
« La syphilis non connue, il va de soi que le diagnostic de fièvre syphilitique n’est pas institué ».
La conclusion de ce qui précède est facile à tirer:
c’est qu’il. peut se présenter deux occurrences,où l’on a
à établir le diagnostic de fièvre syphilitique ; on sait, ou on ne sait pas que le malade est syphilitique ; et ces deux types sont représentés assez exactement par les malades de ville et les malades d'hôpital.
Dans les hôpitaux spéciaux, où le malade entre pour traiter sa syphilis, on est facilement amené à trouver la cause de la fièvre qu'il peut avoir ; en ville, au contraire, un malade a un mouvement de fièvre dont on ne peut s'expliquer l’origine ; si on le questionne sur ses antécédents, à supposer qu'on y ait pensé, 9 fois sur 10, le malade vous cachera avec soin ses antécédents spécifiques surtout, lorsque des considérations sociales d'ordre divers l'y engagent ; parfois aussi le malade ne se contente pas de ne pas avouer: il nie purement et simplement une syphilis antérieure. De plus il arrive fréquemment et ceci chez la femme, et ce sont ces cas qui nous intéressent plus particulièrement, que la syphilis est tout à fait ignorée et cela sans mauvaise foi ; c’est là que le diagnostic devient délicat.
« Retenez ceci, nous dit Fournier dans ses Leçons « cliniques: c'est qu'un médecin, en face d’un état « fébrile, dont il ne voit pas nettement la cause, qu'il « ne s'explique pas, a l'obligation de laisser une place € à la syphilis dans les hypothèses qu'il doit faire pour « interpréter cette fièvre : il doit rechercher la syphilis « et s'expliquer catégoriquement sur ce point avec son « malade ».
Mais répétons-le à nouveau le malade nie et cela de bonne foi souvent, il faut alors étayer son diagnostic.
Quels seront donc les signes qui en présence du tuphos et d'une fièvre continue devront nous faire penser à la syphilis.