‹ Contribution à l'Étude de l’Oléothorax ThérapeutiqueChapitre 20 sur 42 · INDICATIONS · texte numérisé non relu

INDICATIONS

Nous avons dit pour quelles raisons nous traitons à part le sujet de l’oléothorax désinfectant, que nous ne saurions considérer comme ün oléothorax proprement dit et qui est habituellement sans action collapsothérapique. Nous pensons qu'il mériterait plus logiquement l'appellation de lavage huileux de la

plèvre.

La plupart des travaux qui ont trait à la question reconnaissent que les résultats de l’oléothorax désinfectant sont généralement plus favorables que ceux de l’oléothorax collapsothérapique ou antisymphysaire. Notre statistique non seulement confirme cette opinion mais encore paraît l’amplifier.

Toutefois, nous pouvons dire qu’à l'heure actuelle les indications en sont plus restreintes qu’il y a un certain temps et cela tient à deux causes : tout d’abord la technique du pneumothorax s'étant améliorée, plus rares sont ces pleurésies dites malignes qui nécessitent une intervention. D'autre part, en raison des résultats obtenus par les lavages de plèvre, méthode utilisée déjà à l’étranger depuis longtemps mais seulement adoptée couramment depuis peu en France, il conviendra dans la majorité des cas de tenter cette mélhode avant l'institution d'un oléothorax désinfectant.

Le lavage de plèvre a un avantage considérable sur l’oléothorax. C’est qu'il ne comporte pas de séquelles (pachypleurite, reproduction de liquide), qui sont fréquentes dans l'oléo-

thorax surtout si comme l'ont fait jusqu'alors la plupart des

auteurs, celui-ci est maintenu plus longtemps qu'il ne convient pour une simple désinfection pleurale.

Dans quels cas conviendra-t-il alors d'instituer un oléothorax désinfectant ?

En premier lieu, il nous faut dire qu'il sera l'apanage seulement des pleurésies purulentes et que les pleurésies séro-fibrineuses même chroniques et récidivantes ne sauraient en justifier l'emploi. =

La constatation d’un liquide purulent ne justifie pas non plus à elle seule l’oléothorax. Les pleurésies purulentes résultant de la transformation puriforme progressive par simple vieillissement (Léon Bernard) d'un épanchement ne seront en aucun cas justiciables de la méthode.

Par contre,on la tentera dans toutes les pleurésies purulentes tuberculeuses d'une certaine gravité, après tentatives infructueuses de lavages de plévre, dans celles que l’on est convenu de ranger sous le terme générique de pleurésies malignes, terme d’ailleurs très imprécis et qui appelle commentaires.

Nous entendons par pleurésies malignes :

1° Certaines pleurésies purulentes tuberculeuses pures sans germes pyogènes surajoutés :

À. — Celles qui s'accompagnent de modifications aPmtante de l’état général :

a) amaigrissement progressif et rapide, b) persistance d’une température anormale oscillant audessus de 37,5.

B. — Celles qui se compliquent d'une reproduction très rapide du liquide, exigeant des ponctions très fréquemment répétées (par exemple moins de 15 jours d'intervalle entre les ponctions après la 5° ou 6°.

C. — Celles qui se compliquent d'ensemencement de la paroi après les ponctions, produisant des abcès pariétaux pouvant être volumineux. Cet ensemencement dé la paroi traduit la

Er

richesse du liquide en bacilles. Ces abcès viennent se fistu-. liser à la peau ; on peut craindre dans certains cas la fistulisation directe de la plèvre à l'extérieur. L’oléothorax désinfectant, surtout associé à l'application localisée de rayons ultraviolets, nous a donné dans ces Cas des résultats tout à fait de (obs. n°* 34, 39, 44).

2° Les pleurésies purulentes tuberculeuses infectées secondairement par des germes pyogèñes en l'absence de perforation. Nous n'avons pas en vue ici, les épanchements purulents d’allure suraiguë qui ne sont justiciables que de la pleurotomie. Mais la notion d’épanchement à germes pyogènes d’allure subaiïguë survenant, bien qu ‘exceptionnellement, dans les pneumothorax est aujourd'hui classique. C’est à ces épanchements ques ‘adressera l’oléothorax désinfectant. Ici encore et plus que pour les épanchements purulents tuberculeux, les lavages de plèvre, dont ces épanchements constituent la meilleure indication, doivent toujours précéder l’oléothorax désinfectant, Celui-ci n'est donc admis qu'après échec des lavages. Il nous a donné dans ces conditions des résultats satisfaisants, d’ailleurs seulement partiels (obs. no 45, 46).

Nous ajouterons que nous considérons comme une contreindication formelle l'existence d'une perforation pleuro-pulmonaire encore ouverte même étroite. Après l’obturation de la perforation, un oléothorax désinfectant pourrait parfois se montrer utile. Si la perforation est ouverte et que l’on veuille tenter une désinfection pleurale, le lavage pren de la plèvre est seul admissible.

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