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LA DOULEUR

Les caractères assez spéciaux de cette douleur, peuvent à eux seuls faire évoquer l’idée d’abcès des 0S.

Au début, leur intensité est moyenne : c’est une simple gêne douloureuse, sourde, vague, peu intense, donnant une sensation de tiraillement dans le segment osseux afteint, mais n’empêchant pas la marche, et, permettant au malade une vie normale. Déjà cette doulzur est intermittente, n’apparaissant qu'après la marche (Romani, obs. 2), la fatigue, les efforts, avec des rémissions complètes survenant soit le matin au réveil, soit au contraire à la fin de la journée. Golay et Duplay insistaient sur l’influence de la marche, le repos calmant partielliment ces douleurs, et, sur l'importance de la pression atmosphérique, certains malades souffrant davantage par temps humide et froid. Dueno (obs. 3) cite par contre un malade qui souffre moins à la marche qu’au lit. Chez un patient de Mac Williams (obs. 5), il en est de même. Les périodes d’accalmies sont plus ou moins longues : certains malades n’ont que quatre ou cinq crises par an (Stern) sans aucune manifestation dans leur intervalle.

La durée des crises varie de quatre à six semaines (Mac Williams) à quelques jours seulement (Janssen, obs. 1 et 2).

Peu à peu, les accès douloureux se rapprochent, présen-

tant une intensité et une durée graduellement croissante. En-

fin, au bout d'un temps variable, souvent très long, ces dou-

leurs s'installent, devenues extrêmement vives, continus avec exacerbations nocturnes d'une violence intense. Presque toutes l2s observations signalent cette recrudescence nocturne; c’est un caractère des plus typiques.

Pour beaucoup de malades, c'est une douleur lancinante ou contusive profonde qui devient si vive la nuit qu’elle entraîne une insomnie constante.

En 1856, Perret, dans sa thèse cite le cas d’un malade qui ne dormait plus depuis six mois. Quelquefois, 1:s accès douloureux reviennent à heure fixe, réveillant le malade au milieu de son repos. Cette privation de sommeil est une des conséquences les plus fréquentes en même temps qu’une des plus pénibles des abcès des os, aussi est-elle souvent le premier phénomène accusé par le malade lors de son interrogatoire.

Ces paroxysmes douloureux sont quelquefois d’une violenc: telle que certains malades, comme celui de Dujarier, réclament l’amputation du membre douloureux. Ils peuvent faire penser aux douleurs ostéocopes des lésions syphilitiques et faire pratiquer une réaction de Wassermann, voire même un traitement spécifique, toujours inefficace mais provoquant parfois une exagération des douleurs (Le Fort, obs. 2).

Le siège de ces douleurs est, en général, nettement localisé, il correspond d’ailleurs au siège de l’abcès, mais, ce ca-

ractère n’est pas constant et certains malades décrivent, en

outre, des douleurs i radiées dans tout le m2mbre ou dans des directions variables.

Actuellement, à côté de ces abcès dont la douleur est la manifestation principale, douleur typique, d’intensité et de durée croissante, à exacerbation nocturne et avec rémissions, il faut décrire des abcès peu douloureux se traduisant par un minimum de signes cliniques st seulement révélés par la radiographie.

Dans une observation de Lecène, il n’y eut qu’une douleur vive et fixe au début. L’abcès du radius qu’il relate évolua sans paroxysme nocturne, sans fièvre; seuls la tuméfaction osseuse donna l’idée de pratiquer une radiographie qui montra la géode osseuse.

Dans certaines ôbservations (Rendu, Piquet, Van Neck), la douleur est très atténuée ou même. manque complètement.

D'autre fois enfin, le sujet jusque-là bien portant ressent une douleur aiguë qui peut d'emblée atteindre son maximum et être continue, sans rémission (Grégoire).

Il st à remarquer que l'intensité de la douleur n’est pas en rapport avec le volume de l’abcès, et-l’on peut voir de tout petits abcès s'accompagner de phénomènes douloureux extrêmement accentués (Siwon).

Cette douleur résist: ordinairement aux antinévralgiques, le traitement vaccinal peut parfois la faire cesser ou

tout au moins l’atténuer (Mondor et Lapeyre, Grégoire),

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