‹ Contribution à l'étude de la Version dans les Bassins retrécisChapitre 7 sur 37 · PIE 16 RE · texte numérisé non relu

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Plus loin en effet il ajoute :

« Le forceps ne convient en aucune manière lorsque le » bassin est vicié au dernier point, quand son petit diamètre » n'offre pas au-delà de 2 pouces 1/2 (69 mm.) d’étendue, » à moins que la tête du fœtus n'y soit profondément ») engagée. )

Lauverjat va encore plus loin que Baudeiocque. Dans sa Nouvelle méthode de pratiquer l'opération césarienne (1788), après avoir établi un parallèle entre la symphyséotomie et cette opération, il va jusqu’à dire qu’il préfère « pratiquer l'opération césarienne, que de tirer l'enfant par les pieds. »

Cependant quelques auteurs admettent encore la possibilité de pratiquer la version dans les bassins rétrécis, mais dans des cas très restreints : c'est ainsi que Pugh de Chelmsford 1752) pense que «quand la tête est au-dessus du détroit supé- » rieur, ou que même quand elle est engagée, on peut sans « violence la repousser jusqu’au dessus, la meilleure méthode » est de faire la version podalique. Il conseille même d'exercer sur la tête une pression sus-pubienne, en même temps qu'on tiréssürole cou.

Dans la première moitié de ce siècle, SCHWEIGHAUSER, R@ŒDÈRER, HEISTER, FLAMAND, GARDIEN, CouTouLy, CAPURON, Burns, ANTOINE DuBois, etc., se montrent partisans absolus du forceps et n'admettent la version que dans quelques cas tout à fait exceptionnels, dans le cas de bassin oblique, ovalaire, par exemple (Flamand), ou bien « dans le cas où le forceps, » est indiqué, en raison du rétrécissement du détroit supérieur, » si on éprouvait trop de difficultés à saisir la tête, qui est » mobile, on pouvait encore aller chercher les pieds, et amener » la tête au détroit pour terminer l'accouchement avec le

) forceps, le tronc de l'enfant étant dehors. » (Gardien. Traité

sur les accouchements, ADP s3Sh

Seule ou presque seule, M" Lachapelle reste défenseur

ardent de la version: }

À l'appui de son opinion elle cite ses propres statistiques dans lesquelles elle dit avoir 2/3 d'enfants vivants par la version tandis que le forceps n'en donne qu'un tiers.

« C'est sans doute, ajoute-t-elle, à la facilité plus grande » avec laquelle on peut diriger la tête du fœtus, et une » compression moindre de cette partie, qu'il faut attribuer » les succès que j'ai plus constamment obtenus, contre l’asser- » tion de beaucoup d'auteurs, de l'emploi de la version compa-

» rée à lapplication de forceps ».

Elle insiste, du reste, d’une façon toute spéciale sur le mécanisme de la sortie de la tête dernière et résume ainsi

tout ce quon savait à cette époque :

« On sait que la tête doit se JMéchir et que la face doit » se présenter latéralement, pour que l'introduction s'en » fasse aisément dans le détroit supérieur » et plus loin, «il est bon que la face regarde plus ou moins directement » en arrière pour se dégager facilement au détroit inférieur ».

(Pratique des accouchements, T. II, 1821).

M Lachapelle avait inculqué ses idées à son neveu Dugès, qui déclare (Manuel d'obstétrique) « que la version » pelvienne est préférable à l'application du forceps dans les » vices modérés du détroit supérieur toutes les fois que » l'enfant présente la tête dans une position vicieuse, ou fort » élevée du bassin »,

Malgré la grande autorité de M": Lachapelle, et les résultats qu'elle a obtenus, les accoucheurs continuent à employer le forceps de préférence à la version et pour ne citer que les principaux : Paul Dubois, Maygrier et Haheugrand, Desor-

TA meaux, Velpéau, Jacquemier, etc., déclarent que l'enfant court plus de risque extrait par les pieds que par le forceps.

