‹ Contribution à l'Étude de la Vaccination associée antityphoparatyphodiphéritériqueChapitre 8 sur 25 · L. Michard · texte numérisé non relu

L. Michard

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Deuxième injection : 1 emc. de T. A. B. + 1 cmc.

d’anatoxine.

Quinze jours après :

Troisième injection : 1 cmc. 1/2 d’anatoxine seule.

Chaque sujet recevait donc 30 unités anatoxiques d’anatoxine.

Les injections étaient pratiquées avec les précau-— tions d’aseptie habituelles dans le tissu cellulaire sous-cutané de la région sous-épineuse avec un mélange des deux vaccins effectué extemporanément en aspirant successivement dans la même seringue le T. A. B. puis l’anatoxine respectivement aux doses indiquées ci-dessus.

Quelques précautions étaient encore prises après l'injection.

Repos, au lit de préférence, pendant six à douze heures ; alimentation exclusivement liquide consistant en bouillon de légumes (poireaux, carottes) en abondance, jus de fruits, lait en petite quantité et seulement s’il est bien toléré d’ordinaire, en un mot, régime ne mettant pas les reins à l’épreuve. Pour cette raison on évitait l’absorption d’aspirine ou d’antipyrine.

Là encore, les réactions observées ne furent en aucune façon différentes de celles qu’on observe après une injection de T. A. B. seul, c’est-à-dire, au point de vue local, un léger empâtement de la région injectée avec légère douleur locale et faible gène des

mouvements du bras — exceptionnellement, œdème,

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rougeur diffuse, vives douleurs, engorgement ganglionnaire — et au point de vue général, céphalée légère avec élévation thermique faible et fugace.

Très rares furent les réactions fébriles à 39° et 4ov, toutes passagères d’ailleurs, plus rares encore les albuminuries fugaces s’accompagnant ou non d’oligurie avec présence de quelques hématies dans le culot urinaire, ayant motivé l'interruption de la vaccination.

Notons aussi que les réactions présentées lors des deuxième et troisième injection furent d'intensité décroissante.

Tels furent les résultats directs de la vaccination pratiquée dès avril 1930, résultats d'importance minime si nous les comparons à l’immunité conférée.

Nous allons maintenant, par l’étude de quelques cas concrets, en suivant l'extension de cette méthode à différents régiments, montrer comment le service de santé fut amené à modifier les doses d’anatoxine injectées, les résultats qu’il obtint et ce qu’on est maintenant en droit d'attendre de cette méthode de

vaccination.

Observations.

> Régiment de Zouaves à Oudjda (Graphique n° 1).

On comptait dans ce régiment 147 cas de diphtérie en 1926, 110 cas en 1927, 64 cas en 1928, 112 cas en 1929, de janvier à mai 1930 déjà 40 cas.

La vaccination associée fut pratiquée les 12 et 30 mai et le 16 juin 1930, sur 199 hommes, de la façon suivante :

Première injection : 1 cmc. cube de T. À. B. + 1/2 cmc. d’anatoxine à 10 unités.

Deuxième injection : 1 cemc. de T. A. B. + 1 cmc. d'anatoxine.

Troisième injection : 1 cmc. de T. A. B.+ 1 cmc. 1/2 d’anatoxine.

La dose de T. A. B. avait été renforcée en raison des aptitudes typhoïgènes de la région. |

Résultats : de mai 1930 à mai 1931 on ne compte que 18 cas de diphtérie répartis de la facon suivante : 3 en juin, { en juillet, 6 en août, 1 en septembre, 2 en novembre puis 1 dans chacun des mois suivants jusqu’en avril.

Parmi ces cas, 14 avaient été observés chez des hommes non vaccinés, dont 2 anciens soldats, 2 chez des sujets incomplètement vaccinés, survenus les 12 et 13 juin, juste

après la deuxième injection (formes bénignes d’ailleurs),

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2 les 15 et 16 août chez des vaccinés par 3 injections (formes très bénignes).

En août et septembre on note encore 5 cas chez des non vaccinés.

Ces beaux résultats font différer la vaccination lors de l’incorporation d'octobre 1930.

Malgré cela il n’y a que 7 cas isolés jusqu’en mai et chez des incorporés d'octobre.

D’où pas encore de vaccination à l’incorporation d'avril

Aucun cas de diphtérie, puis, en septembre, 7 cas, en octobre 5 cas aussi n’hésite-t-on pas à praliquer une deuxième vaccination les 14 novembre et 4 et 19 décembre.

Cependant apparaissent 4 cas en novembre, 2 chez des non vaccinés du contingent de mai et 2 chez des recrues avant la vaccination, puis 6 cas en décembre dont 4 chez des non vaccinés et 2 chez des vaccinés à une injection, puis 2 en janvier, { en février, toujours chez des non vaccinés.

Nouvelle vaccination à l'incorporation d'avril 1932.

