‹ Contribution à l'étude de quelques fausses tumeurs abdominalesChapitre 6 sur 33 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

MM. Cornil et Ranvier définissent la tumeur, « toute masse constituée par un tissu de formation: . nouvelle »; autrement dit,.tout néoplasme ayant

de la tendance à persister ou à s’accroitre, est une tumeur. Cette excellente définition, qui s’ap- plique si bien au néoplasme, ne saurait convenir au groupe de faits que nous avons en vue dans ce travail. Derrière la paroi abdominale, le palper nous révèlera des saillies dues à des contractures musculaires, à des rétentions de produits de sécrétion, solides, liquides ou gaz, à des déplacements d’organe. Ce ne sont pas des néoplasmes, aussi les appellerons-nous faux néoplasmes, fausses tumeurs. Leur véritable nature sera d’ailleurs quelquefois très difficile à établir, et le diagnostic nous échappera au moment où nous nous en croirons sûrement possesseur. C’est pourquoi les auteurs étrangers ont encore appelé certaines de ces tumeurs : « tumeurs fantômes, tumeurs apparentes. »

“has ces dénominations, ils désignent Dettes pte D groupe € de tumeurs, qui nécessitent Pons en produire un tempérament nerveux et un état | mental du sujet qui les porte. AMC. groupe nous io les grossess ses imaginaires. ou :

Puis nous en “rapprocherons les fausses tu=, |

meurs mobiles et. fugaces comme elles, dues à un état particulier de la paroi abdominale et des vis- ‘cères 1 'elle contient.

nb, | RE SERECE 2 \ Vas PAU É a PE (IE S p) x “ | à D è f nt ë ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE LATE REREre R ES

£ À Ê : j ; ; a à Tue FE Les fausses tumeurs d'origine-nerveuse. se dé-\+ 7 IN 04 OS = veloppent, comme leur nom l'indique, chez des PS NI ECS

& névrosés rentrant dans la catégorie des hystériques : 4 MEN ARS ee et des hystéro-neurasthéniques. L'état mentalde e SE ;

re “ ces malades, les contractures auxquelles ils sont k Rue + est ta x sujets, favorisent tout spécialement le développe- AE ‘e EU His . ment des tumeurs apparentes. Ces contractures, M ua te | très variables comme siège, intensité, étendueet Mn) SRE durée, se rencontrent à la tête, aux membres, au SU PARA (ÉTÉ NÉE À tronc ; pourquoi respecteraient-elles les muscles | V À MN ÈR A TUE c | de l'abdomen ? Dans sa thèse d’agrégation de 1886, ARE Sn COTE ne ge - le D' Lober place leur point de départ dans une RE ME D RME ” auto-suggestion créée par une idée fixe, l'idée HE SE 4e | |d’impuissance motrice ou l’idée de douleur se dé- “i veloppant sous des influences extérieures varia- a bles telles que : le traumatisme, l'émotion, Pimi- | de tation. Qu’une hystérique placée dans ces condi- ARR tions contracte ses muscles abdominaux, que son

imagination pleine d'idées bizarres et d'illusions, établisse l'existence d’un néoplasme, la fausse tu- ,

Berrand 3

ya de

meur est constituée (Obs. X, XIII, XIV, XV, XVI).

La grossesse imaginaire appartient à des faits de ce genre. Une femme qui désire immodérément être mère, ou qui redoute une maternité déshonorante, ne tarde pas à prendre son désir ou sa crainte pour une réalité. L'existence d’un enfant dans son sein ne fait plus pour elle aucun doute. Trompée elle-même, elle fait partager son erreur aux personnes qui l'entourent. Et c’est dans de telles conditions que le médecin devra se prononcer (Obs. XVII à XX).

Mobiles et fugaces, les fausses tumeurs du second groupe n’ont plus pour origine l’état mental du sujet qui les porte. Elles ont, pour point de départ, le déplacement des organes contenus dans la cavité abdominale, la distension de ces organes par des solides, des liquides et des gaz, la structure particulière de la paroi chez certains sujets.

Le rein, la rate, sous l'influence de prédispositions congénitales ou bien à la suite d'effort ou de traumatisme, quittent leurs loges, pour occuper dans le ventre des positions aussi variées qu’anormales (Obs. IV et V).

Le foie refoulé par l’ascite en haut et en avant vient étrangler son bord antéro-inférieur sous la cage thoracique, il présente à ce niveau une tumeur rénitente qui donne l'illusion d’un kyste hydatique ou d’une vésicule biliaire trop remplie

(Obs. I).

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