‹ Contribution à l'étude des abcès quiniquesChapitre 12 sur 13 · PAR · texte numérisé non relu

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non. L'observation de Laveran, les nombreux cas de L. Moreau, sont assez démonstralifs à cel égard.

Plus récemment, le Service de santé a préconisé l'associalion quinine-adrénaline. Mais, ainsi que la bien montré M. le professeur Tournade, celle formule est à rejeler, car les propriélés vaso-constriclives énergiques de l’adrénaline ne peuvent que favoriser l'action nécrosante el chimiotaclique négative de la quinine.

a méthode qui nous semble Ja meilleure pour éviler lout accident est celle des injections hypodermiques diluées.

Abrami (1) el Garin (2) avaient déjà préconisé ces injections pendant la campagne de Salonique, mais il nous semble inutile d'avoir recours comme ils l'ont voulu, aux solulions isoloniques. Celles-ci obligent, en effel, à injecter chaque jour au moins 40 ce. de la solulion, ce qui produit des décollements étendus de la peau infligeant au malade des douleurs telles qu'il refusera le traitement dès la troisième piqüre. De plus, elles doivent être failes lentement el par cela même sont difficiles à employer en pleine saison palustre. |

Cel inconvénient est évilé par la méthode des injections sous-culanées que M. Aubry emploie couramment dans son service el que préconisent acluellement beaucoup d’autres auteurs.

Il fait usage de solulions moyennes, ne dépassant pas 20 cenligr. de sel quinique par cc. C'est la dose qui avail élé déjà préconisée en 1908 par le docteur Desesquelles (3) et, en 1909, par le médecin-major

(1) ABRAMI. Presse Médicale, 1917.

(2) GARIN. Paris Médical, 1917.

(3) DESESQUELLES. Pharmacothérapie pratique : Les solulions injectables de sels de quinine. Bulletin Médical, 190.

ni

Guillon pour les injections intra-musceulaires.

I suffit de faire préparer d'avance des ampoules contenant la quantité voulue pour chaque injection.

Cette méthode à donné les meilleurs résultats : l'injechon est, en effet, d'un manuel opératoire assez simple pour être confiée à un infirmier instruit.

On évile facilement la pénétralion de quelques voulles de la solution dans le derme, si on a soin d'apprendre au personnel à faire l'injection en deux temps : on lui montrera à enfoncer d’abord l'aiguille que l’on choisira de préférence assez longue. à n'adapter la seringue à l'aiguille qu'après s'êlre assuré par de pelils mouvements imprimés à celle-ci qu'elle est parfaitement mobile dans le lissu cellulaire sous-culané ; on Îui recommandera, en outre, de ne pas injecter plus de 40 centigr. au même point, et de ne pas relirer la seringue avant d'avoir injecté la totalité du liquide.

Le siège d'élection a peu d'importance, on choiïsira de préférence les régions où le lissu cellulaire sous-cutané est lâche el abondant : les parties lalérales du flanc et de l'abdomen, la partie postérieure du thorax.

Les injections pratiquées dans ces condilions assurent une absorption rapide el sûre de la solution.

Elles ne sont pas douloureuses, ainsi qu'en témoignent les nombreux malades qui ont été soumis à ce traitement depuis que M. Aubry lapplique dans son service.

Elles n’exposent pas, comme les injections Intramusculaires, à des lésions nerveuses graves.

Elles ne sont pas plus dangereuses que linjeelion sous-cutanée de tout autre médicament. Toul au plus observe-t-on parfois une très légère réaction inflammaloire ou douloureuse, qui peut, d’ailleurs, se produirve après une injection hypodermiqre quelconque,

el dont quelques compresses chaudes ont bien vite raison.

Enfin, si une faute d'asepsie grossière vient à se produire, lelle que celle qui à élé observée l'année dernière lorsque les ampoules livrées au service élaient incomplètement fermées, on peut voir survenir des abcès, mais des abcès superficiels, sus-aponévroliques, qui guérissent rapidement après une légère incision, n'entrainent aucun délabrement el ne laissent après eux qu'une cicatrice insignifiante.

Conclusions

Notre élude nous a conduil aux conclusions suivantes : é

1° Les abcès quiniques sont une complication fréquente el quelquefois grave des injeelions inlra-musculaires de solution concentrée de quinine :

2 Dans le plus grand nombre de cas, ces abcès sontconséculifs à une inoculalion seplique au moment de l'injection ;

3° Les injections intra-musculaires paraissent exposer plus particulièrement les malades aux abcès, car elles nécessilent une technique très minulieuse. De plus, lorsque l’abcès se produit, il est profond et nécessite une longue immobilisalion du malade au lit, parfois une intervention plus ou moins sérieuse. Enfin, il laisse parfois après lui des séquelles graves ;

4 La méthode de choix est celle des injections hypodermiques de solution diluée ; elles assurent une absorption rapide du médicament, sont indolores, inoffensives ou n'exposent tout au plus qu'à des accidents essentiellement bénins. D'un manuel opératoire très simple, elles peuvent être confiées à un aide en toute sécurité.

Index Bibliographique

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Grall et Clarac. — Traité de pathologie exotique. Le Dantec. — Précis de pathologie exotique.

Sergent, Ribadeau-Dumas, Babonneix. — Traité de

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Guillon. — Manuel de thérapeutique clinique des maladies tropicales.

Abrami. — Le paludisme macédonien.

Ravault. — Syphilis, paludisme, amibiase.

Manquat. — Traité de thérapeutique, de matière médicale et de pharmacologie.

Debove, Pouchet, Sallard. — Aide-mémoire de thérapeutique.

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