‹ Contribution à l'Étude de la Vaccination associée antityphoparatyphodiphéritériqueChapitre 17 sur 25 · DATE NES · texte numérisé non relu

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tion de régime, d’une charge brusquement augmen-— tée.

C’est pour éviter ces fléchissements de l’immunité qu’il est indiqué de chercher à provoquer une très forte immunité que seule la vaccination associée semble en état de donner.

Ce fléchissement se produisant dans 6,9 % des cas environ selon Feuillée, Blancardi et Thiry et n’étant possible que dans 5 % des cas après vaccination asso-

ciée comme le montre l'exemple du 6° régiment de dragons à Vincennes, l’immunité reste certaine dans au moins 99,3 % des cas.

Le pouvoir hautement immunisant de la vaccina-

tion associée n’est donc plus à établir, mais ce n’est pas son seul intérêt : elle a de plus un grand pouvoir prophylactique.

La vaccination associée est susceptible de juguler, et souvent brusquement, une endémie ou de faire tourner court une épidémie. Les cas du 75° régiment d'artillerie à Lyon et du 4° régiment de hussards à Rambouillet en sont des exemples frappants.

Dans un régiment, tel que le 10€ régiment de dragons à Montauban par exemple, où l’endémie datait d’une dizaine d'années, l'emploi des vaccinations associées a ramené à zéro le nombre des cas de diphtérie

et cela en ne vaccinant exclusivement que les jeunes soldats. Il n’y a même pas eu dans ce régiment, à l’occasion des incorporations, de petits retours de l’endémie pendant quelques temps comme au 27° régiment d'infanterie à Dijon, entre autres. Il est pro-

bable que les anciens soldats, par de petits contacts répétés avec le bacille de Lôffler, acquièrent un cer-

tain degré d’iminunité et, si pendant l'établissement de cette immunité les nouveaux apports de bacilles à l’occasion de l’arrivée des recrues n’entraînent pas l'apparition d’épidémie, ceux-ci peuvent acquérir une immunité solide.

La vaccination enrayant les progrès de la diphtérie aide l'installation de cette immunité.

Espérons que dans un laps de temps assez court toute l’armée sera immunisée vis-à-vis de la diphtérie spontanément ou grâce à la vaccination.

Mais à côté des cas heureux que nous avons envisagés, il nous reste à étudier les régiments où de temps à autre apparaissent encore quelques diphtéries. L’explication de ces cas est assez facile.

D'abord il y a d’anciens soldats qui n’arrivent pas à s’immuniser et qui constituent une proie constante pour la diphtérie. |

Ensuite il y a les soldats qui échappent à la vaccination soit du fait d’une contre-indication ne permettant que l’emploi de la rhino-vaccination, laquelle n'est qu’un pis-aller, soit du fait de leur arrivée au corps en dehors des périodes de vaccination, soit encore par suite d’une hospitalisation pendant la vaccination.

Eafin il y a les jeunes soldats arrivant la plupart de la campagne, fatigués par le voyage, leur nouvelle existence, le changement de régime, se trouvant

brusquement dans le milieu très contaminé de villes

Me 7" ER comme Lyon, qui, pendant la lecture du Schick et après l'installation de leur immunité, contractent la diphtérie en masse, constituant les k/5 des diphtéries enregistrées dans l’armée. re

La « période creuse » de la vaccination a déjà été réduite grâce à la vaccination en deux temps, elle pourrait être diminuée encore grâce à la vaccination en une seule injection mais ce procédé doit être rejeté, au moins actuellement. On ne peut raccourcir cette période maintenant qu'en se dispensant de pratiquer la réaction de Schick.

Si on considère le pourcentage de sujets réceptifs à leur arrivée au régiment, on est frappé par la différence qui existe entre le chiffre de 12 % généralement admis et celui de 55 % trouvé en fait.

Au 10° Régiment de dragons à Montauban on a trouvé aux incorporations :

D'avril 1931... sur 210 réactions, 115 positives, soit 34,76 %, D'octobre 1931. sur 435 réactions, 243 positives, soit 55,86 % D’avril 1932... sur 271 réactions, 111 positives, soit 1, 2% D'octobre 1932. sur 324 réactions, 195 positives, soit 51,01 % D’avril 1933... sur 140 réactions, 70 positives, soit 50 %

D'octobre 1933. sur 445 réactions, 262 positives, soit 58 %

Plus de la moitié de chaque contingent doit donc être vaccinée et de plus, chose non négligeable, beaucoup de soldats présentant un Schick négatif à leur incorporation, contractent dans la suite la diphtérie ne possédant sans doute qu’une immunité-limite à

moins que leur Schick négatif ne corresponde pas à 1/30 d'unité antitoxique dans le sérum.

Meerseman, Friess et Renard, expérimentant sur des sujets soumis simultanément à deux épreuves de Schick, l’une à l’aide de la toxine diluée au 1/600, l’autre avec une dilution au 1/300, ont dosé l’antitoxine dans le sérum de ceux-ci et seuls les individus dont la réaction était négative avec la dilution au 1/600 avaient une immunité supérieure à 1/30 d'unité, les autres ayant un taux d'antitoxine parfois même inférieur à 1/00 d'unité.

Il conviendrait donc au moins d’abaisser le taux de dilution de la toxine injectée pour pratiquer l’intradermoréaction de Schick.

Le mieux est de vacciner, sans réaction de Schick préalable, tous les sujets lors de leur incorporation, ceci en attendant que seule une injection dite de rappel soit nécessaire, ces jeunes gens ayant tous été vaccinés dès leur enfance.

Le jour où la vaccination associée sera aussi répandue et systématique que la vaccination Jennérienne,il n’y aura pas plus de cas de diphtérie en France qu’il n’y a actuellement de cas de variole.

