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lieu de moindre résistance où les micro-organismes viendraient
coloniser (observation 3, Piquet et Cyssau). La syphilis agirait en créant des lésions élémentaires d’ostéite fibreuse tout comme dans les kystes essentiels des os (Mouchet, Le Gac). Ces lésions pourraient peut-être favoriser une localisation staphylococcique et constituer le point d2 départ d’un abcès osseux. Pour eux, l’origine de certains abcès serait donc mixie : infection staphylococcique atténuée sur un terrain hé-
rédo-syphilitique. Ce n’est là qu’une hypothèse. MODE DE FORMATION D'UN ABCÈS DES OS.
L'abcès des os, résultat de l'infection osseuse par certains micro-organismes n'est qu'une forme clinique de l’ostéomyélite ; forme anormale, il est vrai, qui n’a qu’un seul caractère commun avec l’ostéomyélite suppurée banale, celui d’être provoqué par des germes identiques; en l’espèce, le staphylocoque. La différence consiste dans la prépondérance de l'infection dans la partie centrale de l'os avec intégrité ou tout au plus lésions minimes des couches périphériques.
L'ostéomyélite aiguë des adolescents présente uniquement des lésions de la substance vivante de l’os, la moelle osseuse, la substance calcaire n’étant intéressée que secondairement. Cette moelle osseuse centrale ou sous-périostée est anatomiquement la même, mais ses lésions diffuses d'emblée, n’évoluent cependant pas de façon identique : 1) Dans les formes banales d’ostéomyélite où les lésions sont étendues:
il y a nécrose d’une partie plus ou moins grande de la dia-
physe ; 2) Mais il peut y avoir des formes limitées à la formation d’un abcès sous-périostique sans participation apparente de la moëlle centrale et guérissant par la simple incision; 3) De même la partie centrale peut être le point de développement des microorganismes qui peuvent s’y localiser et y persister ainsi que dans le tissu spongieux de la diaphys?, produisant alors les lésions propres aux abcès osseux. L’atteinte périphérique se manifesterait par une inflammation discrète dont l’hyperostose superficizlle et diffuse serait la signature. Il n’y aurait qu’un foyer suppuré central sans collection périphérique comme dans l'ostéomyélite banale.
-À la suite de réactions inflammatoires banales causées par la présence d'éléments microbiens dans la molle, réactions qui peuvent suivant la virulence de l'infection se traduire cliniquement par de la fièvre et de la douleur ou passer
inaperçus il y aurait formation d’un foyer central d’ostéite
raréfiante caractérisée par un élargissement des espaces mé-
dullaires (observ. Blak), cette ostéite raréfiante serait réalisée : 1) soit par une nécrose produit: par l’arrêt de l'apport sanguin causé lui-même par un étranglement des vaisseaux dans des canaux osseux inextensibles; 2) soit par un phénomène d’ostéolyse produisant la résorption osseuse quand l’ac-
tivité de la circulation sanguine est augmentée au niveau d’un
territoire osseux (Leriche et Policard); 3) soit par l’interven- :
tion d’un processus de destruction osseuse par ostéoclasie.
. Pour expliquer la formation de ces abcès, Lannelongue
FRET Es
et Comby considèrent la lésion élémentaire constitués par un abcès sous-périosté. « Supposons, écrivent-ils, un abcès sous- « périosté limité; le périoste est décollé, soulevé par le pus; « au bout d’un certain temps, la réparation se fait autour de « l’abcès, les dépôts osseux se montrent dans l’épaisseur du « périoste formant un2 véritable coque osseuse nouvelle qui « S’implante sur l’os ancien à la circonférence de l’abcès et « emprisonne entre elle et la surface osseuse ancienne une « collsction parfaitement limitée. L'abcès, d’abord sous-pé- « riostique devient intra-osseux par ce mécanisme ». |
Le fait que l’abcès est presque toujours central ne cadre pas avec cette explication.
