‹ Contribution à l'étude des abcès chroniques et centraux des OsChapitre 12 sur 40 · CAUSES OCCASIONNELLES · texte numérisé non relu

CAUSES OCCASIONNELLES

Le Traumatisme peut-il jouer un rôle de cause occasionnelle ? Les malades rapportent ass:z volontiers l’origine de leurs maux à un coup ou à une chute sur la région atteinte. Cette tendance va croissant, d’ailleurs depuis la loi sur Îies accidents du travail et celle sur 12s pensions militaires; qu’elle

est donc la valeur réelle du traumatisme ?

Bien souvent, ce n’est qu’en cherchant dans leurs souvenirs très éloignés que les malades désireux d: donner euxmêmes une explication à leur souffrance se rappellent avoir fait une chute ou reçu un coup sur le point où s’est développé l’abcès.

D'autres fois, le traumatism: a attiré l'attention du malade sur une lésion jusque-là ignorée et latente.

Néanmoins, il est indéniable que dans certains cas, un traumatisme important ait pu avoir un effet certain. Il a pro-

voqué la claudication ou nécessité le repos au lit:

Mondor et Lapeyre, Gross (obs. 2), Mac Williams: (obs. 4, Chiassérini (obs. 7) Moutier et Le Fort (obs. 4), Auvray, Garcia-Diaz. | k

Le fait que le traumatisme puisse jouer un rôle na d’ailleurs rien d’impossible. Expérimentalement, il est. démoniré que les micro-organismes, le staphylocoque en particulier, se localisent au point du système osseux qui a été fraumatisé. D'un autre côté, Phémister et Gordon essayant de reproduire chez l’animal des abcès osszux en parlant d’un micro-organisme isolé chez l’un de leurs malades n’obtiennent aucun résuliat. I] semble donc qu'à côté de l'infection banale intervienne un autre élément. Pour Pertick, ce serait en déterminant une exiravasation de sang contenant des microbes virulenis que le traumatisme agirait. :

Ce serait cette cause occasionnelle à quoi les garçons plus vigoureux et plus turbulents que les filles s’exposeraient plus souvant, qui pour Tixier serait responsable de la prédisposition du sexe masculin à l’ostéomyélite aiguë et aux abcès . des os.

Dans nos 106 observations, le traumatisme est signalé de nombreuses fois. Son action réelle n'apparaît pas toujours avec une égale netieté. En réalité, il n°y a que des présomptions dont l1 preuve scientifique reste à faire. Dans l’observation de Mondor et Lapeyre 2t dans celle de Bourde, les Compagnies d'Assurances n'ont pas cru devoir contester cetle origine traumatique ; c’est là un point important.

Pour que l'accident soit rendu r:sponsable, nous dirons

avec Cyssau nous inspirant des conclusions de Segond à propos des relations du traumatisme avec les tumeurs malignes des os qu’il est nécessaire que les cinq conditions suivantes soiznt réunies :

1° L’authenticité du traumatisme ;

2° Son importance suffisante ;

3° L'intégralité de la région avant le traumatisme :

4° La correspondance exacte entre le siège d2 l’abcès et celui de la contusion antérieure :

5° Une date d'apparition des premières douleurs rendant la filiation vraisemblable: un délai d= huit jours à un mois semble raisonnable. Car comme le dit Gangolphe « rien « n’est aussi facile d’après l’interrogatoire que de trouver un « traumatisme à l’origine du mal, mais rien n’est aussi diffi- « cile qu? d'interpréter son influence réelle. Celle-ci est d’au- « tant plus probable qu'il s'est écoulé moins de temps entre « le traumatisme et les premiers symptômes. » ;

Nous avons vu que le point de départ de l’infection est généralement inconnu. Mis à part les cas où le malade était atteint d’un abcès où l’on a trouvé un microbe ayant provoqué une maladie infectieuse bien caractérisée (telle que typhoïde, paratyphoïde, colibacillose post-dysentérique) ou d’autres foyers ostéomyélitiques, il faudra toujours pour découvrir uns porte d'entrée à l'infection staphylococcique rechercher dans les antécédenis une infection cutanée quelconque : impétigc,

furonculose, anthrax, panaris. Cette notion :st difficile à met-

tre en évidence, car l’abcès des os, affection à marche torpide évolue ordinairement depuis un certain temps quand les pre-

miers signes cliniques apparaissent. Dans l'observation ds Le-

cène {1} comme dans celle de Mondor et Lapeyre, cette porie d'entrée n’a pu être trouvée. Dans l’observation de Chiassérihi, un panaris suivi de phénomènes septicémiques avait précédé l'apparition des douleurs caractéristiques des abcès des OS.

