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II. — Abcès périfolliculaires

Si les abcès d’origine lymphangitique se développent généralement à distance de la lésion initiale, les abcès périfolliculaires ou périglandulaires se forment, comme le nom l'indique, au voisinage immédiat des follicules enflammés.

Les glandes du pénis sont disposées dans deux régions bien distinctes. Les unes sont situées sous la face inférieure de la verge et l’orifice de leur canal excréteur vient s’ouvrir dans la lumière du canal de l’urèthre ; elles portent le nom de follicules. [ls font leur apparition à deux ou trois centimètres en arrière du méat et s'étendent de là jusqu’à l’extrémité vésicale du canal. Ils sont particulièrement abondants au niveau de la fosse naviculaire; quelques-uns sont très longs, aboutissant au-dessous de la peau adjacente par un trajet

DT ee oblique; cette disposition a été hotamment observée par Beaugrand.

Comme la muqueuse de l’urêthre, celle du prépuce présente également un certain nombre de glandes dont l’orifice excréteur s'ouvre, au contraire, superficiellement. Ce sont des glandes Sébacées rudimentaires, connues sous le nom de glandes de Tyson. Ces glandes siègent de préférence vers le fond de la cavité préputiale, dans le sillon balano-préputial, sur la couronne du

gland et dans les fossettes latérales du frein. = C'est autour de ces glandes infectées que se développent les abcès périfolliculaires ; ils sont le résultat de l'extension de l’inflammation blennorrhagique de la surface de la muqueuse aux tissus sous-muqueux et au tissu cellulaire sous-cutané.

Les écarts de régime, la masturbation, le coït, la rupture violente de la corde en sont généralement les causes habituelles.

L'infection glandulaire, elle, est en général contemporaine de celle de l’urèthre. De la muqueuse uréthrale, le gonocoque gagne facilement les follicules dont l’orifice terminal baigne dans le pus ; d’autre part, les glandes de Tyson peuvent être isolément contaminées par le pus qui s'écoule du méat.

Mais l'apparition des abcès est variable : tantôt ils concordent avec le plus haut degré d’infection uréthrale, tantôt ils se forment à des époques plus ou moins éloignées de la période aiguë.

Les symptômes du début passent généralement inaperçus ; ils n’offrent rien de caractéristique, car ils se confondent le plus souvent avec ceux d’une chaudepisse folliculaire ou cordée.

L’abcès est généralement précédé d’une douleur fixe au niveau du point envahi ; elle y est très vive, parfois même insupportable à la pression. Au palper, on ne trouve d’abord qu’un peu d’empâtement et de dureté; la peau est en général rouge à ce niveau. Au bout de deux à trois jours, la tuméfaction devient apparente, la fluctuation peut y être même parfois évidente.

Nous nous arrêterons plus loin sur la disposition et la forme particulière que peuvent présenter ces abcès.

Suivant l'intensité de l'inflammation, le pénis peut subir des modifications dans sa forme et son volume; l’observation V en est la preuve. Dans ce cas, le prépuce s’épaissit du fait de l’infiltration œdémateuse du tissu cellulaire ; il s'établit même un phimosis transitoire que l’ouverture de l’abcès fera disparaitre.

Dans ces conditions, l’extrémité de la verge peut prendre, grâce à la laxité du tissu cellulaire, des dimensions considérables, qui donnent à l'organe l'aspect d’une massue, d’un battant de cloche.

En même temps, la palpation met en évidence, sur le dos de la verge, les cordons durset flexueux des cordons lymphatiques hypertrophiés.

De pareils phénomènes inflammatoires peuvent s’observer dans les abcès localisés de la face inférieure du pénis, mais ils sont très peu marqués dans les abcès localisés du frein.

Parmi les phénomènes physiologiques le plus souvent notés, nous trouvons un état fébrile FER et un certain degré d’inappétence.

On n'’observe pas de trouble du côté de la miction ; le malade urine aussi facilement que le permet sa blennorrhagie, car tout se passe entièrement en dehors de l’urêthre. Nous ne pourrions pas en dire autant des abcès folliculaires, et c’est précisément un de leurs caractères distinctifs; dans ce cas, la miction est pénible et gênée ; l'urine sort en tire-bouchon ou en double jet.

L'évolution des abcès est en général rapide et régulière ; le foyer purulent une fois formé, la peau qui le recouvre se perfore d’elle-même, en dehors de toute intervention chirurgicale, parfois par deux et même trois petits perthuis. Tel n’est point le cas pour les abcès folliculaires : le pus peut s’évacuer aussi bien à travers la muqueuse de l’urèthre qu’à travers la peau. Dans le premier cas, l’urine séjournera dans le foyer et provoquera un phlegmon ; dans le second cas, rien à craindre si tout se borne là; mais il peut arriver que, la peau abcédée, l’urèthre à son tour se perfore, d’où formation d’une fistule uréthrale.

Le pronostic est donc favorable dans l’évolution des abcès périfolliculaires ; le pus évacué, le

Loge

travail de réparation se fait comme ailleurs; : quand la cicatrisation est obtenue, tout est ter-

miné sous tous les rapports. Il faut cependant

faire une exception : un nouvel abcès peut appa-

raître au même niveau à l’occasion d’une infection

nouvelle ; nous en parlerons plus loin, sous le nom d’abcès récidivants.

CHAPERRE AN

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