‹ Contribution à l'étude de quelques ascitesChapitre 15 sur 19 · RES · texte numérisé non relu

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semblait être par phlébite. suppurée intra-hépatique. Nous ne pouvons pas dire le rôle joué par cette lésion dans les caractères de l’ascite.

L'observation IV est celle d'un sujet alcoolique: atteint d’une cirrhose hypertrophique graisseuse et. d'un cancer ulcéré du col de l'utérus.

L'ascite présentait les caractères suivants

Albumine : 22 gr.

Cytologie : liquide citrin légèrement opaque, culot abondant avec des placards, des polynucléaires, des cellules en figures de karyokinèse.

En somme, les caractères d’une ascite mixte.”

La constitution d'une formule mixte au cours de l'évolution d’une cirrhose hypertrophique n’est pas habituelle. Dans la cirrhose hypertrophique le liquide ascitique a des caractères tout différents, il contient au plus 12 gr. d’albumine, sa cytologie est faite de placards endothéliaux c’est un liquide de transsudal. L'explication de ce liquide à formule mixte ne pouvait être fournie que par l'existence d'une autre lésion ascitogène, celle-ci donnant lieu à une ascite de caractères inflammatoires venant en quelque sorte diluer l'épanchement mécanique pour en atténuer les caractères.

C'est le fait d'avoir constaté cette anomalie de la formule du liquide et surtout la présence de cellules cancéreuses qui nous à fait penser que notre cas était plus complexe que nous ne l’avions pensé et

qu'à côté de sa cirrhose la malade était porteuse d’un cancer. #

L'examinant à nouveau, nous avons frouvé un cancer ulcéré du col utérin. {1 y avait donc lieu de penser que ce cancer avait donné lieu à une métastase abdominale. L’autopsie outre les lésions de la cirrhose hypertrophique nous a révélé seulement l'existence de quelques végétations sur le cæcum et sur le côlon ascendant. |

Par quel mécanisme s’étaient-elles produites, nous ne pouvons faire, à ce sujet, que des hypothèses. Un fait doit encore attirer l'attention, c'est la polynucléose qui n’est ni le fait de la cirrhose hypertrophique ni le fait du cancer du péritoine. Etant donné Ia fièvre présentée par cette malade, l’hyperleucocytose avec polynucléaires neutrophiles que donnait l'examen du sang, on peut se demander s’il n’y avait pas chez cette malade un léger degré de péritonite aiguë, péritonite de cause inconnue, mais spontanée car la fièvre, la leucocytose dans le sang existait avant que n'ait été pratiquée une ponction. D'ailleurs la polynucléose du liquide - fut consfatée à la première ponction. L'autopsie n’a pas confirmé l'existence de la péritonite aiguë, mais il faut savoir que la péritonite aiguë des cirrhotiques peut ne donner lieu, à Fautopsie, qu’à des lésions fout à fait discrètes. On sait que la péritonite aiguë est une complication fréquente des cirrhoses et notamment des cirrhoses hypertrophiques.

Lévesque, dans sa thèse, en a cifé plusieurs cas.

De ces observations où l'examen du liquide ascétique donnait des résultats différents de ceux qu'on s'attendait à trouver et où l’autopsie a permis d’expliquer la formule constatée, on peut rapprocher deux observations publiées par Dumonr dans sa thèse : bien que l’auteur les ait interprétées autrement que nous n’allons les interpréter, nous croyons utile de rapporter les faits.

Dans la première observation, il s’agit d’un 1malade cachectique, tuberculeux cavitaire qui est atteint d’une Aolumineuse ascite ; on sent dans la région ombilicale une masse bosselée qui est rapportée à une induration tuberculeuse du mésentère : le ‘liquide d’ascite montre : ,

Albumine : 28 gr.

Gytologie :

Lymphocytes : 80 qe Polynucléaires : 20 %.

L'autopsie montre une cirrhose hépaiique cet montre que la tumeur perçue au niveau du cæcum est un amas de kystes hydatiques extra-péritonéaux. Douonr dit qu'il s’agit 1à d’une ascite mixte ; par la quantité d'albumine qui si l’on s'en rapporte aux recherches de LEmiERRE et LÉVESQUE est trop élevée pour que l’ascite soit d’origine mécanique pure, par l'existence de cette lymphocytose importante, il s'agit bien d’un liquide mixte ; ce caractère mixle était peut-être lié à une péritonite tuberculeuse surajoutée à la cirrhose et dont l’exsudat inflammaloire venait diluer le transsudat dû à la'cirrhose.

La deuxième observation de Düumowr que nous rapportons dans notre travail concerne un malade ascitique qui présente, dans la fosse iliaque droite, une masse dure qu'on interprète comme un cancer du cæcum, et dont on interprète l’ascite comme liée à une péritonite cancéreuse ; l’ascite montre une albuminose de 19 grammes ; l’autopsie fait découvrir une cirrhose hypertrophique, la tumeur sentie par le palper était un amas d’adhérences périappendiculaires très anciennes éteintes ; il n’y avait ni trace de cancer, ni trace de tuberculose. Cette observation nous à paru intéressante à rapporter, bien qu'elle nous semble un peu incomplète, les renseignements qui nous sont fournis ne nous permettant pas d'expliquer le chiffre de 19 grammes d'albumine du liquide, chiffre un peu trop élevé pour être celui d’un transsudat pur.

En résumé, nous voyons que les indications fournies par le liquide d’ascite se sont trouvées vérifiées par l’autopsie. Si on accorde la valeur qu'il mérite à l'examen des liquides d’ascite, on aura*un signe: d’un grand intérêt qui permettra tantôt de reetifier un diagnostic erroné ; tantôt de pénétrer plus avant dans la connaissance des cas complexes, cl de démêler les intrications morbides.

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