‹ Contribution à l'Étude de la Vaccination associée antityphoparatyphodiphéritériqueChapitre 7 sur 25 · PERS ER · texte numérisé non relu

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nous avons fait de notre mieux pour nous montrer digne de la marque de confiance qu’il nous a témoignée en nous communiquant ses notes et en nous prodiguant constamment ses conseils. Nous n’avons pas la prétention de faire œuvre originale, nous avons été trop heureux de suivre ses directives et si, dans une faible mesure, nous pouvons concourir à la diffusion de ses recherches, ce sera pour nous un très

grand honneur.

Historique.

En 1925, G. Ramon a montré que chez les chevaux destinés à la production de sérum antidiphtérique, ou antitétanique, soumis à l’immunisation par les anatoxines correspondantes, le pouvoir antigène de ces dernières était accru par l'addition de poudre de tapioca.

Le tapioca, substance irritante, provoque au point d’inoculation une légère inflammation locale qui favorise un accroissement sensible du taux de l’antitoxine spécifique dans le sérum des animaux ainsi traités. |

Le principe des vaccinations associées était découvert.

Etant donnée l'importance de la réaction locale provoquée il ne pouvait être question de joindre du tapioca aux injections vaccinales chez l’'homme,Ramon et Zoeller eurent l’idée d'utiliser la réaction locale que produit habituellement l'injection de vaccin antityphoparatyphoiïdique .

Un essai pratiqué chez des volontaires donna les

résultats suivants : dès la deuxième injection de vac-

cin la réaction de Schick était négative dans 90 % des cas, elle le fut dans 100 % des cas après la troisième injection.

La présence du vaccin T. A. B. ne nuisait donc pas à l'installation de l’immunité diphtérique, bien au “ contraire, elle la favorisait.

Comment se comportait l’immunité vis-à-vis des états typhoïdiques ? Là, aucun test biologique, seule, la recherche du taux d’agglutination présenté par le sérum pouvait servir de critère.

L. Martin, Loiseau et Laffaille montrèrent que le pouvoir agglutinant du sérum vis-à-vis des germes de la série typhoïdique était égal à celui qu’on observe habituellement chez les vacccinés par le FA" B:-Seul

Ainsi la durée d'installation de l’immunité diphtérique était raccourcie grâce à l’addition de T. A. B. à l’anatoxine et d’autre part, l’action du T. A. B. n’était pas entravée.

D’autres essais furent pratiqués par L. Martin, Loiseau et Laffaille et par Zoeller.

Les premiers utilisèrent : pour les deux premières injections, l’anatoxine seule (1/2 et 1 cmc.), pour la troisième injection, un mélange comprenant 1’ cmc. d’anatoxine et 1/2 cmc. de T. A. B., enfin, pour les quatrième et cinquième injection, le T. A. B. seul (1 cmc.).

Zoeller, opérant sur des sujets plus jeunes, ne fit que trois injections ; la première avec 1/2 cmc. d'anatoxine et une dose, variable avec l’âge du sujet,

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de T. A. B., la seconde, trois semaines plus tard, avec 1 cmc. d’anatoxine, la troisième, quinze jours après avec 1 CmC. d’anatoxine.

Une seule injection comportait donc vaccin T.'A. B. et anatoxine.

Deux mois après ces sujets présentaient tous une réaction de Schick négative.

De plus, il était intéressant de noter que les réactions, tant locales que générales, consécutives à l’in- Jection du mélange, n'étaient pas plus violentes que celles qu’on peut observer après l’injection de T. A. B. seul, et même, la différence qui existe entre les réactions consécutives à l'injection d’anatoxine seule et celles consécutives à l'injection du mélange, n’est pas marquée au point qu'on puisse en tirer argument contre l'emploi du mélange.

L. Martin, Loiseau et Laffaille, au cours de leurs vaccinations à l’école des infirmières-visiteuses du comité de la tuberculose ont trouvé 29 % de réactions locales fortes chez les vaccinées par le mélange anatoxine et T. A. B. contre 15 % chez les vaccinées à l’apatoxine seule. Quant aux réactions générales, ils ont constaté 35,2% de réactions fébriles entre 370 et et 380 chez les vaccinées à l’anatoxine seule et 58,8% entre 370 et 380, 35,2 % entre 380 et 39°, 5,8 % audessus de 39° chez les vaccinées par le mélange. Ces résultats étaient de nature à intéresser le service de santé de l’armée, car la diphtérie, malgré des mesures prophylactiques extrêmement rigoureuses,

n’avait jamais désarmé; bien au contraire, sa morbi-

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dité n’avait fait que croître depuis la guerre atteignant 8,78 % en 1928. |

Seule la vaccination antidiphtérique, grâce à l’anatoxine de Ramon, semblait pouvoir juguler cette infection et, dès 1927, la direction du service de santé réglait ses modalités d'application.

A cette époque seuls les volontaires pouvaient en bénéficier. C’est en 1930 que M. le médecin général inspecteur Dopter fit pratiquer les premières vaccinations collectives dans l’armée, en présence des faits suivants. Le deuxième régiment de Zouaves à Oudjda depuis dix longues années, le neuvième régiment de Cuirassiers à Lyon et le quinzième bataillon de Chasseurs alpins à Barcelonnette depuis plusieurs mois, subissaient les méfaits de la diphtérie, cela en dépit des mesures prophylactiques, appliquées cependant avec toute la rigueur permise par les règlements militaires. |

Il était dès lors certain que le nouveau contingent, dont l’incorporation devait avoir lieu en avril, allait à son tour payer un lourd tribut à l’infection. Il fallait pratiquer la vaccination antidiphtérique. Il fallait aussi, conformément à la loi du 28 mars 1914, vacciner ces hommes contre la typhoïde. C’était là l’occasion d'appliquer la méthode des vaccinations associées dont les nombreux avantages étaient d’ores et déjà connus : diminution du nombre des injections, d'où gain de temps et simplification des opérations, acquisilion d’une immunité réputée plus solide.

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La réaction de Schick fut pratiquée chez les jeunes soldats.

Les sujets dont le Schick était négatif, donc réfractaires à la diphtérie, devaient uniquement recevoir du T. A. B., dans les conditions habituelles ; les sujets dont le Schick était positif devaient recevoir le mélange T. À B. et anatoxine.

Cette anatoxine titrait dix unités anatoxiques par centimètre cube.

Les contre-indications étaient faites des contreindications à la vaccination antidiphtérique et à la vaccination antityphoparatyphoïdique : toute maladie infectieuse aiguë, les maladies éruptives, la fièvre quelle qu'en soit l’origine, une tendance hémorragique, une tuberculose évolutive, une suppuration, une dégénérescence amyloïde, un état cachectique avancé, une Cardiopathie mal compensée, une lésion rénale d’un quelconque ordre, une albuminurie persistante, si légère soit-elle, une hémophilie grave, un diabète, un paludisme en période d’accès, la

grippe.

Technique de la vaccination.

Ces différents points acquis, la vaccination fut pratiquée de la façon suivante.

On fit trois injections :

Première injection : 1 cme. de T, A. B. + 1/2 cmc. d’anatoxine titrant 10 unités.

Vingt-et-un jours après :

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