OBSERVATION XVII
3° Le lroisième malade, Mme M... Jeanne, chocolatière.
Présente un cas à peu près identique d’adéno-phlegmon, consécutif à un accident muqueux infectieux de dent de sagesse inférieure; mais la malade est vue à un stade de péri-adénite; le tout est fixé aux plans sus-jacents superficiels; laboutissement à la peau, la suppuration, semblent presque la règle. On veut toutefois éviter en défendant les compresses chaudes locales et en ordonnant des bains de bouche chauds. Une vaccinothérapie intensive est mise en vigueur, 2 cc. 1.M., ce qui n'empêche nullement la collection qui se forme d’aboutir de plus en plus aux plans superficiels. On revaccine 2 cc. LM.
Le surlendemain, le phlegmon est collecté, on fait un drainage filiforme, et l’on continue, de 48 heures en 48 heures, la vaccinothérapie, jusqu'à la cinquième ampoule de 2 cc. Le pus s’évacue, le phlegmon diminue de volume et les signes généraux et fonctionnels s’amendent. La guérison survient rapidement (extraction de la dent causale évidemment).
Ceci nous montre, dans ces trois cas que le hasard avait rassemblés dans cette même matinée, que :
Dans le premier : phlegmon collecté, inutilité du vaccin, le malade étant vu à un stade très tardif.
Dans le second : à une phase de crudité de formation, il est possible de juguler linfection.
Dans le troisième : à un stade plus avancé qui n’est plus de la crudité, et pas encore du ramollissement, on peut activer la suppuration, aider l’organisme à réagir plus vite, plus fortement, à éviter ainsi au malade toutes souffrances inutiles et prolongées.
CELLULITE SUGALE ET ADÉNITE OBSERVATION XVIII
Mlle J... Annie, infirmière.
Vient nous consulter le 15 mai 1939, pour une tuméfaction siégeant dans la région angulo-maxillaire droite, dure, empâtée, chaude, s’accompagnant de trismus et de douleurs généralisées à l’hémi-face droite, irradiant des deux dernières dents de sagesse inférieure et supérieure droite. Température légère, insomnie.
L examen buccal, bien que gèné par le trismus, montre un empâtement jugal important, débordant largement en avant le masséter, très douloureux à la palpation.
Rs
L'examen dentaire montre une péricoronarite suppurée au niveau de d 8, et une infiltration gingivale de D 8 qui, par ailleurs, en vestibulo-version, ulcère la muqueuse jugale.
L’interrogatoire retrouve les signes d’une péricoronarite congestive catarrhale, les jours qui ont précédé. Adénopathie satellite douloureux, sous-angulo-maxillaire. Nous prescrivons en plus des soins buccaux ordinaires :
3 injections I.M. de vaccin antipyogène polyvalent, de 2 jours en 2 jours, à doses croissantes : 1/2, 1 cc. 1 cc. 1/2.
Connaissant cette malade (et bien que sachant la tolérance parfaite de doses fortes d’emblée d’antipyogène polyvalent), nous avons voulu agir doucement. Ce fut la seule observation où nous avons noté une réaction générale de la fièvre (39°) à chaque injection. Mis à part cet incident, le résultat fut excellent : résorption de la cellulite sans suppuration et disparition de l’adénite satellite.
CELLULITE JUGALE OBSERVATION XIX
M. L... Léon, 40 ans, tourneur.
Malade venu consulter le 10 juin 1939, pour une tuméfaction intrajugale droite, grosse comme une pièce de 5 francs, dure, apparue il y a une quinzaine de jours. Un trismus assez serré gêne l’examen; néanmoins, l’examen buccal et la radio affirment (D 5) : arthritique à l’apex enrobé dans un granulome.
On procède à des injections graduelles I.M. de vaccin antipyogène polyvalent, 1/2 cc., puis 1 cc. deux jours après, en augmentant les doses petit à petit, jusqu'à 2 cc., et en maintenant à cette quantité jusqu'à disparition de la tuméfaction jugale sans suppuration, une dizaine de jours après le début des injections.
CELLULITE JUGALE, ADÉNITE GÉNIENNE