On ne note plus alors jusqu’en octobre 1932 que 2 cas, l’un en juillet chez un non vacciné, l’autre en août chez

un vacciné à 3 injections.

9e Régiment de Cuirassiers à Lyon (Graphique n° 2).

La garnison de Lyon est depuis de longues années un foyer endémique de diphtérie et on pouvait compter au

9 Régiment de cuirassiers 45 cas de décembre 1928

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à août 1929 et 58 cas de novembre 1929 à mars 1930.

Ceci faisait prévoir l'éclosion de nombreux cas de diphtérie à l’arrivée du contingent d'avril.

On décide la vaccination qu'on pratique les 16 mai, 3 et 18 juin 1930 sur 117 hommes tandis qu'on fait 17 rhinovaccinations chez des sujets porteurs de contre-indications d'ordre médical.

Avant la vaccination on comptait déjà 10 cas parmi les recrues.

Les 20 et 21 mai, après la première injection, deux nouveaux Cas apparaissent, puis un le 3 juin, chez un « rhinovacciné » par deux injections.

On ne vaccine pas le contingent d’octobre d’où : 3 cas en novembre, l'un chez un ancien soldat non vacciné, les deux autres chez de jeunes soldats non vaccinés, puis en décembre 1 cas chez un ancien soldat non vacciné, en janvier 2 cas, en février deux cas, ces quatre derniers cas chez de jeunes soldats non vaccinés.

On décide alors de vacciner le contingent d’avril, cette vaccination étant légitimée par l'apparition de 18 nouveaux cas de mai à août : un en mai, avant la recherche du Schick, neuf en mai et juin chez des recrues dont sept vaccinées à une injection, sept en juillet, chez des incorporés d'octobre non vaccinés, un en août chez un non vacciné.

Bien que l’endémie paraisse alors jugulée on pratique une troisième vaccination les 7 et 25 novembre et le 14 décembre.

On observe pourtant encore quelques atleintes, deux

après la seconde injection, deux, l'une deux jours, l’autre

Et

quatre après la troisième injection. Puis 7 cas, du 18 décembre à mars, chez des non vaccinés: trois engagés volontaires, deux sujets dont la réaction de Schick avait été négative, un soldat absent du corps lors des opéra-

tions de la vaccination.

Une quatrième vaccination est pratiquée les 21 mai

et 19 et 25 juin 1932.

On observe encore 4 cas du 20 au 24 mai des chez recrues, avant la vaccination, 3 cas du 24 au 27 mai, 2 chez des vaccinés en novembre 1931 et un chez une recrue non vaccinée, 6 cas en juin dont 3 chez des non vaccinés, deux vaccinés à une injection et un vacciné à deux injections, 5 cas en juillet, 2 en août dont 1 chez un vacciné

et 3 en octobre chez des non vaccinés.

15e Bataillon de Chasseurs alpins à Barcelonnette

(Graphique n° 3).

Jusqu'en 1929 ce bataillon n'avait présenté que des atteintes clairsemées : 2 en 1926, 3 en 1927 et 4 en 1928, puis, le 25 juillet 1929, au cours de manœuvres dans la région de Saint-Paul sur Ubaye, 2 angines blanches se produisent suivies en août de l’explosion brutale de 17 dipthéries qui font interrompre les manœuvres.

Au cours de cette épidémie 26 Porteur de germes sont isolés puis, après une accalmie, nouvelle poussée qui sembie coïncider avec leur libération. On note alors 10 cas en novembre, 47 en décembre dont l’un se termine par un décès par collapsus cardiaque et 17 dans les mois suivants,

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On décide de vacciner le contingent d'avril qu'on ne mêle pas au reste du bataillon. 66 hommes, le 5 mai, reçoivent la première injection, 59 d’entre eux seulement peuvent recevoir la deuxième, puis la troisième qui est pratiquée le 10 juin.

Résultats : 2 cas seulement de mai à octobre chez des non vaccinés car « Schick négatifs ».

Pas de vaccination en octobre... 2 cas en novembre, 1 en décembre, 31 de janvier à octobre 1931,

Deuxième vaccination en octobre 41931 et pourtant encore 2 cas du 6 au 10 novembre l’un chez un non vacciné, l’autre chez un vacciné à une injection, puis 2 en janvier 1932, 4 en février, 2 en mars, donc 10 au total et tous non vaccinés. |

Troisième vaccination en mai 1932... plus une seule atteinte de mai à octobre 1932.

Ces résultats satisfaisants provoquèrent dès octobre 1930 l’extension de la méthode à deux autres unités.

5e Régiment de Cuirassiers à Pontoise

(Graphique n° 4).

Etant en garnison à Trèves, ce régiment était déjà en proie à là diphtérie. 35 cas s’étaient produits de janvier à septembre 1929.

