HISTORIQUE
Les abcès du pénis ont été observés au cours des diverses affections vénériennes, qui leur impriment parfois des caractères tout spéciaux. Nous en avons trouvé denombreux exemples dans la littérature médicale.
La blennorrhagie a été signalée par nombre d'auteurs comme pouvant s'accompagner de pareille complication.
L'apparition des abcès y a été constatée dès 1831 par Duvergie et en 1838 par Ricord. Voici, à titre documentaire, ce qu’écrivait à leur sujet Bertheraud (1852) : « Le phlegmon de la verge
décèle encore la terminaison d’une lymphite ; il succède souventaux blennorrhagies dites cordées et aux violences qu’un préjugé absurde leur fait subir, sous prétexte de rompre la corde ci tient le membre viril incurvé. »
« Dans des circonstances rares aussi, écrit à son tour le Docteur Reynaud, les gonorrhés s’accompagnent de véritables lymphites du pénis.
Des vaisseaux lymphatiques, l’inflammation gagne le tissu cellulaire qui les entoure, détermine un gonflement plus ou moins considérable de la verge et occasionne parfois de petits abcès souscutanés. »
En 1860, Venot fait, dans le Journal de Médeeine de Bordeaux, une communication sur les abcès péri-uréthraux. Il décrit sous ce nom deux variétés d’abcès qui peuvent se produire comme complication d’une blennorrhagie, mais dont une seule mérite le nom d’abcès péri-uréthral, tandis que dans l’autre ils’agit d’une inflammation des glandules muqueux de l’urêthre. |
En 1861, Cullerier, dans ses Leçons cliniques professées à l'Hôpital du Midi, fait remarquer que la suppuration atteint tantôt les lymphatiques, tantôt le tissu cellulaire environnant ; il signale également la formation, exceptionnelle du reste, d’une fistule consécutive.
La Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie publie également en 1862, sous la signature de Lagneau, trois observations d’abcès
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péri-uréthraux d’origine blennorrhagique, avec cette particularité que deux présentaient le frein du prépuce comme localisation.
En 1864, Hardy fait paraître son Mémoire sur les abcès blennorrhagiques. Pour lui, la fosse naviculaire et le bulbe sont ses deux points de prédilection : il fait remarquer que l'infection blennorrhagique affectionne doublement ces deux régions à cause de l’abondance des follicules muqueux et du tissu cellulaire. Il signale également le phimosis phlegmoneux consécutif à la balanite interstitielle et les abcès qui sont parfois le résultat de la lymphite dorsale dela verge.
A son tour, Billet, en 1877, dans sa thèse inaugurale, publie un certain nombre d'observations où la lymphite blennorrhagique aboutit souvent à la suppuration. Pour lui, cette terminaison serait due tantôt à l’influence de certaines injections abortives, telles que le nitrate d'argent, tantôt à une intensité particulière de l’inflammation uréthrale.
Dans son 7raité des maladies vénériennes, Jullien consacre quelques lignes aux abcès périuréthraux et au phlegmon de la verge : il admet qu’ils peuvent survenir spontanément, dans certains cas, mais généralement ils succèdent à un traumatisme (rupture de la corde, excès vénérien, etC...:).
Pour terminer cet historique sur les abcès d’origine blennorrhagique, il nous reste à signa-