IV. — Résultats
1° Action sur les ankylostomes. — C'est contre cette variété de parasite que l’on pratiqua les premiers essais du tétrachlorure de carbone et ce fut contre l’ankylostomose du chien. Dans son premier rapport, celui où il révèle le nouvel usage que l'on. peut faire de cette substance, Hall déclare qu'en administrant le tétrachlorure-de carbone à la dose de 3 ce. chez un chien de taille moyenne, il a obtenu l'expulsion de tous les ankylostomes hébergés par cet animal, « résultat, dit-il, que je n'avais jamais pu obtenir dans aucune série d'épreuves d’anthelminthiques sur - des centaines de chiens pendant ces six dernières années ».
Les succès obtenus contre l’ankylostome humaine sont. com parables à ceux qu'avaient donnés les expériences sur Le chien.
Dans une école d'agriculture, 64 élèves qui étaient atteints de cette affection reçurent 3 cc. de tétrochlorure de carbone sans
lui), des
pürgätion conséculive. Îls continuèrent à se livrer à leurs lravaux ét jeux habituels. Dans les trois jours qui suivirent le (railement, ils expulsèrent chacun une moyenne de 36 ankylostomes dont le plus grand nombre fut trouvé dans les selles le lendemain de l'ingestion. On pratiqua, dix jours plus tard, un nouvel examen des selles, et 2 échantillons seulement sur leg 64 montrèrent la présence de quelques œufs. Nicholts et Hampton, qui publient ce cas, ajoutent que’le tétrachlorure de carbone peut très bien être donné aux doses de 0 çc. 5 à 1 ec. chez les enfants, quand bien même ils seraient atleiuts eu même temps de tout autre maladie.
À la prison de Bogambra, à Candy, G.-M. Leach' expérimenta sur des prisonniers qui se prêtèrent volontairement à l'essai du médicament. Un certain nombre d'entre eux avaient déjà reçu un trailement au naphtol-6, et il y eut également une fillette de 8 ans qui avait été traitée au chénopodium. Un examen préhiminaire des selles montra dans tous les échantillons des œufs d’ankylostome, sauf chez La fillette. Comme il n'avait pas été possible de sé procurerdes capsules dé gelatine, le tétrachloruré de carbone fut administré avec 30 ce. d'eau à jeun. Il ne fut pas donné de purgation consécutive, sauf chez un homme qui, depuis deux jours, n’était pas allé à la selle. Les patients man: gèrent peu de temps après. Les doses oscillaient entre 3 et 5ce., sauf pour la fillette qui ne reçut que 1ce.5 et un prisonnier qui était condamné à mort ct qui consentit à prendre 10 cc. L'effet purgatif re tarda pas à se produire et tous les malades eurent une selle trois à cinq heures après le traitement.
Il est intéressant de noter en passant que des examens d'urine pratiqués avant et après le traitement ne montrèrent aucune modification, même dans le cas du patient qui avait pris Les 10 ce. Un sujet qui présentait un peu d'albumine avant le traitement ne vit pas son albuminurie augmenter.
Ce traitement unique au tétrachlorure de carbone amena l'expulsion d’un total de 822 ankylostomes, soit une moyénne de 88,7 par malade, alors que deux traitements consécutifs au naphtol-$ n'avaient permis de trouver dans les selles de ceux
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quiles avaient subis, qu'une moyenne de 8 ankylostomes. Il convient de signaler que chez l'enfant de 8 ans que le chénopodium avait débarrassé de 82 nécators, le tétrachlorure de carbone ne
chassa plus aucun ver.
Aux îles Fidji, Leach traita environ 20.000 personnes. Il eut la bonne fortune de pouvoir réexaminer 823 de ces malades et sur ce nombre il n’en trouva-que 77 qui fussent encore infestés. Rien n'empêche de supposer que pour un cerlain nombre d’entre eux il s'agissait peut-être d’une nouvelle infestation.
Mais la puissance de cet anthelminthique à l'égard des ankylostomes est davantage mise en lumière dans les expériences où l’on put faire la contre-épreuve, c'est-à-dire où le traitement vérificateur fut administré et ses résultats contrôlés, Darling, Barber et Hacker ayant montré qu'après un premier traitement, une dose de 3 cc. de chénopodium chasse tous les vers restant.
Un premier groupe de 4 patients expulsa un total de 244 ankylostomes dans les trois jours qui suivirent le traite nent institué avec 3 ce., de CCI. L'huile de chénopodium donnée quelques jours plus tard, n’élimina que 4 vers. Le tétra-
chlorure’de carbone, en un simple traitement à doses modérées avait chassé 98 p. 100 des parasites. Un des patients avait été complètement guéri.
