Observations sur quelques Urticacées
Il ne s’agit pas ici de faire une étude complète des structure que l’on peut trouver chez les Urticacées, mais de donner quelques exemples en rapport avec le thème général de nos recherches.
Chez certains échantillons d’herbier d’Australina pusilla Gaudich., les fleurs sont solitaires, simples, composées par un périanthe entourant,
Fig 478 An:
tralina pusilla :
une fleur mâle isolée.
Fig. 179. — Australina pusilla :
groupement de fleurs mâles unistaminées.
(£, étamine unique de la fleur, dépourvue de son périanthe.)
Fig. 179.
comme un sac, l’androcée, avant l’anthèse. Celui-ci est constitué par une seule étamine repliée sur elle-même avant la floraison (fig. 178). Dans d’autres échantillons de la même espèce (1), les fleurs mâles sont identiques, mais groupées par 2-6, au sommet de rameaux, en y formant un pseudoverticille (fig. 179). Chez Droguetia diffusa Wedd., les choses sont plus compliquées (fig. 180). On y observe, comme chez Australina, un groupement de fleurs très réduites, mais ici, outre les fleurs mâles, les plus nombreuses, une ou plusieurs fleurs femelles sont. situées au centre de l’inflorescence. De plus, l’inflorescence est entourée par un involucre constitué par les bractées concrescentes des fleurs mâles. Ainsi, chez Droguetia, nous sommes en présence d’une organisation manifestement inflorescentielle, mais qui rappelle beaucoup une fleur périanthée. La morphologie comparée nous montre bien qu’il y a une inflorescence, mais il manque vraiment
(1) Peut-être s'agit-il, en réalité, de deux espèces différentes.
peu de chose pour que celle-ci soit «fleur ». Supposons que les petits périanthes des fleurs unistaminées disparaissent, 1l serait alors très difficile
de déterminer si l'organe considéré est une inflorescence ou une fleur. L’étude de ces quelques Urticacées nous montre donc une série de faits parallèles à ceux que nous avons observés chez les Euphorbiacées. Chez Droguetia diffusa, comme chez Anthostema ou Euphorbia, une structure préflorale est réalisée.
Mais, dans le cas de l’Urticacée, la fleur mâle, bien que réduite à une seule étamine, a encore son périanthe. De plus, les fleurs mâles de Droguetia difjusa sont subsessiles, de telle sorte que leur petit périanthe zygomorphe semble presque inséré sur le réceptacle préfloral.
Ainsi, chez certaines Urticacées, on observe un enchaïnement phylogénétique comparable à celui que nous avons décrit chez les Euphorbiacées et aboutissant aussi à un état préfloral.