RE | __—“H— : . OBSERVATIONS
D Se OBSERVATION 1.
= Ds Communiquée par M. Panné, interne des hôpitaux.
Da. La nommée D..., Appoline, âgée de 28 ans, concierge, entre DT le 15 mai 1884, salle Sainte-Geneviève, lit n° 20. — Service de Dr clinique chirurgicale de la Charité. | Les antécédents héréditaires me semblent peu suspects. Dans son enfance, elle a eu une santé très délicate. — Diar- rhée fréquente, bronchites faciles, maux d’yeux, croûtes dans les cheveux, glandes sous le cou. — Dans sa jeunesse elle a été très anémique : cependant jusqu’à l’âge de 27 ans, à part quelques bronchites, elle s’est assez bien portée. — Il ÿ a ‘ cinq mois elle a accouché, et a conservé des douleurs vives dans le ventre pendant quelques semaines. | La profession qu'elle exerce est assez pénible : elle est fatiguée, mal nourrie, et dans de mauvaises conditions hygié-
52064 niques , ; Cl © Ily a trois mois et demi, elle a été prise, sans cause con- Le nue d'elle, de points de côté à gauche très intenses dès le pre- Er. mier jour, et qui ont été en diminuant pendant une semaine ;
“elle avait de fréquentes quintes de toux, et une grande diffi- . culté à respirer : en même temps fièvre vive, anorexie, abat- RE = tement: elle se mit au lit. — Un médecin appelé fit le diag- D nostic de pleurésie gauche, et ordonna des vésicatoires. La phase aiguë de la maladie dura deux ou trois semaines; au bout de ce temps elle se rétablit, l'oppression diminua ainsi que la toux, mais elle fut très faible pendant deux mois en-
core environ. ce Le point de côté avait disparu momentanément, puis s'était transformé en douleur fixe, localisée à un point de la paroi
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gauche antérieur et latéral, au-dessous de la mamelle, et qui détermina le médecin à ordonner de nouveau un vésicatoire. — L'état général s'était amélioré.
Il y a deux mois, elle s'aperçoit, en tàtant le point douloureux, de la présence d'une grosseur du volume d’une lentille qui s’accrut peu à peu, lui inspira des inquiétudes et la décida à entrer à l'hôpital.
La malade à son entrée est pâle et faible ; ses lèvres et ses paupières sont décolorées, elle se plaint de son manque de forces, de sa perte d’appétit; sa constitution qui n’a jamais été robuste parait très fatiguée : l'examen du point douloureux montre, en bas et en dehors de la mamelle gauche, une grosseur arrondie, bien limitée, isolable très facilement de la glande mammaire, et présentant les dimensions d'une grosse noix. Elle fait saillie seulement quand on tend la mamelle; la peau à sa surface est normale et se plisse facilement sur elle; la palpitation est très douloureuse.
[ y à une légére mobilité dans le sens transversal et on sent en dedans une saillie résistante qui semble être le pédicule. — On arrive à percevoir de la fluctuation ; la paroi costale voisine n’est pas douloureuse. — Un ganglion douloureux dans l’aisselle gauche.
Le thorax du côté gauche est examiné avec soin et mesuré : il est rétracté manifestement à la partie inférienre; il se dilate moins dans l'inspiration; il transmet moins bien les vibrations vocales; au même point matité qui se prolonge jusqu'au milieu de la hauteur du thorax; le murmure respiratoire est remplacé par des frottements. — La matité et les frottements diminuent à mesure qu'on remonte vers le sommet gauche, et celui-ci pas plus que le sommet droit ne présente de signes certains de tuberculose, mais ils sont suspeets,
L'examen du reste du corps ne présente tien d'intéressant ;
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M. Terrillon porte le diagnostic d'abeès périostique et presrit un régime tonique.
19 mai. — Ponctions aspiratrices dans l'abeès : extraction de 50 grammes de pus environ, pus jaunâtre, bien lié, sans odeur. Aussitôt après la peau se déprime dans la cavité devenue libre, et forme un creux verticalement dirigé de 3 à 4 centimètres de hauteur. — Le diagnostic était donc confirmé et l'opération fut résolue.
25 mai. — Opéralion : La malade est endormie; une incision de 8 ou 9 centimètres découvre la poche qui est incisée: elle est peu épaisse; le pus est jaune, bien lié; la face interne est irrégulière, bourgeonnante, simulant par son aspect une fausse membrane; la partie profonde qui repose directement sur l'os est examinée avec grande attention ; celui-ci n'est pas dénudé; il n'y a pas non plus de diverticule remontant à la face interne de la côte. Après grattage de la poche et enlèvement complet de la fausse membrane, injection de solution phéniquée forte, drains; deux points de sutures, et pansement méthodique de Lister.
Les fragments de la poche sont examinés par M. Dubar, aide de clinique du service, et on découvre la présence de follicules tuberculeux et de bacilles,
Les pansements consécutifs sont faits avec soin. La malade, après quelques jours de réaction fébrile qui reste légère, est soumise à un régime fortifiant et se remet de jour en jour.
La cicatrisation complète de la plaie exigea quelques semaines, un trajet fistuleux s'étant formé et n'ayant cédé qu'à l'introduction journalière d’un crayon d’iodoforme. La malade sortit guérie un mois après l'opération.