I. — ABCÈS POST-OSTÉOMYÉLITIQUES
Ce que nous sntendons par cette dénomination est donc tout. à fait différent de la conception de Lannelongue, Comby et Golay qui dans leurs descriptions n’envisagent que des cas . d’abcès apparaissant plus ou moins tardivement après une OStéomyélite aiguë suppurée, suivie de l'évacuation spontanée ou chirurgicale du pus et guérison apparente de Ja lésion ou persistance d’une petite fistule. Chez ces malades après des mois ou des années d’un semblant d: guérison complète apparaissait une douleur intense « dans la région primitivement touchée », cette douleur allait en s’exagérant, augmentait la nuit et dvenait intolérable jusqu’à l'intervention chirurgicale ou parfois la rémission spontanée. :
Les rapports de l’abcès de l’os et de l’ostéomyélite sont donc connus depuis longtemps et classiquement on considère celui-là comme un accident de l’ostéomyélite prolongée.
. Mauclaire (in L: Dentu-Delbet) n’envisage que les abcès
post-osiéomyélitiques et il est à remarquer comme beaucoup d'auteurs le font ressortir à l’heure actuelle que chez la plupart des adultes ayant un abcès des os il y eut très souvent dans l'enfance une poussée d’ostéomyélite.
C’est ou bien une ostéomyélite franche, ou bien une ostéomyélite subaiguë ou bien ce processus infectizux atténué ‘produisant ce qu’on appelle quelquefois les « douleurs de “croissance », soit encore des suppurations sous-périostées dont l’origine osseus> peut avoir été méconnue. Lorsque les antécédénis sont négatifs à ce sujet, le siège juxta-épiphysaire du foyer plaide néanmoins en faveur d'une atteinte ancienne d’ostéomyélite (Leriche :t Bauer).
Cette origine est certainement de beaucoup la plus fréquente. Sur 143 cas d’abcès osseux d’étiologiz connue, recueillis par Alexis Thompson, en 1906, 112 ont pu être rapportés à une ancienne poussée d’ostéomyélite (84%). De même, Gross, en 1901, avait recueilli r41 cas d’abcès en majorité consécutifs à une ostéomyélite aiguë. Léonhardt qui apporte un: contribution personnelle de 34 cas ne distingue pas davantage de variétés d’abcès (sur 43 cas, 32 sont secondaires). | |
Ils semblent moins fréquents actuellement qu’autrefois; notre statistique personnelle donne des résultats tout différents L'ostéomyélite est relevé: 16 fois sur 106 observations. Cela tient sans doute au fait que la trépanation de l'os est
effectuée d’une façon systématique dans les ostéomyélites ai-
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guës. Contrairement à la simple incision périostée, la trépanation de l’os réalise la mise à plat d2: la lésion et ne laisse pas subsisier un foyer d'infection susceptible de se réveiller à plus ou moins longue échéance (quinze, vingt ans et même davantage) en donnant naissance à cett: forme d’abcès posiostéomyélitique longuement décrite par les anciens auteurs De plus, nous croyons que les résultats donnés par la sfatistique de Thompson par exemple et la nôtre n2 sont paradoxaux qu'en apparence, car nous éliminons d'emblée les abcès qui surviennent dans un vieux foyer d’ostéomyélite mal éteint, pour .ne retenir que ceux qui sont le résultat d’une localisauon éloignée du proc:ssus inféctieux initial, estimant qu'il faut distinguer les récidives de suppuration locale sous forme d’abcès, des abcès osseux vrais qui se produisent à distance du foyer primitif.