CHAPITRE I
Historique.
La version par manœuvres internes a été pratiquée dès la plus haute antiquité,on en trouve des relations dans HiPPOCRATE, mais c'est à la version céphalique que cet auteur avait recours.
CELSE ne pratiquait la version podalique que dans le cas
d'enfants morts, et c'est Soranus (d'Éphèse), qui le premier
recommanda d'extraire par les pieds les enfants vivants.
Cette pratique, quoique ne paraissant pas jouir d'une très grande faveur, se perpétua cependant d'âge en âge puisque Ambroise Paré parle de la version podalique comme étant une opération connue. Néanmoins c'est à Ambroise Paré et à son élève Guillemeau que revient l'honneur d'avoir redonné à la version la place qu'elle doit occuper dans la pratique obstétricale. Lorsqu'on lit ces difftrents auteurs, ils insistent
surtout sur l'utilité de pratiquer, la version dans les cas
de présentations vicieuses sans avoir l'air de se préoccuper
outre mesure de l'influence du rétrécissement du bassin sur le passage du fœtus et en particulier sur le passage de la tête.
Cependant Champetier de Ribes rapporte que Celse, dans l'antiquité, Ambroise Paré au moyen-âge, conseillent l'expression jointe à la traction du tronc dans le cas où la tête fœtale reste dans l'utérus. Mais il faut arriver jusqu’au siècle dernier
pour voir les accoucheurs se préoccuper des rétrécissements
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FANONES
du bassin et de la conduite à tenir dans ces circonstances, MauRICEAU à une idée des rétrécissements pelviens, mais c'est DEVENTER qui, en 1701 (1) le premier, décrit les deux principaux types de bassins rétrécis : le bassin généralement rétréci et le bassin plat.
À partir de cette époque, les accoucheurs français et étrangers continuent cette étude, et, comme l'emploi du forceps s'était encore répandu par suite de l'invention par Levret du forceps à double courbure, ils se divisèrent immédiatement en deux camps : les partisans du forceps et les partisans de la version; cette distinction a persisté jusqu’à ces dernières années, où, grâce aux travaux de Morisani en Italie, de MM. Pinard, Farabœuf et Varnier en France, la symphyséotomie est venue ajouter une nouvelle méthode à celles existant déjà.
Quoiqu'inventeur d’un forceps, LEVRET, cependant, est partisan de la version, et, dans son Traité des accouchements difficiles, il dit
« Si, en pareil cas, lorsque la tête n'est pas descendue assez » bas, on est assez heureux de parvenir à passer la main à » côté de la tête, le plus sûr est de saisir l'enfant par les pieds » et de terminer tout de suite l'accouchement. »
SMELLIE, quoiqu'apphiquant le forceps au détroit supérieur, est cependant d'avis qu'on peut tenter Ja version dans les cas de bassins peu rétrécis; mais, dès que le rétrécissement est un peu considérable, il a recours au forceps,
Burton (Système nouveau et complet de l'art des accou. chements, 1751), est partisan absolu de la version; il paraît ignorer, du reste, les applications de forceps au détroit supérieyr.— Il pense « que la tête sortira plus aisément, étant tirée par » les pieds, parce que l'extrémité la plus petite viendra la pre-
(1) DeventTer. Trad. d’Ablaincourt, Paris 1732.
ATOS
» mière, et parce que l’accoucheur sera en état de donn£r un » secours considérable en tirant les jambes avec la main. » ‘ Burton émet donc l'idée du coin formé par la tête, qui sera reprise par Simpson un siècle plus tard. $ Après Burton, la majorité des accoucheurs abandonne Ja version pour avoir recours au forceps, c'est ainsi que Denman, Deleurye, Baudelocque, Lauverjat, la rejettent d'une
façon systématique.
Voici, du reste, comment s'exprime BAUDELOCQUE à ce
sujet dans son Traité d'accouchement :
« Si l'extraction par les pieds passe pour la plus douce, » aux yeux du vulgaire qui a l'horreur des instruments, » l’'accoucheur doit en avoir une opinion bien moins avan- » tageuse, parce qu'il ne doit point ignorer combien il est ».difficilé: de, tétourneér l'enfant ets de sie trrer dewrcette » manière, surtout lorsque les eaux de l’amnios sont écoulées » depuis longtemps et lorsque le bassirf est mal conformé. La » mort, trop souvent à craindre, quand ce dernier jouit à » peu près de sa largeur naturelle, est d'autant plus certaine, » qu'il s'éloigne davantage de cet état et que les dimensions
» de l'un et de l’autre détroit sont plus petits.
» L'usage des forceps paraît un peu plus doux et même » un peu plus sûr dans quelques-uns de ces cas ; en ce que » d'un côté on n’a pas à craindre pour l'enfant les funestes » effets de l'extension et des tiraillements de la moelle » épinière, ainsi que la luxation du cou et de la tête, et » que, d'autre part, les parties de la femme sont moins » fatiguées que par l'introduction de la main jusqu'au fond » de l'utérus, mais il a de même ses inconvénients et ses » bornes. »