‹ Contribution à l'étude des abcès du foie chez l'enfantChapitre 32 sur 35 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Omonr. Normandie médicale, 1869, p. 216.

Abcès du foie chez un enfant de 5 ans. Méthode de Récamter.

En 1888 un enfant de 5 ans avait été soigné pour une phtisie aiguë à forme pneumonique, et avait guéri relativement en conservant une caverne au côté droit.

Le 15 mars de l’année suivante il fut amené à mon cabinet : il était depuis huit jours un peu souffrant, l'appétit diminué,

le sommeil mauvais. En procédant à un examen minutieux, je

découvris dans l’hypochondre droit, au-dessous du rebord des

fausses-côtes, à trois doigts de la ligne blanche, une tumeur dure, mate, peu douloureuse, du volume d'un œuf de poule, plongeant sous ce rebord et se continuant avec le foie. Elle semblait appartenir à la vésicule biliaire ou à l'éminence postantérieure. Je fis mettre le malade au lit et attendis.

Le 17 mars. — La tumeur avait augmenté; son indépendance de la paroi abdominale était absolue, pas de rougeur ni d'œdème de la peau : douleur locale très légère. Etat général

satisfaisant. Constipation.

Du 17 au 22. — La tuméfaction augmente encore, mais elle devient douloureuse à la pression et par la toux. La fièvre est légère, elle atteint une fois 3805, Etat général moins bon, appétit nul.

Le 22. — On fit le diagnostic d’hépatite en voie de suppuration.

A ce moment il n'y avait pas trace de fluctuation ; pas de saillie de la tumeur à l'extérieur, toute la moitié supérieure du côté droit de l'abdomen était peu à peu envahie. En haut c'est une masse dure et volumineuse ; au-dessous et descendant plus bas que l’ombilic, c’est une nappe résistante, mais peu épaisse,

Le 3 avrilapparaissait dans le flanc droit, un peu au-dessous de la ligne ombilicale, un léger œdème de la paroi : à ce niveau on trouve une légère proéminence de la tuméfaction, sans rougeur ni adhérences de la peau. Je n'ose affirmer avoir senti la fluctuation. Quoi qu'il en soit le lendemain, je fais à ce niveau une large application de pâte de Vienne, et quatre jours après sans autre intervention il s’échappait un flot de pus par la plaie de l’eschare. Ce pus ne présentait ipas les caractères du pus phlegmoneux ; il était plus fluide et ressemblait à de la lie de cidre, charriant une petite quantité de détritus dont je n’ai su reconnaitre l’origine, mais bien différents des lambeaux de tissu cellulaire du phlegmon. Après l'ouverture du foyer, fréquents lavages au sublimé. Pas de complications.

Au quatrième jour, écoulement presque nul ; la tuméfaction a diminué ; la douleur, la fièvre et l'inappétence ont disparu.

En 8 ou 10 jours, le petit malade était revenu à son état nor-

mal.

À la place de l’eschare il n’y avait plus qu'une plaie superfi-

ficielle;. dont je ,réprimai vite les bourgeons :charnus.avee le nitrate d'argent.

: L'intervention eut des,suites aussi heureuses que:la laparotomie la, mieux conduite. Je, pense que. la. méthode de Récamier demeure pour le petit médecin de campagne le seul procédé:pratique. de. traitement des suppurations du foie ; je crois ce procédé capable de donner des résultats satisfaisants et qu’ilest préférable ‘pour la campagne à l’incision directe qui réclame des aides, un --tempsiet une habileté opératoire.qu'on ne.saurait rencontrer.en

- dehors des grands hôpitaux ou: des grandes fortunes.

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