‹ Contribution à l'étude de quelques troubles intestinaux dans les affections utérinesChapitre 4 sur 13 · INTROD · texte numérisé non relu

INTROD

UCTION

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Les troubles qui apparaissent sous l'influence des affections utérines sont multiples, mais il semble que la partie inférieure de l'intestin, en raison de son voisinage avec Putérus, soit tout particulièrement soumise à cette influence. Nous nous proposons donc d'étudier les troubles fonctionnels du rectum, constipation et diarrhée, dans leurs relations avec la maladie utérine. Nous examinerons si ces troubles, attribués tantôt à une cause mécanique, tantôt à l'extension de la congestion utérine, ne peuvent aussi, dans bien des cas, reconnaître pour cause une action réflexe ayant son point de départ dans l’excitation utérine, et dés lors, être considérés comme des troubles fonctionnels réflexes.

Etudier ces troubles, montrer leur fréquence dans les maladies de la matrice, rechercher la cause à laquelle on doit les rapporter, les présenter comme des symptômes pouvant aider le diagnostic des affections utérines, tel est notre but.

Nous n'avons cru pouvoir entreprendre cette étude, qu’aidé des savants conseils de M. le professeur Vergely : qu’il reçoive ici nos remerciements les plus sincères pour la bienveillance dont il n’a cessé de faire preuve à notre égard, pendant toute la durée de nos études, et pour l'honneur qu’il nous a fait en acceptant la présidence de notre Thèse imaugurale.

CHAPTERE. F,

Nous croyons utile de bien établir, au début de notre étude, les rapports anatomiques de l'utérus et de la partie inférieure de l'intestin.

Les relations étroites qui existent entre ces deux organes nous aideront à comprendre leurs rapports pathologiques.

L'utérus est un organe creux, destiné à la gestation, situé dans le bassin, entre la vessie et le rectum, au-dessus du vagin auquel il est attaché immédiatement ou par continuité, audessous de l'intestin grêle, aveclequel il a des rapports médiats ou de contiguité. Recouvert par le péritoine, dans une grande partie de son étendue, il adhère au vagin par sa partie inférieure. De nombreux ligaments, tout en le maintemant à la place qu'il doit occuper, lui laissent cependant une grande mobilité. A l’état de vacuité, l'utérus est placé à une certaine distance des parois abdominales, qu’il faut fortement déprimer pour arriver à le percevoir par le palper.

La face postérieure de l'utérus est séparée du rectum par un tissu conjonctif et par le péritoine qui la tapisse dans toute son étendue et qui forme sur les côtés les plis de Douglas en recouvrant les ligaments utéro-sacrés, tandis qu'il descend dans la région médiane jusque sur la partie postérieure pour former, en se réfléchissant sur le rectum, le cul-de-sac rectoutérin, ou mieux recto-vaginal. Elle regarde le rectum dont elle est ordinairement séparée par des circonvolutions d'intes-

tin grêle.

au Les ligaments utéro-sacrés sont formés par un repli du péritoine et par des fibres musculaires lisses très nombreuses, qui se continuent en avant avec celles de la matrice. En passant sur les côtés du rectum, quelques unes de ces fibres se perdent dans les parois de l'intestin, d’où le nom de ligaments recto-utérins que leur ont donné quelques auteurs.

Les bords latéraux répondent aux interstices de deux feuillets péritonéaux antérieurs ct postérieurs qui, en s’éloignant de lutérus, forment les ligaments’ larges. Ils se continuent sans ligne de démarcation avec ceux du vagin. Les unes et les autres sont en rapport immédiat avec les vaisseaux qui pénétrent ces deux organes.

Artères. — L'utérus reçoit du sang artériel par deux voies différentes. Les artères destinées au col naissent de l’hypogastrique et prennent le nom d’artères utérines. Celles qui se rendent au corps proviennent de l'artère ovarienne, nommée par quelques anatomistes utéro-ovarienne ; les artères et les capillaires de l'utérus se distinguent par leurs flexuosités et par l'épaisseur considérable de leurs parois, épaisseur due à leur‘ tunique musculaire.

Les veines, dépourvues de valvules, vont aux plexus utérins et pampiniformes; elles prennent un développement considéerable dans la grossesse.

