DIAGNOSTIC
Le diagnostic de l’abcès sus-costal doit être fait avec des affections différentes selon la période à laquelle il est arrivé.
Pendant la longue période où il n'existe que de la douleur, il est difficile de ne pas croire à l’existence d’une ñévralgie, d'une pleurodynie : une seule particularité pourrait mettre sur la voie du diagnostic, c’est la ténacité de cette douleur, sa fixité; mais s’il y a eu antérieurement soit une fracture de côte, soit une pleurésie, on mettra les phénomènes douloureux sur le compte de ces affections.
Dès qu'il apparaît un gonflement, le diagnostic deviendra hésitant entre l’abcès périostique et différentes tumeurs bénignes ou malignes du périoste et des os, filbrômes, exostoses syphilitiques. — On devra aussi penser à la possibilité d’un lipôme sous-eutané, d’une gomme syphilitique, d’une gomme tubercu: leuse sous-culanée. — Notons qu’à cette période la ponction exploratrice n’est d'aucun secours pour le diagnostic : pas une goutte de liquide ne s'écoule par le trocart. — Quand on observe le malade à une
période plus avancée, quand l’abcès est complètement formé, on peut très-facilement le prendre pour un lipôme, si l’on oublie que celui-ci en diffère essenüellement par deux points : il a une surface bosselée, et il est mobile avec la peau sur les parties profondes. — Qn peut faire aussi la confusion avec une bourse séreuse kystique. — Les abcès phlegmomoneux ordinaires se reconnaîtront à leur marche rapide et aux phénomènes inflammatoires qu’ils provoquent autour d'eux. — Les abcès froids souscutanés qui peuvent se montrer sur les parois de la poitrine comme partout ailleurs n'auront pas été précédés comme l’abcès périostique d’un gonflement dur, adhérent à la côte, et ils seront facilement mobiles en lous sens sur les parties profondes. — Les abcès par congestion venant de la colonne vertébrale, par exemple, pourront être diagnostiqués, si l’on examine attentivement la colonne. — Enfin une suppuration provenant d’un empyème spontané se reconnaîtrait par ce fait que la production de cette tumeur réductible et augmentant par les secousses de la toux a élé précédée des signes de la pleurésie purulente.
Comment reconnaîtra-t-on l’abcès sous-costal ?
Difficilement, dans le plus grand nombre des cas, et l’hésilation du diagnostic durera jusqu'à ce qu’il ait fait issue au dehors, en perforant le pian des muscles intercostaux, eten devenant sus-costal. — S’il reste exactement cantonné dans l’intérieur de la
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cage thoracique et qu’il atteigne des proportions considérables, ilrefoule le poumon et donne lieu aux signes fonctionnels et physiques de la pleurésie purulente enkystée.
Il peut arriver du reste que, comme cette dernière, il finisse par s'ouvrir dans une bronche, et toutes les conditions seront alors réunies pour rendre excusable une erreur de diagnostic. |
Quant à la distinction de l'abcès sus-costal avec un abcès sous-costal envoyant un prolongement à l'extérieur il est fondé sur ce fait que ce dernier augmente de volume par la toux, et qu'il est réductible au moins en parte.