Le transfert de Rhénanie à Pontoise en septembre ne déroute pas la diphtérie puisqu'on compte. encore 34 atteintes d'octobre 1929 à octobre 1930. Fait qui

prouve, notons-le, que la diphtérie des régiments « mon-

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tés » ne tient pas uniquement, ou surtout, aux locaux (écuries, manège).

On pratique la vaccination associée les 5 et 25 novembre et le 1er décembre 1930 sur 225 jeunes soldats présentant une réaction de Schick positive.

Résultats : 3 cas de diphtérie se déclarèrent pendant la vaccination (1 le 20 novembre chez n jeune soldat à réaction de Schick négative, 1 le 22 novembre chez un ancien soldat non vacciné, 1 le 25 novembre chez un jeune soldat vacciné à une injection), et depuis 4 cas seulement en 1931 l’un, le 3 février, chez un jeune soldat vacciné à une seule injection (pour raison médicale), un autre en juin chez un vacciné à 3 injections, deux enfin en novembre chez des non vaccinés.

La vaccination du contingent d’avril 1932 est jugée inutile, aussi note-t-on vite un cas en avril, 5 en juin, 3 en juillet, puis 1 au cours de chacun des mois suivants jusqu’en octobre 1932.

7e Bataillon de Chasseurs alpins à Albertville

(Graphique n° 5).

De janvier à mai 1930 quelques cas seulement de diphtérie sont observés, mais avec l’arrivée des recrues en avril coïncide une assez forte poussée puisqu'on compte 36 cas du 12 mars au 18 juin.

Du 25 juin au 6 juillet on recherche les porteurs de germes. 607 prélèvements sont effectués puis. huit jours après, nouveau prélèvement chez les sujets indemnes,

Sur les 607, 53 porteurs sains sont décelés après le

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premier prélèvement, 9 après le deuxième, donc au total 10,24 9 de porteurs sains à isoler.

17 nouveaux cas se produisent pourtant de juillet à novembre, aussi décide-t-on la vaccination du contingent d'octobre et, afin de diminuer les chances de contagion, on rassemble les recrues à Bourg Saint Maurice.

Malheureusement, il faut les encadrer avec une centaine d'anciens soldats d’Albertville.

116 soldats réceptifs sont vaccinés les 8 et 26 novembre et le 11 décembre 1930.

Résullats : 7 cas se déclarent du 3 au 24 novembre dont quatre chez d'anciens soldats non vaccinés, trois chez de jeunes soldats à Schick négatif, un chez un vacciné à une injection.

Du 24 novembre au début de mai, un seul cas, chez un non vacciné, en février.

Ces heureux résultats incitent à vacciner le contingent d'avril 1931.

Résultats : De mai à septembre 1931, 4 cas seulement dont un seul, en octobre, chez un vacciné à 3 injections.

Une nouvelle vaccination pratiquée en octobre 1931 entretient ce bon pourcentage puisque jusqu’en avril 1932 ne se produisent que 2 cas, l’un en décembre 1931 et l’autre en mars 1932, et chez des non-vaccinés,

Quatrième vaccination en mai 1932, aussi aucun cas

jusqu’en octobre 1932.

Ces cinq cas étaient si probants au regard de l’immunité conférée et de la prophylaxie de la diphtérie que la méthode fut appliquée en avril et en octobre

LA

1931, puis en avril 1932, dans de nombreux regiments lors des incorporations. Nous citerons quel-

ques-uns d’entre eux.

99e Régiment d'Infanterie à Lyon (Graphique n° 6).

La diphtérie régnait dans ce régiment. En 1929 on comptait 32 cas dont 3 en janvier, 9 en mars, 3 en avril, { en mai, 1 en juin, 4 en juillet, 1 en août, 1 en septembrè, 5 en octobre, 3 en novembre et 1 en décembre.

En 1930 il y a encore 2 cas en janvier, 3 en février, 1 en avril, À en mai ; là, survient une accalmie trompeuse, car soudain se produisent 1 cas en septembre, puis 2 en octobre, puis 6 en novembre, puis 13 en décembre.

En 1931 nouvelle accalmie : 1 cas en février et 1 cas en avril.

On vaccine cependant le contingent d’avril.

Un seul cas en août chez un ancien soldat non vacciné.

Deuxième vaccination en novemhre 1931.

Deux cas chez de jeunes recrues non encore vaccinées, et { cas chez un non vacciné en février.

Troisième vaccination lors de l’arrivée du contingent d'avril 1932, commencée le 20 mai, finie le 15 juin.

On enregistre pourtant 2 atteintes les 9 et 12 mai avant la recherche du Schick, puis 4 atteintes en juin chez des non vaccinés dont un ancien soldat, enfin 3 cas en juillet dont 1 chez un vacciné à 3 injections depuis octobre 1931.

Pas de nouveau cas jusqu'en octobre 1932.

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