Les lymphatiques du col vont aux ganglions du petit bassin, ceux du corps aux, ganglions lombaires.

Nerfs. — Les nerfs de l’utèrus viennent des plexus hypogastriques. Ceux-ci sont eux-mêmes constitués par des fibres du grand sympathique venant des plexus lombo-aortiques, par la portion sacrée du grand sympathique et enfin par les rameaux émanés des troisième et quatrième paires sacrées.

De ces plexus hypogastriques émanent les plexus utérins qui

ÈS sont essentiellement destinés à l’innervation de la matrice. Les rameaux nerveux abordent l'utérus par ses parties latérales, se distribuent sur sa face antérieure et sur sa face postérieure, puis pénètrent dans son intérieur pour former de riches réseaux intra-musculaires.

Sur le col, il existe de chaque côté, un gros ganglion cervical. Ces deux ganglions cervico-utérins reçoivent leurs branches afférentes non seulement des plexus hypogastriques, mais encore des deuxième, troisième et quatrième paires sacrées. Ils fournissent des rameaux, non seulement à l'utérus, mais encore au vagin, à la vessie, au rectum.

De toutes ces considérations, ilrésulte que l’utérus est abondamment pourvu de nerfs et surtout de nerfs de la vie organique. Ce seul fait permet de préjuger de l’action puissante que vont exercer, sur le système du grand sympathique et par son intermédiaire sur les différents organes, les affections utérines. Le rectum, qui a non seulement des rapports de contiguité, mais qui puise, en partie, son innervation à la même source, ne sera-t-il pas un des premiers soumis à cette influence.

La plupart des nerfs du rectum proviennent, en effet, du grand sympathique et, quelques uns du système cérébrospinal. Le plexus mésentérique fournit des filets qui accompagnent les pricipales divisions des artères hémorroïdales supérieures. Les plexus hypogastriques, d’où émanent les plexus utérins, donnent également au rectum des filets qui forment le plexus hémorroïdal moyen.

Enfin, on a signalé dans la couche sous-muqueuse de l'intestin un réseau trés riche de cellules nerveuses, reliées les unes aux autres par leurs prolongements. Germain Sée considère ces réseaux de cellules nerveuses comme des centres auto-

2,0 moteurs, auxquels on peut rapporter une foule de phénomènes réflexes encore inexpliqués.

II. — Avant d'aborder la question des troubles réflexes utérins, nous devons dire un mot des centres moteurs qui président à la contraction de l'utérus.

Bien des recherches ont été faites à ce sujet; bien des opinions ont été émises. Les unes ont placé ces centres nerveux dans le cervelet, les autres dans le cerveau, en même temps que dans plusieurs points de la moëlle: Brachet, Longet, Barlow, Goltz et Rohrig, admettent que c’est la moëlle lombaire qui préside aux contractions de l'utérus.

Budge avait trouvé au niveau de la quatrième vertébre lombaire, chez le lapin, une région étendue de quelques lignes dont l'excitation produisait des mouvements dans la partie inférieure du rectum, la vessie et les canaux déférents, et chez la femelle, des contractions de lutérus.

Rohrig a fixé d’une façon précise le centre médullaire des contractions utérines ; il le fait remonter jusqu’à la hauteur de la dixième vertébre dorsale. En effet, après la section de la moëlle au niveau de la première vertébre lombaire, il obtenait encore, par l'excitation du bout supérieur dela moëlle, des mouvements réflexes de l’utérus. Si l'expérience était faite au dessus de la dixième vertèbre dorsale, l'excitation du segment supérieur n’avait plus d'effets. Nous pouvons donc dire que les centres des mouvements de l’utérus ne remontent pas plus haut que l'extrémité supérieure de la région dorsale de la moëlle ; qu’ils se trouvent par conséquent dans la portion de cet organe qui fournit ses nerfs à la matrice. Les excitations, parties d’autres points du système nerveux central, peuvent provoquer des contractions, mais C’est indirectement et par influence réflexe.

Quant au mode d'action des différents nerfs, qui sont en

LATE communication plus ou moins directe avec l'utérus, on s’accorde à dire que les filets sympathiques, aussi bien que les filets cerebro-spinaux au plexus utérin sont moteurs, mais que les premiers ont une influence prédominante ; par contre, les nerfs sacrés renfermeraient plus de fibres centripètes.

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