Chailly (Traité de l'art des accouchements, 1845), va jusqu'à dire qué « si on a pu constater d’une manière » certaine, avant la rupture des membranes, que c'est » l'extrémité pelvienne qui se présente au détroit supérieur » vicié on dévra tenter de ramener le sommet au lieu du )» siège. » |

Quant aux limites de l'application du forceps, la plupart des accoucheurs posent en principe qu’on ne doit pas la faire au-dessous de 7 centimètres de diamètre promonto-pubien, c'est dü moins l’opinion émise par CazEAUX, qui, du reste, n'est pas opposé à la version, comme ses contemporains il pose en principe qu'on doit la faire dans les cas de présentations vicieuses (présentation de la face, présentation de l'épaule) ou même lorsque le sommet est placé de façon que son diamètre longitudinal réponde au diamètre rétréci.

Si les accoucheurs français inclinent en majorité vers le forceps, il n'en est pas tout à fait de même à l'étranger, ou la version trouve des partisans.

C'est. ainsi qu'en Allemagne RiTGEn, Houc la préconisent.

Pour OstaNber la tête passe plus facilement venant la dernière.

SrEIN est éclectique, pour lui le forcéps et la version ont des indications différentes. Dans les bassins rétrécis, lorsque la version est encoré possible, il né faut pas tenter d’appliquér le forceps.

C'est alors que päraît vérs 1850 le traité d'accouchement de SiMbson, qui a été depuis (1873), traduit par Chantreuil. Simpson est un praticien ardent de la version et il base ses préférences sur ce que, d’après Iüi, la tête venant la der-

re

nière passe plus facilement à travers le détroit supérieur

rétréci.

Avant donc d'étudier la version, Simpson commence par

étudier le mécanisme du passage de la tête dernière à travers

le bassin.

Il constate que le. diamètre bi-mastoïdien est plus petit

que le diamètre bi-pariétal, de 12 à 14 mm. environ et il en

déduit les conclusions suivantes :

° « La tête fœtale a la forme d'un cône à base supérieure, et quand l'enfant passe les pieds les premiers, la partie la plus inférieure et la plus petite de ce cône est généralement assez petite pour s'engager dans le détroit supérieur retréci.

2° » La prise que donne le corps du fœtus, lorsqu'il est sorti, nous fournit le moyen d'employer une traction suffisante sur la tête, pour comprimer, et, s'il est nécessaire, enfoncer les côtés élastiques de la portion supérieure et plus large du crâne (diamètre bi-pariétal), entre les points opposés du détroit supérieur retréci, de façon à faciliter le passage de la tête tout entière.

3° » La tête tirée à.travers le bassin déformé s'adapte généralement elle-même ou peut être artificiellement dirigée de manière que son plus petit diamètre le bitemporal s'engage au lieu du diamètre bipariétal, suivant le diamètre le plus rétréci du détroit pelvien ;

4° » La voute du crâne est plus aisément réduite au volume requis pour son passage à travers un bassin rétréci lorsque la force compressive est appliquée, comme dans les présentations pelviennes, directement sur les faces latérales, que si elle l'était, comme dans les présentations céphaliques, partie aux faces latérales, partie aux faces

supérieures de la voûte ».

L'opinion de Simpson trouva en France peu d'écho, et Joucin, dans un mémoire présenté à l’Académie de médecine en 1865, s’efforça de réfuter point par point les conclusions de Simpson et il termine en disant que «la version est une » mauvaise opération qu'il faut effacer de la pratique, sauf » les cas de bassin oblique ovalaire, où elle est indiquée et » préférable au forceps ».

Sroz, DEpaur, BLor, Pajor, Batzzy adoptent entièrement les idées de Joulin et rejettent la version dans les cas de rétrécissement du bassin. Dans les cas où le forceps ne donne pas de résultat il n’y a plus, d'après ces auteurs, qu'à pratiquer la perforation.

En Angleterre, en Allemagne, les idées de Simpson trouvèrent plus de partisans qu'en France.

Mac CLinrock (1863) se prononce en faveur de la version.

FAHRMANN, SCHALAU, STRASMANN publient (1868) différents travaux pour montrer que l'enfant court moins de risque extrait par les pieds que lorsque la tête se présente la première au détroit supérieur rétréci.