Dans l'observation (3) de Martin où l’on trouve du pneumocoque dans le pus, c’est la coqu=luche qui est en cause: dans son observation (2) l'abcès du fémur vient après une parotidite et une poussée de furoncles.

Les faits comme on le voit sont bien peu nombreux en raison ds nombreuses observations où l'affection s’est développée sans cause occasionnelle appréciable. C’est, en effet, une des caractéristiques des abcès des os de Se développer

d’urs2 façon spontanée ou tout au moins inconnue.

CAUSES PRÉDISPOSANTES.

Age. — La question de l’âge constitue un point intéressant. L’affection se montre presque toujours chez des jeunes sujets, chez des enfants ou des adolescents. Suivant Brroca, la lésion osseuse débute presque toujours de la douzième à la dix-huitièms année. Cruvzilhier d'après l’analyse de ses ob-

servations donn: comme moyenne de début l'âge de dix-sept

ans et cinq mois. Les résultats de Golay sont les suivants : Sur cinquante-sept cas où la date de début de l’affection est nettement indiquée, il y en a 44 entre 6 et 20 ans. De notre côté, en dépouillant les observations que nous avons rassem-

blées, nous sommes arrivés aux chiffres suivants :

De un à 10 ENT ie PNR 8 cas De 11 à 20 ans ...... FES ERNEST 40 Cas De ARR Ame Le ein 12 Cas PRE OR O ANSE 0 care de INDE da 10 Cas Den AO AS en un ire 18 cas DS 20 270 ADS en tan ce au ne 8 ças

I s’agit donc le plus souvent de sujets jeunes, de douze à seize ans, c’est-à-dire à une époque où la croissance n’est pas terminée et où les épiphyses ne sont pas encore soudées au corps de l’os. De plus, la circulation au niveau des extrémités osseuses sans cesse en remaniement pendant la période de croissance est très active en c: point.

Cependant, ceite affection a été observée chez les adultes de vingt-cinq ans à cinquante ans, mais il est à remarquer que le début est souvent difficile à fixer et que dans de nombreux cas de ce genre le malade chez qui l’on pose le diagnostic d’abcès osseux, souffrait depuis bien des années et que l'affection avait fait son apparition à une époque plus ou moins voisine de l'adolescence.

Sexe. — Pour Broca, Cruveilhier et Golay, les abcès

osseux Chroniques sont beaucoup plus fréquents chez les gar-

M ee

cons que chez les filles. Nous arrivons à la conclusion sui-

vante : È Pourile sexe féminine EME AUS 22 Pour'ilé sexe:mascuinss ns SEL LR een" 75 Sexenonindiquéne is "Sn EE 9 Profession. — Pour Cruveilhier, la profession des ma-

lades ne paraît exercer aucune influence sur le développement des abcès des os. Les auteurs modernes ne meftent pas en relief ce point-là. Nous croyons cependant et cela après Golay que les enfants et les adolescents « surm?nés par des travaux « qui exigent la station debout longtemps prolongée ou par « de longues courses y sont probablement plus sujets que les « autres ». Nous verrons, en effet, que la marche a une influence marquée sur le retour des douleurs une fois que l’affection est confirmée. Ne peut-on pas admettre que les fatigues corporzlles exagérant le travail nutritif qui se passe au voisinage du cartilage de conjugaison prédisposeraient le tissu osseux à l’inflammation. Ce n’est là, il est vrai, qu’une vue

de l’esprit sans preuve et qu’il ne faut en aucun cas exagérer.. Rôle de la Syphilis :

Certains auteurs font jouer un rôle étiologique à la syphilis osseuse et à la sypailis héréditaire (Piquet et Cyssau). Il leur paraît possible qu celle-ci puisse préparer le terrain à la formation d’un abcès osseux à marche torpide en créant ur

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