US RON
Tandis que nous étions externe dans le service de M. le Professeur LEMIERRE, notre maître a souvent attiré notre attention sur les résultats que peut fournir l'étude du liquide des ascites et l’appoint que cette étude peut apporter pour établir un diagnostic. Tandis que de nombreux auteurs, même récents, disent que l’examen des ascites ne fournit pas de renseignements d’une certitude comparable à la certitude fournie par l’éxamen du liquide pleural ou du liquide céphalo-rachidien, M. le Professeur LE- MIERRE pense que cet examen a de la valeur, surtout si l’on prend soin de confronter les résultats de la recherche des éléments cellulaires du liquide, de sa quantité de fibrine et de sa quantité d’albumine. Cet examen permet de classer une série d’épanchements mixtes qui répondent bien aux faits cliniques.
Si l'examen du malade a été minutieusement fait, et si tous les éléments pathologiques qui entrent en jeu dans un certain nombre de cas ont été discernés, chose parfois fort complexe dans les syndromes abdominaux, les résultats des examens des asci-
Re
tes se comprennent et l’on constate que les réactions de la séreuse péritonéale obéissent aux mêmes lois que les réactions de la plèvre et des méninges, le transsudat à sa formule propre, l'exsudat a la sienne ; la complexité apparente du problème vient de ce que, assez souvent, les deux processus sont intriqués au niveau ‘du péritoine ; ils le sont bien plus souvent qu'au niveau de la plèvre.
M. le Professeur LEMIERRE a bien voulu mettre à notre disposition quatre observations dans lesquelles le résultat de l'examen des liquides ascitiques est parfaitement en accord avec les lésions trouvées à l’autopsie ; ce sont ces quatre observations que nous rapportons ici.
Avant d'aborder l'historique des recherches eflectuées sur les liquides d’ascites, nous allons dire quelques mots à titre documentaire du liquide qui existe normalement dans la cavité péritonéale. Nous trouvons peu de données sur ce sujet ; nous empruntons à l’article de BRanca (Traité d'anatomie humaine de Poirier, Charpy, Nicolas) les lignes suivantes : « Le péritoine est lubrifié par un liquide qui, chez l'homme, est très peu abondant, puisque sa quantité à l’état normal ne dépasse pas quelques grammes. Ce liquide est citrin et neutre au tournesol, il est si fluide qu'il coule comme de l’eau ; un séjour prolongé dans la cavité péritonéale du cadavre le rend visqueux ». Peu de recherches chimiques ou histologiques ont été faites sur le liquide péritonéal de l’homme ; GorRuP-BESANEZ (1880) a étudié le liquide péritonéal de deux suppliciés et dosé l’albumine ; les anciens auteurs (ROBIN, CLAUDE BERNARD, RANviEr) l’ont étudié chez différents animaux ; ces études ont été reprises par RENAULT et Dusreuiz, SABRAZÈS et Murarer chez le bœuf (1900), NoBécourr et Bicarr chez le cobaye (1900) ;
a TO EE
ces différents auteurs s'attachent, dans leurs études sur l'animal, à montrer les différentes variétés de globules blancs et leur rapport numérique, à comparer leur proportion à celle que l’on frouve dans le sang. Mais le liquide péritonéal est encore mal connu chez l’homme et dans le Précis d'Histologie physiologique de Poricarp (1922), nous ne trouvons que ces lignes : « Le liquide péritonéal normal contient des globules rouges des lymphocytes des cellules du péritoine plus ou moins dégénérées ».
L ire # ô ES à ; ET à t
Différentes méthodes ont été employées pour l'étude du liquide ascitique, les unes physiques, les autres chimiques, les autres histologiques ; diffé- : rents éléments constitutifs ont été recherchés, la fibrine, l’albumine totale, l'albumine de: PATEIN, diie aussi nucléo-albumine (JAVAL) où acéto-globuline, la cholestérine, les acides gras, les peroxydases, les éléments cellulaires ; on a recherché dans le liquide ascitique la réaction de Wassermann, on l’a cultivé, on l’a inoculé au cobaye. Jusqu'aux travaux de Wipaz et RAVAUT : (1900), seul l'exame chimique des ascites est pratiqué. Après leurs recherches, l'examen histologique intervient, le cytodiagnostic prend place. Enfin, dans ces vingt ‘dernières années, devant les contradictions apparentes de l'examen cytologique, les examens chimiques sont de nouveau repris, avec Mosnx, Javaz et Du- MONT,. qui montrent la valeur de « lalbumino diagnostic », et avec FonTaINE ; d’autres recherches chimiques apparaissent. Enfin, quelques auteurs récents, le Professeur LEMIERRE notamment, pensent qu'il y a lieu d'employer simultanément