‹ Contribution à l'Étude de l’Oléothorax ThérapeutiqueChapitre 27 sur 42 · COMPLICATIONS TARDIVES OU SÉQUELLES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS TARDIVES OU SÉQUELLES

Elles ont à notre avis une importance considérable car elles constiluent une des raisons majeures qui limitent l'emploi de la méthode. En effet, l'étude de nos différents cas dont la majorité est déjà assez ancienne pour que nous puissions apprécier les résultats avec un certain recul, nous montre la très grande fréquence de ces complications.

Elles sont de deux ordres :

1° Difficullé ou impossibilité de réexpansion du moignon pulmonaire ;.

20 Présence de liquide pleural intarissable.

Dans la majorité des cas, ces deux ordres de complications s’intriquent, plus ou moins d’ailleurs, et il est parfois difficile de dire lequel des deux est prépondérant.

Cela tient à ce que c’est le même facteur qui en est la cause. Ces complications tardives sont en effet le résultat d’une irritation de la plèvre par la présence de l'huile, irritation d'autant plus marquée que le corps étranger pleural aura persisté plus longtemps. :

Cette irritation pleurale crée ainsi, d’une part des épaississements pleuraux, pachypleurite plus ou moins importante suivant les cas et qui entravera le poumon dans sa réexpansion

M. Bertheau 3

ss OÙ ee

au moment des tentatives de cessation de l’oléothorax. D'autre part, elle est la cause d’une sécrétion anormale et prolongée, d'où présence de liquide intarissable.

Il faut dire d’ailleurs que le facteur sécrétoire n’est pas seul la cause de la présence de liquide. Il est des cas où même il ne semble pas intervenir du tout. C'est ceux-là où la quantité de liquide est modérée, non justiciable de ponctions, occupant. rarement plus du 1/3 inférieur de l’hémithorax et dont la cause. doit être recherchée dans la pachypleurite elle-même, qui, en s'opposant à la réexpansion pulmonaire, crée un vide pleural plus ou moins important et détermine l'apparition de ces épanchements qu'on a appelés épanchements a vacuo.

Ainsi schématiquement, il existe deux types d’épanchements résiduels. Dans l'un, le liquide sera de quantité modérée. Dans l’autre, il pourra nécessiter des ponctions assez fréquentes (obs. nos 14, 15,31, 32, 33). |

Son aspect dans ce dernier cas est assez typique. C’est un liquide blanc jaunâtre, lactescent,assez lourd, sans toutefois être épais. L'examen microscopique ne relève jamais la présence de microbes. Les cultures sont toujours négatives. Il est rare que l’on trouve au microscope des éléments cellulaires à morphologie conservée. Le fonds des préparations n’est constitué que par des débris cellulaires.

Une de nos malades (obs. n° 32) est porteuse d'un épanchement hémorragique lentement récidivant.

Nous avons été étonné de la faible importance accordée à ces séquelles par les différents auteurs qui ont étudié l’oléothorax. Pourtant la fréquence de ces complications tardives nous a paru très grande. On peut même dire que c’est la règle dans tout oléothorax ayant été maintenu plus d'une année après que son efficacité a été démontrée. Dans nos cas, où pour une bonne part d’entre eux, nous n'avons pas assez tenu compte de ce facteur « complications tardives », lié à une irritation pleurale prolongée, nous le relevons 15 fois, sans grand espoir de grosse amélioration, sur les 23 résultats parfaits que nous avons obtenus.

C’est pourquoi nous insisterons une fois de plus sur la nécessité de maintenir l’oléothorax quel qu'il soit, mécanique ou désinfectant, le moins longtemps possible. Aussitôt qu'un oléothorax a été efficace, on doit songer à revenir le plus tôt possible au pneumothorax.Nous avons dit plus haut quelles étaient les durées respectives qui semblaient convenir à l’une ou l’autre méthode (oléothorax mécanique ou désinfectant), et nous avons suffisamment montré comment l’oléothorax mécanique ne devait être qu'une simple méthode complémentaire de collapsothérapie et l'oléothorax désinfectant un simple lavage pleural huileux, pour n’avoir plus à y revenir maintenant.

Oléothorax antisymphysaires.

Mme G... Marie, 24 ans. Début post-puerpéral en avril 1927. Consultation au dispensaire L. Bourgeois en juin : Température oscillant entre 38 et 390, grosse expectoration bacillifère.

A l'examen physique : condensation du 1/3 supériéur du poumon droit.

A la radiologie : image d’une lobite supérieure droite excavée avec

Os. 1. — &) avant pneumothorax ; Pb) après : inefficacité ; c) l'après tentative d’oléothorax.

densification importante périhilaire et périscissurale surtout et spélonque juxta-pariétale.

Pneumothorax artificiel droit effectué dans le service le 13 juillet 1927. Reconnu bientôt inefficace : Persistance de bacilles dans les crachats, collapsus incomplet à la radioscopie avec système de brides maintenant béante la cavité.

En septembre 1927, réaction liquidienne qui est l'amorce d’une SYMphyse progressant par le bas et par le haut.

Page 1