OBSERVATION XVII
Pajot, — Obstétrique et gynécologie. — Thèse de Mlle. Hern..
Il y:a plus de 25 ans, on me pria de voir une dame d’une:trentaine.d’années, mariée, à uu officier en retraite, sexagénaire et très cassé. La personne à laquelle on me présenta, était une femme brune-de. peau, à cheveux très noirs, un peu maigre, évidemment bystérique d’après les renseignementsrecueillis, menant une viesédentaire, digè-. rant mal, habituellement constipée et tourmentée depuis longtemps, d’un désir immodéré d’être enceinte : désir enfin réalisé.
On ne me faisait pas venir-pour ‘constater la grossesse, certaine pour tout le monde, et reconnue d’ailleurs par une sage-femme.-La question qu'on me posait -én présence: du marïi-et du frère de la dame, était Celle-ci : avait-on le temps, avant l'accouchement, d'accomplir un voyage important, pour des affaires de famille et pouvait-on:espèrer être revenue à temps:pour faire ses couches à Paris? Le voyage: demandait près d’un mois. La jeune femme: était vêtue d’un peignoir flottant sans ceinture. Le volume. du ventré n’était pas appréciable. Elle conseritit à .se:pla=*:
cer sur son lit.
LETSEStre La palpation me fit faire un mouvement involontaire de surprise. J'étais encore jeune et péu cuirassé contre les ‘’étonnements que nous réserve la clientèle.
L'abdomen était assez tendu, mais il n’y‘avait d’uté- -rus de 8 mois, ni de 6, ni de 5, hi de 4. Je:m’informai des règles. Elles étaient: régulières. Je touchai la matrice qui était petite, le col dur en toupie; la-grossesse: n'existait “pas.
+ Manquant d’autorité etd’âge à la fois et: d’une longue expérience, qu'allais-je dire à ces: gens-là? Je pris le parti de garder le silence avec la jeune femme“ Le frère. et lémari furent appelés près de moidans une.chambre voisine et-je leur confessai :toute la: vérité: La stupéfaction . du mari surtout fut extrême, 6n -aceueilht: ma: déclaration “‘avec‘une:politesse suffisante, mais ikétait facile de:s’aper- “rcevoir qu'en raison de:ma.jéunesse,:cés -messieurs-ayant “réfléchi necroyaient ‘pas un mot dé ce:que javais eu “Phonneur de leur dire. Trois ansSaprés; }'eus des nouvelles * dée‘cette dame par:uné de ses ‘amies;elle n’était pas’ ençore accouchée.
'HOBSERVATION: XIX
Observation. du Dr Maryantchik. de; Kieff :(Russie)..Mémoires -«d'obstétrique et de Gynecologie,-page 243, année 1891.
“unMme N. N:, 44: ans,-personne;.forte et::pléthorique, #n’ayant-pas d'enfants, quoique mariée.depuis;plus. de 10
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ans, avait ses menstrues régulièrement jusqu’à cette année. Il y à 11 mois, elle commença à souffrir de nausées et de vomissements ; quelque temps après, elle remarqua un gonflement et une certaine sensibilité des mamelles, devint difficile sur son alimentation, nerveuse, et commença à souffrir de diarrhées prolongées qui ne l’ont pas quittée jusqu’à présent. Les règles revenaient chaque mois, mais au lieu de durer comme autrefois trois à quatre jours, elles ne duraient que quelques heures et se montraient peu colorées et peu abondantes. Le médecin auquel elle s'adresse la déclare enceinte, mais lui recommande néanmoins de consulter un accoucheur. Malheureusement elle ne le fit pas. Les couches attendues devaient arriver, d’après ses calculs, vers la fin du mois d'avril. Quatre mois après l’apparition de tous les symptômes cités, elle commença, d’après ce qu’elle dit, à sentir les mouvements de l'enfant qui devenaient de plus en plus forts, tandis que le ventre continuait à grossir. Bientôt après le médecin l’'examinait de nouveau et affirmait qu’'ilentendait les battements du cœur du fœtus et le souffle placentaire.
Le temps de l’accouchement attendu arriva enfin. La sage-femme s'établit dans la maison ; quelques parents vinrent de la. ville pour assister à lPaccouchement, qui devait être pénible comme on le supposait; tout était prêt, même le linge de l'enfant. Mais les semaines se succédèrent, après le terme attendu, sans qu’il y eut le moindre signe de l’approche des couches. Les amis étaient faticués d'attendre ; ses parentsretournèrent chez eux; quant elle-même, elle devint extrêmement irritable et tomba complètement dans le désespoir, d'autant plus que sa
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mère était morte d’hydropisie exactement au même âge.
Néanmoins elle ne cessait d'affirmer qu’elle ressentait les mouvements du fœtus tout aussi distinctement qu’avant. | k
Telle est l'histoire du cas au moment où je la vis pour la première fois. | Le
En l’examinant j'ai trouvé ceci : les seins sont augmentés, mais mous et flétris, les mamelons un peu gonflés, les aréoles fortement pigmentées, les tubercules de Montgomery font saillie sur la surface des aréoles. Le ventre est gros comme à la fin d’une. grossesse. Après avoir : détourné pour un moment son attention et après avoir surmonté avec peine la résistance des muscles abdominaux tendus, je trouvai l'utérus d’un volume normal. La percussion donnaitun son clair, parce queles intestins étaient fortement tendus par des gaz dont la malade a confondu
les mouvements avec des mouvements fœtaux. Dans la .
cavité abdominale, on reconnaissait une quantité considé-
‘rable de liquide ascitique. Le vagin est pâle, et le col et:
lorifice de l’utèrus sont dirigés en bas, hypertrophiés et présentent une ulcération granuleuse. Le chagrin de la malade quand je lui ai déclaré que ses préparatifs étaient inutiles, du moins pour le cas présent, n'avait pas de bornes. Je lui prescrivis, avec son médecin, qui était maintenant de mon avis, le changement d'air, des toniques et des diurétiques. Au moyen de ce traitement, lintumescence du ventre et les symptômes de la grossesse imaginaire disparurent avec une rapidité étonnante.