‹ Contribution a l'étude des Abcès Développés Dans Le Sinus MaxillaireChapitre 8 sur 17 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Cas d'amaurose par la carie d'une dent. — Observation de M. le docteur Galenzowski, professeur-adjoint à l'Université de Wilna

EF. P., 30 ans, bonne constitution, rhumatisant, ressentit tout à coup, en l'automne 1825, une douleur très forte partant de la fosse temporale gauche, s'étendant à l'œil et à la face du même côté, et qui fut attribuée à un refroidissement

subit. Cette douleur, assez aiguë, persista plusieurs jours, puis

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diminua et reparut de temps à autre. Mais deux mois plus tard, elle acquit une intensité telle, en oecupant particulièrement l'œil, que cet organe semblait au patient être sur le point de sortir de son orbite. Alors apparut une amaurose qui persista malgré les soins : seulement, les douleurs cessèrent d’être continuelles et, en affectant une sorte de périodicité, laissèrent quelques heures de calme dans le courant de la journée.

Cet état se prolongea pendant six mois ; les douleurs reprirent alors avec une nouvelle force ; la joue se tuméfia, et, dans la nuit, un écoulement de quelques cuillerées de matière sanguinolente eut lieu par la paupière inférieure, après quoi, la joue revint à son état normal et la douleur diminua tellement, qu'elle fut à peine ressentie dans la région temporale ; cependant, la cécité resta complète.

Trois semaines plus tard, l'écoulement reparut et se réitéra de la même manière pendant environ six mois, durant lesquels le mal fut à peu près supportable.

Dans l'hiver de 18926, les douleurs de l'œil devinrent si violentes, que le malade se décida à se le faire enlever.

Galenzowski vit le malade à ce moment.

Amaurose complète, pupille dilatée; pas de modification des paupières ni du globe ; pas de tuméfaction à la face.

Le malade n’endurait pas de douleurs aussi violentes qu'à l’ordinaire, mais éprouvait par instants de violents picotements à la tempe et à la région sus-orbitaire ; 11 montrait aussi un oreiller couvert de taches rouge pâle produites par l'écoulement purulent de la paupière inférieure.

Galenzowski fixe particulièrement son attention surcetteissue de matière purulente et ne peut s'en rendre compte qu'en admettant qu'il venait du sinus maxillaire dans lequel il s'était accumulé ; après quoi, 1l s'était frayé une issue à travers la paroi supérieure de cette cavité, dans le point même où se trouve le canal sous-orbitaire. Il pense, en outre, que la

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cécité pourrait dépendre de l’action irritante du pus ou des bords inégaux de la portion perforée, et peut-être carice de l'os, sur les nerfs de la vision ; et, comme d’un autre côté, il savait que la suppuration de l’antre d'Highmore reconnait souvent pour cause une carie dentaire, il s'informa s’il ny avait pas de dent gâtée et si le mal n'avait pas débuté par des douleurs de dent.

La première molaire gauche, en effet, se cariait depuis longtemps, mais il en avait peu souffert. Malgré cela l’avulsion fut décidée, ne fût-ce que pour ouvrir .une voie au pus. La dent arrachée, on trouva à l'extrémité de la racine un corps irrégulier blanc jaunâtre, qui n’était autre chose qu'une esquille de bois de 3 lignes de longueur.

Une quantité de pus s’écoula par l’orifice, et après quelques lavages continués pendant neuf jours, la guérison se fit et la vision reparut à l’œil amaurotique.

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