LÉ
5° Equilibre acido-basique et pH sanguin. — Procédés de détermination. — Formules pathologiques.
On ne saurait donc séparer l'étude de la chlorémie de celle de l’équilibre acide base des humeurs.
Le maintien de cet équilibre est indispensable à l'exécution des actes vitaux intra et extra cellulaire et la nécessité d’un taux fixe de l’alcalinité humorale s'impose.
Le mécanisme régulateur de cet équilibre est très sensible et très efficace. Il est assuré, premièrement, par les mécanismes tampons, plasmatique et globulaire, deuxièmement, par les échanges osmotiques entre plasma et globules, troisièmement, par les régulateurs physiologiques pulmonaire et rénal. Dans les conditions physiologiques normales, le sang est légèrement alcalin. Cette alcalinité est mesurée par le pH sanguin et la réserve alcaline. Le premier est le logarithme de la concentration en ions hydrogène du plasma sanguin, alors que la réserve alcaline représente la teneur du plasma en bicarbonates alcalins sous une tension de gaz carbonique de 40 cm de mercure,
Les variations parfois divergentes entre ces deux éléments nécessitent leur étude et leur emploi simultanés.
DETERMINATION. — Le pH du sang à 38° est normalement entre 7,35 et 7,45 pour certains, entre 7,30 et 7,50 pour d’autres.
S’il descend au-dessous de 7,30, il y a tendance à l’acidose (nous disons bien tendance à l’acidose et non pas acidose, qui nous semble inexact, puisque le pH est encore supérieur à 7) ; s’il monte au-dessus de 7,50, il y a alcalose.
Les méthodes de mesure doivent donc être très señsibles pour déceler les variations pathologiques qui sont de l’ordre de 5 unités de la première décimale autour des chiffres normaux : 6,80 à 8. Exceptionnellement, le pH s’abaisse au-dessous de 7.
Dans les conditions physiologiques chez un même individu, la fixité du pH est remarquable. Les fluctuations journalières seraient, selon Cullen, de l’ordre de 7 chiffres de la deuxième décimale, avec tendance à l'élévation au cours de la journée.
Deux méthodes peuvent mesurer: le pH, en général :
La méthode colorimétrique : elle nécessite l’établissement d’échelles colorimétriques qui peuvent être cause d'erreurs. Vincent pense que cette méthode est dangereuse. En effet, rien n’avertit d’une erreur commise puisque la « couleur que l’on obtient grâce à l'indicateur trouve toujours place dans l’échelle et, conséquemment, on a toujours un résultat ».
La méthode électrométrique, au contraire, est la méthode de choix, quelle que soit l’électrode employée.
L’électrode à la quinhydrone ne peut être employée que dans des milieux à pH acides ou neutres, le sang serait à la limite
de son emploi (Vincent). Les résultats seraient cependant encore très bons.
PRINCIPE. - La méthode de Biilman, qui emploie l’électrode à la quinhydrone, est basée sur le principe suivant : La quinhydrone dans l’eau se dédouble partiellement en ses deux composants : la quinone et l’hydroquinone. Or, entre ces deux corps, il existe une réaction d'équilibre qui fait que l’on peut passer de l’un de ces deux composants à l’autre par réduction ou oxydation. De plus, les travaux de Biilman, en 1920, ont montré que cet équilibre est fonction de la concentration en ions hydrogène du milieu et que le potentiel de l’électrode à la quinhydrone dépend de cette concentration en ions hydrogène et non pas de la concentration en quinhydrone.