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La coupe à travers la membrane pyogène montra une grande agglomération de tissu fibreux parsemé de petites cellules. Le tissu splénique environnant, paraissait dégénéré, on notait la présence de tissu fibreux, des zones de ramollissement, quelques amas de granulations, d'innombrables hémorragies légères. Un vaisseau important présentait une érosion de ses parois et semblait être sur le point de se rompre ; sa lumière était obturée complètement par une sorte de gelée.
Dans le reste du parenchyme, on trouvait un envahissement du tissu fibreux et d’amas cellulaires avec de petites hémorragies. Les glomérules de Malpighi étaient très clairsemés ; il y avait hypertrophie cellulaire dans les glomérules et quelques cellules commençaient à subir les atteintes de la dégénérescence.
OBSERVATION XII.— CH. LENORMAND et J. SENEQUE
M'"° H..., 32 ans, entre à l'Hôpital Saint-Louis le 3 février 1923. La malade vient à l’hôpital pour des douleurs abdominales, prédominantes dans la région de l’hypocondre gauche et accompagnées de fièvre. En l’interrogeant, on apprend qu’elle est alitée depuis plus d’un mois avec une fièvre continue, quelques vomissements, un affaiblissement marqué ; elle a notablement maigri. Ce n’est que depuis quelques jours qu’elle souffre du ventre.- Aucun diagnostic précis n’a été fait avant son envoi à l’hôpital, motivé surtout par l’intensité des phénomènes douloureux.
A l’entrée, la température est à 38° 3, le pouls à 100. La malade se plaint de souffrir beaucoup, il y a un peu de contracture des muscles pariétaux dans la région supérieure et gauche du ventre, mais comme il n’existe pas de météorisme, la palpation est facile. Elle révèle immédiatement l’existence d’une grosse tumeur ovoïde, lisse, régulière, qui remplit l’hypocondre et le flanc gauche, disparaît en haut sous le rebord costal, affleure en avant l’ombilic et le dépasse en bas ; son grand axe est oblique en bas et en avant, son bord antérieur est arrondi, régulier, sans incisure appréciable ; en arrière,
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elle présente un certain degré de contact lombaire. La consistance est élastique et ferme sans fluctuation. La percussion donne partout de la matité. L’exploration de cette tumeur est très douloureuse et arrache des cris à la malade, L’auscultation du poumon gauche ne révèle rien d’anormal. Le reste du ventre est souple, indolore, sans trace de réaction péritonéale. |
L'impression qui se dégage de ce premier examen est que cette tumeur est une rate hypertrophiée ; cependant, en raison du contact lombaire, on fait quelques réserves sur une localisation possible dans le rein. Cette hypothèse semble se confirmer les jours suivants, car les urines sont peu abondantes (150 à 200 grâmmes à certains jours) et troubles et l’on y trouve quelques globules rouges et blancs. Maïs un cathétérisme urétral pratiqué le 23 février, montre que l’uretère gauche est facilement perméable et que l’urine recueillie directement dans le bassinet est normale. On revient au diagnostic de tumeur de la rate.
Pendant toute cette période d’observation, la température oscille entre 38° et 39° 2, atteignant même un soir 39°6 ; le pouls varie de 90 à 110 ; les douleurs spontanées sont toujours aussi intenses ; l’état général va en s’aggravant.
Opération le 27 février 1923. — Chloroforme. Incision transversale gauche, tangente au rebord costal et atteignant en avant la ligne médiane, de façon à donner accès à la fois sur le flanc et la zone lombaire; section des muscles, ouverture du péritoine sur la saillie de la tumeur. 2
La cavité purulente est libre d’adhérences et ne renferme pas de liquide. La tumeur est une énorme rate complètement libre sur sa face externe.
Au pôle inférieur existent quelques adhérences épiploïques que l’on sectionne après ligature. On dégage alors successivement ce pôle inférieur, puis le pôle supérieur en décollant au niveau de ce dernier, quelques adhérences lâches qui l’unissent au diaphragme. La rate élant ainsi complètement extériorisée, on pince et on coupe d’abord l’épiploon gastro-splénique, puis le pédicule splénique dont les vaisseaux sont très dilatés.
