‹ Contribution à l'étude des abcès du pénisChapitre 28 sur 36 · X..., 50 ans, de constitution robuste · texte numérisé non relu

X..., 50 ans, de constitution robuste

Plusieurs années auparavant, le malade avait contracté une chaudepisse qui s'était accompagnée de la production d’un abcès assez volumineux, occupant la face inférieure du pénis, juste sur la ligne médiane et vers la partie moyenne de la verge. L’abcès s’ouvrit spontanément, laissant s’écouler une assez grande quantité de pus et guérit également sans autres soins.

En novembre 1902,1ilse présente àla cliniquede M. le Professeur Audry avec des accidents aigus, identiques à ceux dont il a déjà souffert. Il présente, sur la surface inférieure de la verge, sur la ligne médiane et vers la partie moyenne, une tuméfaction considérable, douloureuse à la pression et manifestement fluctuante. La tuméfaction s'étend de la base du gland à l'angle péno-scrotal. 4

Le malade déclare que c’est la troisième fois qu'il présente des accidents de ce genre : on ne voit pas la cause occasionnelle de ces récidives.

L'incision est faite séance tenante, après antisepsie préalable; un flot de pus s’écoule aussitôt ; l’abcès est

DÉS bien circonscrit ; on ne trouve pas de communication avèc l’uréthre. Le décollement est simplement limité à la face inférieure du pénis. On lave, on laisse une mèche de gaze pour opérer le drainage et l’on fait un pansement occlusif.

Le malade n’est plus revenu faire renouveler son pansement ; on ignore absolument cequ'ilest devenu.

Nous sommes d'autant mieux renseignés sur Ja nature de ces abcès que l’examen microscopique des fragments enlevés a été fait dans le premier cas par MM. les Docteurs Audry et Dalous.

Chacun des points jaunes, visibles macroscopiquement, répondait à une sorte de tube épithélial coupé en travers. Les deux étaient formés d’une bande d’épithélium malpighien parfaitement caractérisé : l’un représentait la section d’un véritable conduit dont l’aire centrale constituait une cavité plus ou moins considérable, suivant les coupes, et qui, à un certain niveau, pouvait passer pour un kyste. L’autre répondait à une invagination en doigt de gant; car, tandis que les premières coupes le représentaient tubulé, les dernières le montraient plein. La cavité était vide ou contenait des amas de polynucléaires. Au pourtour des tubes, l’inflammation était nettement systématisée ; le tissu conjonctif était envahi en totalité par une infiltration extrêmement dense de cellules inflammatoires de types variés.

«Il en résulte, écrivait M. le Professeur Audry, que les tubes épithéliaux représentent manifeste-

TEL ment des invaginations d’une cavité ancienne, limitée par un épithélium ectodermique. Cette cavité et ses dépendances sont assurément le foyer autour duquel se sont développés et répétés les abcès qui ont accompagné chacune des blennorrhagies de notre malade. Il est extrêmement probable que cette cavité a eu avec l’urèthre des communications ; mais celles-ci sont insaisissables; nous ne pouvons pas savoir quel a été l’agent de cette infection. »

Il serait également intéressant de connaitre la nature exacte de cesdiverticules. M. le Professeur Audry a signalé, dansles Archives provinciales de Chirurgie de 1897, un cas de poche uréthrale à parois dermoïdes. Dans la même année, un de ses élèves, Raoust, étudia ces poches congénitales, parfois très considérables, que l’on rencontre sur le trajet du canal et qui constituent de véritables kystes dermoïdes de l’urèthre.

Il est probable que, dans le cas présent, il s’agissait d’abcès developpés autour de ceskystes. Toutefois, il est possible d'interpréter autrement ces formations diverticulaires, qui pourraient représenter un excès de développement des follicules uréthraux. De plus, le revêtement cutané n'aurait, dans ce cas, rien d’extraordinaire, car on pourrait admettre une métaplasie épidermique pareille à celle qui s’observe sur la muqueuse uréthrale, qui a subi une inflammation chronique.

LR

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