Les vaccinations triples.

La pratique des vaccinations associées, malgré ces admirables résultats, devait encore en fournir de plus intéressants. La vaccination associée au moyen du mélange des trois vaccins : anatoxine diphtérique, vaccin antityphoparathyphoïdique et anatoxine tétanique est actuellement à l’étude. Ceci à la faveur des faits suivants :

M. le Médecin général inspecteur Dopter, alors directeur du Service de santé au ministère de la guerre, avait été frappé par ces faits :

10 Une plaie pouvait malgré la sérothérapie spécifique recéler des spores tétaniques vivantes susceptibles de germer et de provoquer le tétanos, même après une longue période, ce qui est très normal puisque le sérum antitétanique, doué uniquement de propriétés antitoxiques, n’exerce sur elles et sur le bacille aucune action bactéricide ;

29 Ces tétanos tardifs, ou simplement retardés, pouvaient s’observer non seulement du fait de blessures en évolution ou lors d’une intervention chirurgicale sur le foyer d’une blessure, mais aussi en dehors de toute cause apparente.

Le 11 février 1931, il envoyait à MM. les direc-

teurs du service de santé de la région de Paris, des sixième, septième, dix-septième et vingtième régions une circulaire où, tout en reconnaissant le bien fondé de la sérothérapie pratiquée lors du traumatisme, puis à la fin de la première semaine en cas de traumatisme grave, enfin avant toute intervention chirurgicale ou en présence de mobilisation ou de migration spontanée de corps étrangers, il préconisait la recherche d’une immunité active grâce à l'emploi de l’anatoxine tétanique. |

La sérothérapie ne donne qu’une immunité passagère durant quinze à vingt jours au maximum, tandis que l’immunité due à l’anatoxine paraissait beaucoup plus durable, ainsi que le montraient déjà les recherches de Ramon et Zoeller.

Cette immunité ne se manifestant pas d'emblée, mais bien après la deuxième ou troisième injection, il fallait associer les deux procédés : sérothérapie préventive et vaccination par l’anatoxine :

D’où les instructions suivantes :

« Soit un sujet présentant une plaie dont la nature peut faire redouter l’éclosion ultérieure du tétanos. Après les mesures usuelles d’antisepsie (peau et ins—

trumentation) ;

10 Pratiquer sous la peau de l’abdomen ou de la région sous-épineuse, une injection d’un centimètre cube et demi d’anatoxine ;

20 Quelques minutes après, pratiquer l'injection classique de sérum antitétanique : 10 eme. et même

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davantage, suivant l’état de délabrement des tissus, en un point des téguments éloigné de celui qui a.été choisi pour l'injection d’anatoxine.

3° Le vingtième jour, injecter 2 cmc. d’anatoxine : 4° Le trentième jour, injecter à nouveau 2 cmc. d’anatoxine.

Les injections d’anatoxine tétanique ne provoquant aucune réaction, il n’est pas nécessaire de soumettre les sujets ainsi traités à un régime alimentaire spécial le jour des injections vaccinantes ; il sera prudent néanmoins, de leur assurer un repos suffisant, Ils peuvent recevoir ces injections d’anatoxine une fois qu'ils ont repris leur service normal, après cicatrisation de la plaie. Il y a lieu de s’attacher à ne pas vacciner les sujets fatigués, surmenés, fébricitants, paraissant présenter des symptômes prodromiques d’une affection aiguë ou subaiguë, ou atteints d’une maladie chronique.

Il est donc indispensable de procéder, avant toute décision, à l’interrogatoire et à l’examen très attentif du sujet, ainsi qu’à l'analyse de ses urines (recherche de l’albumine et du sucre).

Il yaura lieu de pratiquer une injection d’anatoxine (2 cmc.), dite de rappel, immédiatement avant une intervention ultérieure si celle-ci présente un caractère d'urgence, et le plus tôt possible après une nouvelle blessure tétanigène, la teneur du sang en antitoxine subissant déjà au bout de quarante-huit heures

une augmentation très importante (bond antitoxique).

que

Si l'intervention chirurgicale peut être prévue pour une date déterminée, il sera préférable de pratiquer, plusieurs jours auparavant, l’injection de rappel.

Même en dehors de toute nouvelle plaie survenue depuis la première injection d’anatoxine, il y aura lieu de pratiquer, un an après cette dernière injection, une injection dite de rappel, de 2 cmc. d’anatoxine, cette prescription concernant plus spécialement les militaires de carrière.

Enfin, cette vaccination antitétanique, effectuée selon ces rites, ne devrait être utilisée qu’en vue d'assurer l’immunité chez les porteurs de plaies soupçonnées d’être tétanigènes et ne devrait en aucune façon être généralisée systématiquement à toute la collectivité militaire.

M. le médecin général Sacquépée, en juin 1933, justifiait cette méthode une fois de plus en publiant les résultats obtenus grâce à ces trois injections d’anatoxine, dont deux seulement avaient toute leur valeur puisque l'effet de la première était peut-être annihilé en grande partie par le sérum.

Sur 240 sérums examinés au sixième mois, 1 renferme une unité antitoxique internationale, 6 renferment 2/3 d'U.I., 120 1/5 d'U. I., 68 1/15; 10 1/20, 22 1/25, 4 un 1/30, 6 1/50 et 6 moins d’1/50 d’U. I. Un sujet dont le sérum renfermait au sixième mois moins d'1/50 d'U. [., ayant reçu au huitième mois une injection dite de rappel, présentait quinze jours après un U. I. dans son sérum. |

Ces résultats, joints à ceux obtenus par Zoeller qui

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