‹ Contribution à l'Étude des abcès froids périostiques du thoraxChapitre 19 sur 27 · AD · texte numérisé non relu

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sens, et à 3 ou 4 verticalement; sa consistance est dure; elle est difficile à limiter à la périphérie, et se prolonge à un empâtement des tissus. — Fluctuation très nette au centre. — La douleur est très vive, mais ne se prolonge pas à la périphérie. — Pas de ganglion appréciable dans l’aisselle. — Le thorax de ce côté est légèrement rétracté. — Il y a diminution de l'expansion thoracique à l'inspiration. — Les vibrations thoraciques sont conservées ; matité dans toute la partie inférieure. — Frotiements rudes à l'inspiration. — Dans tout le reste des poumons, on trouve de gros râles de bronchite qui s'entendent à distance. — Aux sommets des poumons on entend des râles sibilants et des craquements ; la percussion révèle de la matité. — Les crachats sont abondants, purulents, analogues à ceux de la bronchite chronique.

L'examen des autres organes ne fait découvrir rien d’im- -

portant ; la malade a depuis quelques années une conjonctivite chronique à sécrétion abondante.

M. Terrillon fait le diagnostic d’abcès périostique des côtes.

20 mai. — Avant l'opération, et comme confirmation du diagnostic porté, M. Terrillon fait une ponction aspiratrice dans la poche : 60 grammes à peu près de liquide purulent sont retirés. — La grosseur immédiatement après a disparu: à sa place, le doigt promené peut constater la présence d’une dépression reposant sur un plan résistant et bordée à sa périphérie par un léger relief induré. Le liquide retiré par la ponction est examiné au laboratoire de la clinique, et on y constate la présence de bacilles.

28 mai. — L'opération a lieu : une large incision de 10 centimètres s'étend d'une extrémité à l’autre du diamètre transversal de la tumeur; la peau est épaissie, gonflée par un exsudat plastique.

La poche qui lui est fortement adhérente par sa surface externe est incisée; le pus qui s’est reformé sort en jet; la

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surface interne de la poche est bourgeonnante, irrégulière, elle repose sur la côte qui, explorée attentivement, ne montre pas de point découvert; le périoste la recouvre partout, et est lui-même bourgeonnant, vasculaire, infiltré. — Un petit prolongement en doigt de gant contamine le bord inférieur de la côte, et se prolonge sous elle, mais dans une très petite étendue. — Avec la eurette tranchante M. Terrillon gratte et nettoie toute la face interne de la poche : les fragments qui en proviennent sont mis de côté pour être examinés au microscope (et disons lout de suite que cet examen a révélé la présence de follicules tubereuleux et de bacilles). Au niveau de la côte le périoste est gratté : la portion du périoste malade disparait sans que l'os soit mis à nu : Mais il n'en est plus de même un peu en dedans et en haut, au niveau d'un cartilage costal. Le grattage, en ce point, découvre immédia- tement une surface granuleuse qui est la couche superficielle “du cartilage dénudée et enflammée.

. Toute la poche grattée et nettoyée convenablement est arrosée d'une solution forte d'acide phénique.

Quelques vaisseaux sont liés, un drain placé à la partie la plus profonde de la poche, et la plaie suturée et recouverte d'un pansement méthodique de Lister.

Les jours suivants on renouvelle les pansements fréquemment et bientôt on peut retirer le drain : on se borne à faire des injections d'acide phénique dans le trajet qui est complétement fermé trois semaines après.

Deux mois après, la malade rentre dans le service. Au niveau de l'extrémité interne de sa cicatrice, dans un point qui correspond à l'érosion trouvée sur le cartilage, on observe une petite grosseur fluctuante.

C'est une récidive : M. Bouilly, qui dirige le service à ce moment, la traite par l'incision, le grattage complet, et bourre la cavité bien détergée de gaze iodoformée, d'après sa pra-

tique uniforme dans ces cas d'abcès froids. — Au bout de 45 jours la malade, qui est presque complétement guérie et ne = conserve plus qu'une petite ouverture à la peau, est renvoyée de l'hôpital.

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