TRAITEMENT
I. — Le traitement général n’a jamais des résultats bien marqués sur la guérison des abcès périostiques.
Les reconstituants sont indiqués: quinquina, iodure de fer, huile de foi de morue, stations thermales, bains de mer. En modifiant avantageusement le terrain, on a des chances d’entraver l’éclosion de la graine tuberculeuse. — Le meilleur trailement général consisterait à enlever le malade du milieu dans lequel il a contracté l'infection tuberculeuse, et cette mesure aurait de grands avantages surtout dans le milieu militaire.
- I — Quant au traitement local, il varie aux diverses périodes :
1° À la période d’induration on pourra utiliser soit la compression, pratiquée avec du collodion ou un bandage de corps. On peut exercer sur la tumeur une action résolutive, bien insignifiante il est vrai, avec des bandelettes de Vigo ou une action révulsive avec la teinture diode, les vésicatoires, les pointes de feu ; on peut essayer enfin des incisions précoces et larges de la tumeur périostique pour la faire avorter.
Quand l’abcès est formé, et bien collecté, et qu'il n'a plus aucune chance de disparition spontanée, faut-il opérer, ou s’en tenir à l’expectation, en insistant sur le traitement général ?
Un certain nombre de chirurgiens agissent encore de cette dernière façon, se fondant sur les deux raisons suivantes ;
A. — Les périostites externes peuvent guérir spontanément après avoir parcouru tous les stades de l'affection tuberculeuse.
Cette chance de guérison est assez rare : le voisinage de la côte fait que, dans le plus grand nombre des cas, si on abandonne le processus à lui-même, il se fait une ostéite superficielle qui empêche dès lors la guérison spontanée : aussi croyons-nous qu'il y a tout avantage pour le malade à aider la nature par
une opération chirurgicale.
B.— Mais, dit-on aussi, une intervention sanglante
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est dangereuse pour le malade car elle ouvre la porte à une généralisation tuberculeuse,. |
Cette idée a été développée par M. Verneuil sous le nom d’auto-inoculation chirurgicale et il se fondait sur des cas où des traumatismes accidentels ou chirurgicaux avaient hâté le développement des accidents généraux.
Mais, à côté de ces cas malheureux, on à des statistiques très-satisfaisantes d'opérations radicales, pratiquées chez les tuberculeux sans la moindre manifestation à distance ; au contraire, on enraye ainsi les accidents généraux qui ont leur source dans l'absorption de principes septiques au niveau des foyers tuberculeux. L'opération ne sera contre-indiquée que si des lésions pulmonaires très-étendues compromettent à brève échéance la vie du malade.
A quelle opération devra-t-on donner la préférence? La destruction de la poche tuberculeuse par les caustiques nous semble périlleuse dans le voisinage si immédiat de la poitrine : cette méthode pourrait donner lieu à des phlegmons considérables et lrèsgraves.
Le procédé général de traitement des abcès froids, si bien indiqué par M. Lannelongue, nous semble à tous les points de vue devoir mériter la préférence :
Il consiste dans le grattage, râclage, curage de l’abcès.
La poche est incisée largement, ainsi que tous les décollements, de façon à mettre complétement à nu
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l'étendue du foyer de l’abcès : alors avec la curette tranchante de Volkmann, on gratte toutes les fongosités de la paroi jusqu’à ce que l’on pense être arrivé jusqu'aux tissus sains.
Au niveau de l'os, où met à nu l'érosion tuberculeuse, quand elle existe, et on râcle avec la curette jusqu’à ce qu'apparaisse le tissu osseux normal.
Dans le cas où il existe un foyer sous-costal on est autorisé, nous le pensons, à imiter M. Hermann- Lossen et à pratiquer la résection d’une portion de côte, non seulement lorsque celle-ci est le siège d’une lésion avancée, mais aussi dans le cas où elle est indemnne de toute altération d’ostéite. M. Berger, dans une observation relatée dans la thèse de M. Citerne, s’est trouvé très bien de cette opération un peu exceptionnelle.
Dans certains cas il survient des récidives au même
point : elles sont dues le plus souvent à ce qu'il est resté une portion de côte non grattée, ou au fragment de la poche.
- Assez souvent aussi il persiste pendant quelque temps une fistule; on peut essayer de la guérir soit avec des injections caustiques, soit en faisant pénétrer dans le trajet fistuleux des crayons d’iodoforme de grosseur variable, obtenus en unissant la poudre d’iodoforme à la gomme adraganthe : on obtient ainsi dessortes de bougiesflexiblesqui pénètrent dans les diverticulums et qui fondent en laissant l'iodoforme en contact avec tous les points du trajet.
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L’immense progrès réalisé par le mode de traitement que nous venons de décrire, l'a été grâce à la méthode antiseptique de Lister, et à la connaissance
de la pathogénie véritable des abcès froids. Cette mé- -thode thérapeutique a été inaugurée en France par
M. Lannelongue qui a bien montré combien elle était rendue nécessaire par le caractère rer de la paroi de l’abcès froid. | 4 ‘2
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