X° OBSERVATION
(Journ. des Mal. cut. et typh., 1897, BirLaro.)
X..., étudiant, contracte chaudepisse en mai 1897. On essaie en vain traitement abortif au permanganate. Suppression des lavages et administration de dix capsules de potion de Chopart.
Période aiguë de la maladie, avec mictions et érections douloureuses, écoulement jaune verdâtre, abondant, et contenant des gonocoques.'
Cing jours après suppression des lavages, douleur au niveau d’un ganglion de l’aine droite; le lendemain apparaît, sur la face dorsale de la verge, au tiers postérieur, un cordon dur, sous-cutané : léger œdème diffus de toute la région, contrastant avec l'intégrité du tiers antérieur de la verge et du sillon balano-préputial. Seules, les lèvres du méat sont saillantes et rouges. — Pansement humide n’amène pas d'amélioration.
Peu à peu, l’œdème aparait vers la partie antérieure ; le cordon de lymphite devient moins net; il: s'étale à la base comme un demi-anneau, se prolongeant en deux larges pointes sur les corps caverneux. 11 se forme une tumeur dorsale du tiers postérieur de
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la verge, mal limitée à cause de l’œdème et donnant à l'organe une forme arquée, bombée à la partie supérieure.
Palpation douloureuse ; pas de fluctuation ; écoulement uréthral diminué, mais épais et jaunâtre.
Cinq jours après l'apparition de cette lymphite, le malade éprouve ‘des frissons légers, répétés ; il se produit au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne de l’index gauche une tuméfaction douloureuse. Langue saburrale ; inappétence : diarrhée. En même temps, la tumeur de la verge acquiert le volume d’une petite noix.
Régime lacté absolu ; lavages au permanganate; immobilisation et enveloppement des régions articulaires malades.
L’articulation s'améliore, mais la région dorsale de la verge est plus douloureuse ; la tumeur enserre la verge en un large anneau. Langue saburrale ;. constipation.
Le lendemain, purgation et séjour au lit : température du soir, 38°%6.
Le jour suivant, la ponction de la tumeur ramène une goutte de pus épais, louable. Immédiatement, M. le Professeur Audry fait une incision de deux centimètres à droite de la ligne médiane : il s'écoule cinquante grammes de pus. L'abcès est vidé et lavé à l’eau boriquée ; gaze iodoformée dans la plaie et pansement humide. d
Guérison rapide. Huit jours après, le malade reprenait son genre de vie habituel.
L'examen du pus, fait plusieurs fois, n’a jamais fait découvrir de gonocoque.
TES Le malade reste en traitement pour sa chaudepisse, qui guérit ultérieurement.
Cette observation de Billard est intéressante à plus d’un titre. On décrit habituellement les lymphites dorsales de la verge, au cours de la chaudepisse, sous des formes bénignes, évoluant sans suppuration vers une guérison rapide. Chez le malade actuel, la Iymphite a abouti à la suppuration avec des phénomènes d'infection générale assez graves ; dans les lymphites suppuratives de même nature, signalées par Cullerier, Bertheraud, Hardy et Billet, on n’avait pas noté une pareille intensité dans les phénomènes généraux.
Dans le cas actuel, l’inflammation était purement localisée aux deux tiers postérieurs de la verge ; le tiers antérieur ne présente point d’œdème ; on ne découvre pas de trace d'infection dans le sillon balano-préputial, qui était soigneusement lavé et poudré. La lésion initiale reste donc entièrement localisée au canal de l’uréthre ; pourtant l’abcès se forme sur le trajet du cordon lymphatique. Les connexions du réseau de l’urèthre avec ceux du pénis, au niveau du méat et de la fosse naviculaire, rendent parer en compte de cette propagation.
Une fois ouvert, l’abcès marche rapidement vers la guérison ; la restauration des tissus n’est nullement entravée par des phénomènes de phagédénisme; ainsi, huit Jours après l'intervention, le malade reprenait son genre de vice habituel, et
le 1°° juillet la cicatrisation était complète : une simple trainée encore dure persistait encore, représentant le cordon lymphatique hypertrophié.
B) ABcÈs LYMPHANGITIQUES CHANCREUX
Ces abcès ont été signalés par nombre d’auteurs : nous rappelons brièvement les noms de Ricord, Rollet, Billet, Verdier et Orval. Malgré cela, ils sont loin d’être fréquents : dans une statistique de Ricord, portant sur 271 cas, nous relatons onze cas de lymphite, dont cinq seulement aboutissent à la suppuration ; nous avons observé dernièrement le cas suivant :
XI OBSERVATION (Personnelle).
X..., 18 ans, se présente, le 26 octobre 1003, au service de M. le Professeur Audry. — Il y a un mois, à la suite de rapports avec une professionnelle, le malade vit apparaître, six jours après, sur la surface interne du prépuce, une petite ulcération dont il ne se soucia guère. Quinze jours après, deux tumeurs se formaient. l’une dans l’aine droite, l’autre au niveau de la racine de la verge ; c’est dans cet état que le malade se présente à la consultation.
Les deux tumeurs, du volume d’une noix, affectant la disposition déjà indiquée, sont distantes d’envi-
Rare Le ron six centimètres et reliées entre elles par un cordon à peine perceptible à cause de l’empâtement environnant. À leur niveau, la peau est rouge, luisante; à la périphérie, les tissus sont légèrement œdématiés. La palpation, excessivement douloureuse,met en évidence la fluctuation. |
De la partie antérieure de la première tumeur se détache un cordon induré qu’on suit le long de la face dorsale du pénis et qui aboutit à une ulcération siégeant sur le prépuce, ulcération non indurée et taillée à l’emporte-pièce.
Dès le lendemain de son entrée, après antisepsie préalable de la région, une double incision est faite au niveau des deux tumeurs : il s'écoule du pus jaunâtre en quantité relativement abondante. La peau est décollée sur toute la périphérie.
On lave, on draine avec une mèche de gaze iodoformée.
Le lendemain, en renouvelant le pansement, on constate que les deux plaies communiquent par un trajet fistuleux; séance tenante, on réunit les deux plaies par une incision de cinq centimètres environ, portant sur le trajet; on laisse une mèche de gaze dans la plaie et l’on recouvre.
Pansement quotidien des abcès et du chancre; de temps en temps, attouchements au nitrate d’argent. La cicatrisation s'opère assez régulièrement et, le 19 novembre, le malade est en assez bon état pour quitter lé service.
Il mit encore trois semaines à se cicatriser d’une
manière complète.
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