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Aussi pourrait-on dire simplement avec Ch. Monod pyothorax sous-phrénique, expression qui a l'avantage de rappeler le siège de la collection ainsi que les signes stéthoscopiques qui découlent de sa situation. Cette définition n’a pas prévalu. Nous accepterons donc le terme de Jaffé, aujourd’hui courant, et nous définirons tout d’abord ce qu’on doit entendre par abcès sous-phrénique. >
Les auteurs sont loin d’être d'accord sur la définition de l’abcès sous-diaphragmatique. Nous lisons dans la thèse de M, Rosain (1897): « Ce n’est pas sans surprise que l’on voit dans les publications postérieures au travail du profvsseur de Berlin des écrivains médicaux confondre, dans une même description, les suppurations simples du péritoine hépatique avec la &« maladie de Leyden ». Sans doute, ajoute le même auteur, en se plaçant au point de vue exclusivement opératoire, la question est secondaire, après tout, de connaître le contenu exact de l’abcès ; mais le médecin, à qui le malade s’adresse tout d’abord, devra forcément faire cette distinction, sans quoi il s’exposerait à des erreurs de diagnostictrès graves. » Rosain se place évidemment à un point de vue tout à fait spécial. Il a entrepris l’étude des abcès gazeux sous-phréniques à l’exclusion des autres formes. Ne nousplaçant pasau même point de vue que lui, nous ne partageons pas ses idées. Ii est nécessaire, à notre avis, de faire, comme l’a d’ailleurs fait Lang dans son travail inaugural, une distinction dans les formes que peuvent revêtir les collections suppurées sous- diaphragmatiques. Tantôt nous rencontrons un abcès hors de la cavité péritonéale, situé soit dans l'épaisseur du muscle diaphragme, soit dans le tissu rétro-hépatique; tantôt le pus est collecté et enkysté dans le péritoine sus-
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hépatique: ici c’est un pus mélangé de gaz, là c’est un abcès simple. Aussi admettons-nous sans réserve la division de Lang et de Maydl en abcès extra et intra -péritonéaux, et en abcès gazeux et simples. Très importante est cette division au point de vue symptomatique: il est évident que la réaction péritonéale sera moins vive dans la première forme; 1l est clair aussi que les symptômes physiques seront tout différents suivant qu'on aura affaire à une forme gazeuse ou à une forme simple. C'est la division que nous adoptons dans le cours de notre travail.
Quant à la définition de l’abcès sous-phrénique, nous ne pouvons dés lors admettre celle que donne Rosain : «On désigne sous le nom d’abcès sous-phréniques gazeux des collections constituées par une accumulation de pus et de gaz sous la voûte du diaphragme. » Elle a le tort d’être trop spéciale : applicable à la maladie de Leyden, elle ne rentre plus dans le cadre de notre sujet.
Güterboch propose de donner le nom d’abcès sousphréniques « exclusivement aux collections offrant un rapport déterminé intime, soit avec le diaphragme, soit avec les viscères thoraciques ». Nous ne comprenons pas. tres bien cette connexion déterminée dont il parle.
Nous accepterons la céfinition plus générale de Lauenstein de Hambourg! : « L’abcès sous phrénique est une collection purulente, limitée à droite par le foie et Le diaphragme, et à gauche par le diaphragme, l'estomac, le rein du même côté, la rate et le côlon. » Nous ajouterons que cette collection suppurée, par sa situation, donne lieu
1 Lauenstein, Semaine. Medicale, 1896.
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à un syndrome clinique complet qui en fait une maladie spéciale. Nous allons essayer d’en entreprendre l’étude dans ce modeste travail. Notre plan sera simple : après un court aperçu historique sur la question, nous traiterons successivement de létiologie, de la pathogénie. L’anatomie pathologique nous occupera quelque temps, après quoi nous entreprendrons l’étude des symptômes, du diagnostic différentiel, des complications. Nous terminerons enfin cet exposé par une revue des différents traite ments préconisés pour la thérapeutique des abces sousphréniques.