Mais parmi ces auteurs allemands un des adeptes les plus ardents de la version, c'est SCHROŒDER qui, dès 1868, préconise la version dans les bassins rétrécis : Voici l'opinion de Schrœder, résumée par son traducteur Charpentier :

‘«Schrœder conseille de faire la version podalique par » manœuvres externes à la fin de la grossesse, afin de pro- » duire une présentation pelvienne et de mettre ainsi la mère »et l'enfant dans des conditions plus favorables ».

Ses conclusions sont les suivantes :

» 1°) Même dans des cas de rétrécissement prononcé on » peut espérer par la version avoir un enfant vivant.

» 20) La version est plus favorable pour l'enfant que

» l'accouchement par le sommet.

SNA TS UE

».3°) La version est plus favorable pour la mère que Île » forceps.

» 4) La pression momentanée, même très énergique, est » moins grave pour la mère et l'enfant qu'une pression con- » tinue et persistante.

(Charpentier, Traité d'accouchement. T. Il, p. 247).

A. MuinE (1877) combine la version avec l'accouchement prématuré et ses résultats concordent avec les expériences de Budin et Champetier de Ribes (que nous allons voir dans un instant).

Sur 38 cas publiés dans son mémoire, Milne a pu extraire 35 enfants vivants et qui ont survécu.

HALBERTMAR (d'Utrecht, 1873) conseille de pratiquer la version sans trop attendre, même chez les primipares.

ALHFELD rejette la version : il attend le plus longtemps possible, et lorsque l'accouchement ne se termine pas sponta-

nément, fait une application de forceps.

Gooper, dans un premier mémoire paru en 1875, se déclare partisan de la version: « dans les cas de rétrécissements légers, » 1l tente une ou plusieurs applications de forceps; s’il échoue, » il a recours à la version. Dans les bassins où le diamètre con- » jugué mesure 7 à 8 centimètres, il fait d'emblée la vérsion. » J'allie, ajoute-til, de vigoureuses tractions sur le tronc à » l'expression de Kristeller. »

BARNES, après avoir étudié avec grand soin le passage de la tête à travers le bassin rétréci, tête qui doit, suivant son expression, doubler le cap du promontoire avant de s'engager dans l'excavation, conclut en admettant que la version est plus favorable que le forceps, surtout dans le cas d'accouchement prématuré à sept ou huit mois, ou d'après lui, la version est le complément obligé dans le cas de bassin rétréci.

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Cependant, d'après Charpentier, qui fait une étude bibliographique approfondie de cette question, à la suite de nouvelles expériences dans lesquelles il s'est servi du forceps à tractions axiales (1885), Bames, de même que FancourT BARNES, a presque

complètement renoncé à la version dans les bassins rétrécis.

MaASTHEWS Duncan, dans un premier travail (The Obst. Journal, nov. 1873), ne tranche pas la question. Il reconnaît «que la lutte entre le forceps et la version est plus vive que » jamais et que l'observation clinique, les recherches expéri- » mentales et la statistique pourront seules permettre d'arriver » à une solution définitive. »

C'est alors que Bupin entreprit, en 1875, ses expériences sur le passage de la tête du fœtus à terme ou avant terme, dans un bassin rétréci. Après avoir rapporté une double série d'expériences sur des fœtus à terme et avant terme, après avoir exposé (p. 140- 141, Obst. et gynéc.) la façon dont il opérait, Budin conclut de la façon suivante : }

« En résumé, toutes nos expériences sur des têtes de fœtus

à terme ont été faites dans des bassins rétrécis dont le dia- » mètre minimum ou promonto-pubien mesurait 7 cent. à » 8 cent. 5 (une seule fois 6 c. 5).

« Dans sept expériences, le fœtus étant engagé par les pieds, HIER A CU séparation, arrachement des vertèbres cervicales, » sans parler de l’enfoncement presque constant du pariétal, » qui se trouvait en rapport avec l'angle sacro-vertébral. » Au contraire, on put extraire la tête avec le forceps, sans

» déterminer de lésions du crâne.

» Dans trois expériences, la tête a traversé le rétrécissement » venant aussi bien la dernière qu'après avoir été saisie avec » le forceps, mais toujours la traction a dû être plus forte,

» lorsqu'on pratiquait la version.

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