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Les pinces sont remplacées par des ligatures, la loge splénique est nettoyée soigneusement et la paroi refermée par une suture à 3 plans, sans drainage. L'opération a été très simple et très rapide.
Suites opératoires. — La malade se réveille bien ;
les douleurs ont diminué. La température descend.
le soir à 37°8, mais le lendemain matin elle monte brusquement à 40° et se maintient en plateau entre 39° 5 et 40°. En même temps, le pouls s’élève à 140, 160 ; la respiration s’accélère, et l’on note tous les signes d’une septicémie suraiguë, sans que la malade présente la moindre réaction du côté du péritoine de la plaie. Malgré tous les traitements d’usage en pareil cas, elle meurt le 3 mars avec une température de 40°6.
Examen de la pièce. — La rate enlevée pèse 1.080 grammes. Son aspect extérieur, sa coloration sont normaux, mais en plusieurs points, elle est marbrée de taches blanc-grisâtres, arrondies ou ovalaires, des dimensions d’une pièce de 2 ou 5 francs ; deux de ces taches, l’une vers ie pôle inférieur, l’autre au voisinage du hile, correspondent à des zones ramollies, fluctuantes, manifestement abcédées. À la coupe, chaque tache de la surface répond à la base d’un infarctus blancjaunâtre, triangulaire, tranchant nettement sur le reste du tissu splénique, les deux zones ramollies sont des abcès à pus hématique, gros comme un œuf de pigeon, limitées en dehors par la capsule.
L'examen bactériologique du pus(examen direct et cultures) y révèle la présence de pneumocoques à l’état de pureté.
Les coupes histologiques de la rate ont été examinées par M. Lecène qui nous a remis à leur sujet la note que voici :
1° Absence de toute périsplénite fibreuse ;
2° Intégrité anatomique de toute la portion du parenchyme.splénique qui se trouve à distance de l’abcès;
3° La paroi de l’abcès est formée par du tissu splénique nécrosé et infiltré, d’un grand nombre de polynucléaires.
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De cet examen, il paraît légitime de conclure que l’abcès splénique, dont la paroi a été étudiée, est, en réalité un infarctus suppuré.
OBSERVATION XIII. — WELMAN (1904).
Abcès de la rate probablement consécutif à la malaria. . Opération. Guérison.
Nom : Memlos.
Age : 6 ans.
Sexe : Féminin.
Date de l’admission : 3 avril 1903.
Etat au moment de l’admission : maigre, pâle, rate augmentée de volume, sensible et chaude. La température est 102° 6 Farenheit. Décubitus dorsal, avec jambe gauche pliée sur la cuisse. L’examen du sang montre une infection de moyenne intensité due aux parasites de la fièvre tierce maligne. On remarqua seulement des corps en rosace, mais peu de croissants. Le résultat de la numération des divers leucocytes fut le suivant :
Leucocytes polynucléaires. . 51,5 % Eymphoéyieskf® less tisse 22 -% Grands mononucléaires. .. .. 19,5 % FOSINOpPRHÉS EL Re DE 3 Formes de transition. . ..... 4
Histoire de la maladie. — D’abord fièvre intermit-
tente, puis fièvre rémittente (en ce moment, la malade est atteinte de fièvre rémittente). Frissons, sueurs profuses, douleurs fixes, pertes de l’appétit et symptômes nerveux.
Diagnostic : Pensant ne pouvoir découvrir la fluctuation, je ponctionne la rate et, du premier coup, l’aiguille laisse sourdre du pus.
Opération. — L’incision fut faite assez près du dos, et, une fois libéré des adhérences, l’abcès fut ouvert et drainé largement, comme un abcès du foie, par un gros drain. Un grand pansement fut fait, et une potion cordiale administrée au malade,