II. Vaccination curative
Dans cette même période du 1° août au 1 avril, nous avons noté 85 cas d'infection plus ou moins marquée dans lesquels il a été fait du lipovaccin à titre curatif. Notons immédiatement que tous ces cas, sauf un, ont guéri. Certes il ne faudrait pas attribuer exclusivement au lipovaccin tous ces succès. L'emploi de la vaccination ne nous a pas empêché de recourir aux autres procédés de lutte contre l'infection puerpérale : écouvillonnage ou curettage en cas de rétention de débris de membranes, injections de sérum, choc colloïdoclasique, abeès de fixation chez les grandes infectées. D'autre part, la pratique ayant montré à MM. Chomé et Laffont que le lipovaccin antistreptococcique était impuissant dans les septicémies, dans les infections sanguines généralisées d'emblée, il n’a pas été fait de lipovaccin dans tous les cas de septicémies.
Nos 85 cas se décomposent de la facon suivante :
Dans 24 cas il s'agissait d'infection commençante.
Dans 21 cas cette infection au début a élé jugulée après une ou deux piqûres au maximum de lipovaccin et dans
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2 fn 3 cas seulement l'infection a continué d'évoluer mais d’une façon tout à fait bénigne et atténuée dans ces trois cas.
Dans les autres cas, l'infection était plus avancée.
. Dans 93 cas il s'agissait d'infection de forme atténuée, tous ces cas ont guéri.
Dans 32 cas d'infection de forme moyenne, tous ces cas ont également guéri.
Enfin, dans 9 cas il s'agissait de formes graves. Sur ces neuf cas, un seul décès.
Quelques remarques s'imposent à propos du lipovaccin curalif. Nos injections nous ont paru particulièrement efficaces lorsqu'il s'agissait d'infection localisée, soit au début lorsque l'infection était encore cantonnée dans l'utérus, soit plus lard lorsque, ayant envahi les annexes, elle tendait à s'étendre vers l'abdomen. C’est ainsi que nous avons vu fondre véritablement sous notre doigt des phlegmons du ligament large traités uniquement par le lipovaccin. Enfin, même dans les infections généralisés, le lipovaccin nous a paru avoir une influence favorable sur la marche de la maladie en favorisant la défervescence et en activant la convalescence. C’est ainsi que sur sept cas d'infection puerpérale sérieuse accompagnée d’érythème scarlatiniforme nous n'avons eu qu’un seul décès. Tous les autres cas ont guéri. Peut-être faut-il attribuer la guérison de ces formes dont le pronostic est particulièrement grave aux injections de lipovaccin que nous avions faites à ces malades.
Enfin, pour comparer au point de vue curalif les résultats donnés par le lipovaccin antistreptococcique pur (vaccin spécifique) avec un lipovaccin non entièrement spécifique, nous venons de commencer à employer à la clinique Tarnier un lipovacecin mixte (streptocoque, staphylocoque, pyocyanique'. Ce lipovaccin mixte (antipyogène) a donné ces temps derniers de très beaux résultats à lhôpital Necker dans le service de M. le docteur Robineau. Il a été
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employé avec succès et avec de très légères réactions locales ou générales dans l’anthrax, la ‘furonculose, l’ostéomyélite, les phlegmons et la lymphangite. Les résultats obtenus sont comparables à ceux que donnent les bouillons du professeur Delbet (cultures de six semaines en bouillon peptoné, streptocoque, staphylocoque, pyocyanique) sans provoquer les fortes réactions que produit ce vaccin surtout chez l'adulte.
Les faibles réactions locales et générales provoquées par le lipovaccin antipyogène nous paraissent s'expliquer :
1° Par la lenteur de résorption due au milieu vecteur huileux ;
2° Par ce fait qu'il ne contient ni toxines libérées ni peptone.