Piquet et Cyssau pensent que la conception de Lannelongue contient malgré tout une part de vérité « à la condi- « tion de considérer la lésion élémentaire constituée non par « un abcès sous-périosté, mais par une médullite diffuse « n'ayant pas provoqué de suppuration extérieure. » Leur observation (8) que nous avons rapporté: leur fournirait la p'euve de l’exactitude de leur interprétation.
La différenc: des lésions de l’abcès osseux et celles de l'ostéomyélite banale des adolescents s’expliquerait par une différence dans la virulence microbienne (Leber, Kocher, Metchnikoff).
Il est indéniable qu2 certains microbes, le bacille d’Eberth en particulier, certaines variétés de streptocoques, le
non hémolytique surtout (observation Phémister et Gordon,
Ropke) peuvent provoquer des lésions osseus?s moins graves que celles provoquées par le staphylocoque.
Lorsqu'il s’agit de ce microbe et dans les cas d’abcès survenus chez des individus ayant autrefois présenté une localisation d’ostéomyélite dans un point différent du squelette, il y aurait eu atténuation à la longue de la virulence microbienne et en plus, vaccination de l'organisme. Mais dans les cas plus intéressants où l’abcès osseux est strictement primitif sans aucune autre lésion staphylococcique des os, admettre que cette affection est le fait d’une moindre virulence microbienne ne paraît pas évident du tout (cas de Stern Ï).
A. B. Wilensky, de New-York trouve une explication.
Voici comment A. B. Wilensky, de New-York, explique la formation de l'abcès osseux : ce mécanisme est très simple ; c’sst au niveau du tissu spongieux de la métaphyse que se font les ramifications terminales des vaisseaux nourriciers de l’os ; le blocage par une embolie microbienne d’une de ces fines arborisations vasculaires détermine :
1° Une lésion inflammatoire de petite dimension;
2° Un foyer dont l'extension se trouve limitée par du tissu osseux ;
3° Et dont la virulence se trouve atténuée par suite de l'absence de voies lymphatiques et vasculaires de décharge qui balaieraient les substances de déchets d’origins microbienne. Ce dernier fait explique la stérilité de certains de ces abcès.
RAR Re
Nous admettrons avec cet auteur, Siwon 2t Romani, comme étiologie une embolie dans une artère interosseuse d'où résulterait un petit foyer de nécrose qui s’entouré d’os cond=nsé. L’abcès se formerait en second lieu quand la raréfaction osseuse se produit, il y aurait par conséquent une période de latence dans laquelle la résistance organique d’une part et celle de la partie qui s’abcède due à la prés=nce d'os sclérosé d'autre part, mettraient l'organisme dans une phase d'attente qui peut être de longue durée. Dès qu'’interviendrait une cause débilitante quelconque ïl s’ensuivrait la phase d’activité de l’affection elle-même. M. Turkus a vu des douleurs caractéristiques des abcès des os apparaître quatre jours après une intervention pour appendicite. Dans le cas de Rendu, la gripp: a peu-être réveillé une infection jusque-là
latente.
Anatomie - Pathologique
Autrefois la dissection soigneuse des membres amputés pour « ostéite névralgique » et l'examen des pièces après la trépanation ; de nos jours, la radiologie et les nombreuses interventions chirurgicales pratiquées pour « abcès osseux » ont permis de faire de ces lésions une étude anatomo-pathologique poussée et précise. |
Siège. — Le sièg: des abcès est variable. Tous les os. peuvent en être atteints cependant dans la presque totalité des cas, l’abcès se développe dans un os long et le tibia est l'os de prédilection. Viennent ensuite le fémur, le radius, l’humérus, le cubitus, le péroné et les métacarpiens. Une observation de Jaboulay et Alamartine et une de Mac Williams ont trait à un abcès calcanéen mais l'examen bactériologique n’a malheursusement pas été fait, ou n’a rien donné (Mac Williams). |
Dans la statistique de Golay sur 113 cas, on trouve gt abcès du tibia; o du fémur, 5 de l’humérus, 3 du maxillaire inférieur, 2 de la clavicule. Il est vrai que beaucoup de ces observations concernent des ostéomyélites, des tuberculoses
juxta-articulaires et même des gommes syphilitiques.