HONTE ES
Les profonds prennent naissance dans le gland par un double réseau superposé communiquant en avant au niveau du méat avec le réseau de l’urêthre et en arrière avec celui du prépuce. Leurs troncs collecteurs aboutissent au frein, puis, de là, se dirigeant en haut et en arrière, ils forment une collerette autour de la couronne et se jettent dans un tronc collecteur commun, le lymphatique dorsal profond. Comme le superficiel, ce dernier parcourt la face dorsale du pénis et se bifurque au niveau de Ja racine pour aboutir aux ganglions de l’aine.
La lymphangite de la verge peut revêtir deux formes; l’inflammation peut n’intéresser que les troncs lymphatiques, tout en déterminant autour d'eux, dans le tissu cellulaire environnant, une zone d’empâtement.
Elle peut parfois rester localisée aux réseaux lymphatiques; c’est de l’angioleucite réticulaire ou diffuse. La phlegmasie reste alors localisée à certaines régions de la verge voisines de la lésion initiale. |
Mais, généralement, la lymphite est mixte, intéressant à la fois les troncs et les réseaux. L’inflammation, d’abord localisée, s'étend progressivement et gagne peu à peu les diverses régions du pénis.
Mais, quelle que soit la nature de la lésion initiale, la lymphite ne se manifeste, au début, que par une sensation de pesanteur de l'organe,
CASE L DERE
L’érection l'exagére ainsi que la pression du dos de la verge. Puis la douleur apparaît, s’irradiant vers la racine du pénis, parfois même le long de la cuisse.
Déjà des modifications surviennent du côté de la verge. Le prépuce se tuméfie du fait de l’infiltration œdémateuse du tissu cellulaire. La peau du fourreau se modifie également dans son épaisseur et sa consistance.
Du prépuce, la rougeur s'étend sur le reste de l'organe ; la température locale s’élève. Des trainées rouges suivent les faces dorsale et latérale du pénis, se dirigeant vers la racine; ce sont des cordons lymphatiques enflammés, donnant au doigt qui les palpe la sensation de cordons durs, présentant de distance en distance des renflements inégaux; ils aboutissent, des deux côtés de Paine, aux ganglions hypertrophiés.
A cette période, la lymphite peut avoir deux terminaisons différentes : la résolution ou la suppuration, Dans le premier cas, les phénomènes locaux s’atténuent et tout rentre peu à peu dans l’ordre; dans le deuxième cas, les symptômes locaux et fonctionnels s’accentuent : la suppuration apparaît comme terminaison inévitable.
A ja gêne, à la pesanteur du début, succède une douleur intense, spontanée, pulsatile, s irradiant vers la racine de la verge, voire même le long de la cuisse et s’exagérant au moindre contact.
En même temps, de légers frissons secouent le
Sr fBre malade ; la température du corps S’élève. L’anorexie est absolue, la langue sabürrale, parfois même la diarrhée existe,
Du côté du pénis, on observe diverses modifications. L’organe tout entier paraît augmenté de volume. Mais le tissu cellulaire s’infiltre Ià où il est le plus lâche, dans les parties déclives, comme les parties latérales du frein ou la totalité du prépuce. | |
Mais deux cas différents peuvent se présenter : la suppuration peut rester localisée aux réseaux lymphatiques ; nous nous trouvons alors en face d’une Iymphite réticulaire ou diffuse. L’extrémité de la verge peut prendre, dans ce cas, des dimensions énormes, grâce à la laxité du tissu cellulaire, qui est du reste particuliérement lâche et abondant à ce niveau. La coexistence d’un phimosis inflammatoire est habituelle; l’orifice du prépuce reste à peine suffisant pour laisser écouler l’urine ou le pus uréthral. L’organe présente, dans ces conditions, une forme spéciale, celle d’une massue ou d’un battant de cloche.
Si l’on consulte l’état des cordons lymphatiques dorsaux de la verge, on peut constater qu'ils sont eux-mêmes hypertrophiés et roulent sous le doigt qui les explore. :
Dans d’autres cas, au contraire, la suppuration, dédaignant l’extrémité de la verge, qui réagit à peine, affecte particulièrement les troncs lymphatiques. Leur perception n’est pas toujours
RES LE bien nette, car ils sont noyés dans une infiltration ædémateuse du tissu cellulaire environnant. De distance en distance, on perçoit des nodosités ; les ganglions de l’aine sont eux-mêmes gros, durs, douloureux et susceptibles de suppurer eux-mêmes.
Peu à peu, sur le cordon hypertrophié, au niveau d’une seule nodosité déjà décrite ou de plusieurs, on voit apparaitre une légère tuméfaction quis’accroiît dejourenjour.Cettetumeur,médiane, parfois légèrement déjetée sur le côté, donne à l'organe une forme arquée, bombée à la partie supérieure. Au début, elle est dure, mal délimitée, à cause de l’œdème environnant ; la pression y est excessivement sensible. Bientôt la tumeur acquiert le volume d’une noix ; la fluctuation ne tarde pas à y apparaître.
Au lieu d’un simple abcès, on peut en voir apparaitre deux, même trois, quand la lymphite est d'origine chancreuse. Verdier, dans sa thèse, a publié un certain nombre d’observations, où les abcès se disposent en forme de chapelet sur la face dorsale du pénis.
En décrivant, plus loin, les diverses variétés d’abcès, nous nous arrêterons spécialement sur , l'aspect particulier et l’évolution ultérieure que présentent les abcès lymphangitiques, suivant qu'ils sont d’origine gonococcique ou chancreuse.
Mais, de quelque nature qu'ils soient, cesabcès
NE tendent à s'ouvrir spontanément au dehors. Le pus qui s’en écouleest franchement phlegmoneux, parfois sanieux, grisàtre, mêlé de sang.
En même temps, l'ouverture de l’abcès, qu’elle soit spontanée où non, amène aussitôt une détente dans les phénomènes inflammatoires de l’organe malade, ainsi qu’une diminution sensible des symptômes généraux.