‹ Contribution a l'étude des Abcès Développés Dans Le Sinus MaxillaireChapitre 9 sur 17 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Publiée par Foucher)

Inflammation du sinus maxillaire. — Suppuration et ophtalmie. — Abeës du cerveau. — Mort

Zoé D..., âgée de 58 ans, est entrée, le 28 décembre 1855, à la Charité, salle Sainte-Anne, 28, pour affection du sinus maxillaire. Cette maladie, dont le début remonte à deux ans, s’est annoncée par une tuméfaction légère, avec rougeur de la peau et douleur de la joue du côté gauche. Le gonflement s’étendit bientôt à toute la gencive, et fut suivi de la perte de

toutes les dents molaires de ce côté.

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Jusqu’alors, la malade s'était bien portée, et elle était seulement sujette à des céphalalgies fréquentes, qui devinrent plus vives à partir du moment où elle commença à souffrir de la mâchoire: Cependant, la tuméfaction augmenta insensiblement, et la douleur devint plus intense. Aucun traitement ne fut suivi; ce nefut qu'en novembre que la malade alla à Paris et bientôt une autre tumeur, dont le début s’accompagna d’une fièvre intense, se manifesta au cou, du côté gauche. C'est alors, que, souffrant de plus en plus, elle se décida à entrer à l'hôpital (fin décembre 1855).

Cette malade à la joue gauche sensiblement tuméfiée. La peau de la région est rouge et chaude. La pression détermine une douleur très vive et permet de déprimer la tumeur, qui parait reposer sur une lame flexible et revenir sur ellemême. En se rapprochant du nez, on trouve une surface dure ; mais à ce point la paroi osseuse crie en craquant.

La tumeur du cou est rouge et siège évidemment dans les ganglions. À cet état local se joint une réaction fébrile forte ; la malade est dans l’abattement.

M. Guérin, chirurgien de service, fait une incision à la gencive au-dessus de la première grosse molaire, il sort un liquide séro-muqueux ; un stylet introduit dans le sinus montre que la partie supérieure de la cavité est dénudée. Le gonflement ne diminue pas, malgré l'écoulement du liquide et les injections de vin aromatique. Le pus devient sanieux ; la fièvre continue ; la malade n'entend plus de l’oreille gauche.

Le 15 janvier, la tumeur du cou, devenue fluctuante, est ouverte et la plaie ne se cicatrise pas, malgré des injections de teinture d’iode.

1 février.— Trouble digestif ; le ventre se ballonne ; l’abattement etla fièvre augmentent, subdélire. La plaie suppure toujours, et la cavité du sinus fournit un pus sanieux et abondant.

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Légère amélioration du 42 au 28 février, qui nese maintient pas ; du 1 au 48 mars, la malade s’affaiblit de plus en plus, le pouls devient plus fréquent, l'appétit est nul, l'abattement extrême.

8 mars. — Les paupières présentent un léger gonflement et, le lendemain, il y a une forte exophtalmie ; l'œil est déjeté en bas et en dehors. Les paupières rouges, tendues, œdématiées, : la conjonctive boursoufflée, toute la circonférence de la cornée, qui disparait au fond d’une dépression circulaire, et le fond de l'orbite sont le siège de douleurs pulsatiles qui s’irradient au front et à la tempe. La vision n’est pas perdue, mais tous les objets paraissent doubles.

15.— La peau des paupières présente çà et là quelques points gangrénés et la cécité est complète.

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