Un autre groupe comprenait, 24 personnes. Dans les trois jours consécutifs à l'ingestion du tétrachlorure de carbone, 397 vers furent recueillis'et la contre-épreuve au chénopodium n'en ramena que 5. lei, l'efficacité du tétr'achlorure avait atteint 99 p. 100.
La plupart des auteurs estiment cette efficacité à des chiffres de 95 à 99 p. 100 avec les doses usuelles. Dans des expériences récentes, Smillie et Pessoa l'ont trouvé de 98 p: 100 à la dose de 3 ec. et de 92 p. 100 quand ils s'étaient contentés de donner 2 cc.
‘ Les particularités suivantes sont encore à noter : parmi les ankylostomes, les mâles se seraient montrés plus résistants que les femelles, à l'inverse de ce qui a lieu avec le chénopodium, et le genre nécütor se laisse plus facilement expulser que le
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genre ankylostoma, mais ce fait se produit avec tous les anthelminthiques. | En résumé, les expériences que nous avons rapportées et qui ont été prises au hasard parmi beaucoup d’autres montrent surabondamment que le tétrachlorure de carbone à la dose de 3 cc. pour un adulte est très actif contre l'ankylostomose, plus actif encore que ne l’est le chénopodium à la dose habituelle de 1 cc. 5, et qu'il est, en outre, moins sujet que ce dernier à déter- miner les phénomènes désagréables chez celui qui F'absorbe.
2° Action sur les strongles. — Il est extrêmement efficace. Hall et Shillinger considèrent que ces parasites sont parmi ceux qui subissent le plus aisément l'influence du médicament.
3° Action sur les ascaris. — Le tétrachlorure de carbone possède également une action assez marquée sur les ascaris (surtout sur les ascaris des animaux): Nombreux sont les cas où ce parasite a été retrouvé dans les selles des sujets lraités, en même temps que l’ankylostome. Nous ne nous attarderons pas à rapporter ici des expériences. Nous nous bornerons simplement à constater que la grande majorité des auteurs estiment que, quelle que soit l'efficacité du médicament à l'égard de l’ascaris, elle ne peut être comparée à celle du chénopodium qui paraît être réellement, pour ce ver, l'anthelminthique de choix. \ |
Ce fait met le tétrachlorure de carbone, pour des raisons que nous avons données précédemment, dans ‘un état d'infériorité vis-à-vis du chénopodium, pour son utilisation dans une campagne contre l'ankylostomose. |
4 Action sur les oxyures. — L'accord n’est pas fait sur ce point. Expérimentalement cette substance s'est montrée incapable.de chasser les oxyures des chevaux. ù s
Chez l'homme, les résultats sont discordants. Dans le cas du condamné à mort qui avait ingéré 10 cc. de CCI‘, l’autopsie permit de recueillir environ 3.500 oxyures, et cependant à la suite du traitement cet homme n’en avait expulsé qu'une soixan-
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taine. On ne peut pourtant incriminer l'insuffisance de la dose. A côté de cela, des cas ont été publiés où les oxyures furent éliminés en quantité très appréciable.
5° Action sur les trichocéphales. — La même divergence d'opinion se rencontre ici. Peut-être l'expérience nous apprendra-t-elle un jour que dans le tétrachlorure de carbone nous possédons un remède de: premier ordre contre ces vers qui sont difficiles à chasser entre tous, qui échappent à l’action de tous les vermifuges et que, jusqu'à ces temps- ci, Le thymol seul semble capable de faire disparaître. Certains auteurs prétendont que l’action du EC sur les tricocéphales est très faible, pratiquement nulle; d’autres, au contraire, soutiennent qu'il est efficace et que des tentatives devraient être répétées à ce sujet. Smillie et Pessoa l'ont expérimenté sur le chien et pensent que c’est « une substance aussi efficace contre le trichocéphale que tout autre bon.anthelminthique ». De leurs expériences] il ressort que chez le chien, COL donné à la dose de 0 ce. 1 à 0 cc. 2 par kilogramme n'expulse aucun trichocéphale, qu’à la dose de 0 cc. 3 il en chasse 10 p. 100,et que si l’on élève la dose jusqu’à 1 cc.[par kilogramme, l'élimination atteint.
6° Action sur les tæuias. — Il paraît absolument inactif. LU
T° Action sur quelques autres parasites. — - Les expériences de Hall et Shillinger ont montré quelle était l’action du tétrachlorure de carbone sur un certain nombre de Pen des animaux.
IL semble actif contre Les strongles du cheval et très actif contre le trichostrongylus du mouton.
Il serait capable de détruire certains parasites des oiseaux. Il en est quelques-uns que l’on n’a jamais pu retrouver dans‘les excréments de ces animaux ; mais il n'en faut pas conclure que le médicament n'ait pas eu d’action sur eux. En effet, leur présence n'a Jamais été constatée à l’autopsie; on peut donc supposer qu’ils ont été digérés et leurs fragments expulsés dans un état méconnaissable.