‹ Contribution à l'étude de quelques troubles humoraux (Chlorémie et équilibre Acide base) dans les états maniaques, mélancoliques et anxieuxChapitre 18 sur 40 · PRE · texte numérisé non relu

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lis en déduisent une thérapeutique alcalinisante déchlorurante et insulinique, en constatent les effets heureux à échéance, certes, assez longue.

A l'étranger : Mazza, en Italie, en 1932, étudie le chlore plasmatique dans quelques syndromes mentaux. Dans un cas de manie aiguë fébrile, il note une hypochlorémie nette (3,03) et dans quelques « états » d’excitation un taux chloré élevé (3,85).

B) Equilibre acide base

Les modifications acidobasiques des humeurs ont été depuis longtemps étudiées en psychiatrie, grâce aux méthodes qui permettent de déceler l’acétonurie, ou l’ammoniurie, par Rivano, Laehr, en particulier. Plus récemment, Targowla, Lamach, Claude, Mile Badonnel ont insisté sur l’acidose chez les mélancoliques.

Morault, dans sa thèse, a trouvé la réaction de Gérhardt positive dans une faible proportion (1/12) au cours des syndromes mélancoliques et 4 fois sur 19 au cours des accès maniaques.

Les déséquilibres ioniques décelables par le pH furent étudiés seulement dans ces dernières années par Laignel-Lavastine, Martimor, Brezinski et Tomasson.

En somme, les travaux concernant la chlorémie et l'équilibre acide base au cours des syndromes mentaux sont rares.

Cette étude est pourtant d’un intérêt réel : Santenoise a pu écrire que « la teneur en acide carbonique, en oxygène, en glutathion, en chlore, ainsi que les divers équilibres physico-chimiques, pH, rapport du chlore globulaire au chlore plasmatique » jouent un rôle considérable dans la régulation de l’activité des centres neurovégétatifs, en particulier. Ce même auteur a montré la fréquence de la précession des perturbations neurovégétatives sur le développement des syndromes psychiques.

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2° Chlorémie et équilibre acide base dans les états maniaques

A) Résultats antérieurs

Les travaux des ‘quelques auteurs précédemment cités, concernant les psychoses maniaques, portent parfois uniquement sur les modifications sanguines du métabolisme du chlore, d’autres fois exclusivement sur les modifications ioniques du sang.

Il est pourtant nécessaire, comme nous avons essayé de le montrer, de confronter ces modifications, leur existence étant le plus souvent solidaire.

Au cours d’une bouffée délirante chez une hypomaniaque, un dosage chloré sanguin a révélé une hyperchlorémie plasmatique (4,06) et ce même dosage a donné également un taux élevé (4,27) chez une malade cyclothymique (Delaville et Tchermiakojsky).

Leyritz, au contraire, étudiant uniquement les modifications acidobasiques, signale, dans cinq cas de manie, trois fois une acidose franche, et deux fois une acidose relative. Les recherches furent faites dans les urines par la méthode de Goiffon.

Tomasson, étudiant parallèlement les modifications des ions sodium, potassium, calcium et hydrogène, signale des variations parallèles du pH et de l’état de dystonie neurovégétative. Pour cet auteur, le pH normal, obtenu à l’aide de la méthode colorimétrique, serait en moyenne égal à 7,32. Mais il signale des pH normaux inférieurs à 7,30. Il est un fait curieux, c’est qu’une série de pH chez des sujets normaux donne des résultats en majorité inférieurs à 7,30, alors que dans l’autre série ils sont supérieurs à 7,34,

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De toute facon, par comparaison avec les chiffres normaux, Tomasson trouve un état d’alcalose dans la manie aiguë.

Ses observations concernent 11 malades, et les mesures furent répétées plusieurs fois de suite, chez chaque malade, à plusieurs jours d'intervalle.

Dans ces conditions, chez un même malade, les résultats sont parfois discordants.

Dans l'observation 174, en particulier, le malade avait un pH inférieur à 7,30 (7,28) ; l'observation 182 montre l’abaissement brusque et journalier du pH see a pu tomber de 7,33 à 7,09.

Toutes les autres mesures donnent des résultats qui s’échelonnent entre 7,33 et 7,46 ; le chiffre de 7,56 ne fut atteint qu’une seule fois.

Ces mesures furent obtenues par la méthode colorimétrique et Tomasson conclut, en pensant que le propre de la psychose maniaque dépressive est de présenter une grande instabilité ionique en rapport avec des variations parallèles du tonus neurovégétatif.

Nos recherches ont porté sur plusieurs accès maniaques, que nous avons classés en accès maniaques cryptogénétiques, n'ayant pas fait la preuve de leur périodicité, et en accès maniaques périodiques survenant au cours d’une psychose dépressive, soit purement maniaque, soit mixte, maniaque et mélancolique.

B) Résultats personnels

a) Manie périodique. — Indépendamment de la technique employée dans le dosage de la chlorémie, les observations que nous rapportons témoignent de

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la fréquence de l’hyperchlorémie avec baisse de l’alcalinité ionique du plasma sanguin, dans la psychose maniaque dépressive.

Cette hyperchlorémie fut globale : globulaire et plasmatique (observations 2-8-4).

L'augmentation du chlore globulaire a été accompagnée par une baisse légère du chlore plasmatique dans les observations 1 et 5.

Dans les observations 7 et 8, le chlore plasmatique était normal et le chlore globulaire élevé.

Dans l’observation 6, le chlore globulaire était normal, le chlore plasmatique abaïissé.

Le rapport chloré érythrocytoplasmatique a toujours été augmenté, la rétention chlorée a donc été plus importante sur les globules que sur le plasma.

Cette hyperchlorémie avec augmentation du rapport chloré n’a pas toujours été accompagnée d’une baisse de l’alcalinité ionique du sang.

Le pH était en effet normal dans les observations 4 et 5. Dans toutes les autres il était abaïissé, mais cet abaissement n’a parfois été que transitoire. De plus, dans un cas où nous avons assisté à l’éclosion et à la constitution de l'accès maniaque, le pH s’est abaissé au fur et à mesure qu'’augmentait l’agitation psycho-motrice.

Il est à signaler, enfin, que la baisse de l’alcalinité ionique du plasma sanguin n’a jamais été parallèle à une chute de la réserve alcaline, qui est restée normale le plus souvent et qui, parfois, s’est légèrement élevée.

Nous avons pu suivre les variations du pH chez un de nos malades (observation 6).

Nos mesures, faites à divers intervalles de quelques jours, nous montrent l'extrême variabilité de celui-ci.

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