‹ Contribution à l'étude des accidents consécutifs aux interventions sur la plèvre chez l'enfantChapitre 13 sur 25 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Plus préventives que curatives, les mesures à prendre à l'égard des accidents de la thoracenthèse sont bien restreintes.

Mesures préventives.

1° Il y a lieu d'éviter à la plèvre toute excitation superflue, tant mécanique, (lavage donné sous pression brutale) que chimique, (solution antiseptique d’un taux élevé);

2° Doit-on recourir à l’anesthésie générale?

Dans les petites interventions, il est inutile d'ajouter au risque, numériquement minime, d'accidents réflexes pleuraux, le risque plus grand d’une anesthésie générale.

En outre, cette anesthésie ne garantit pas de manière absolue contre les accidents : sur cent cas de mort brusque, deux se sont produits sous anesthésie générale, (dont un chez l'enfant), sans qu’on puisse d’ailleurs savoir s’il faut incriminer le réflexe pleural ou l’anesthésique.

3° Mais on peut diminuer l’excitabilité générale par l’emploi préventif de la morphine. Nous avons vu, en effet, que chez les animaux une injection de morphine empêche les accidents de se produire, et Leclerc cite Le cas d’un malade qui, ayant présenté des accidents lors d’une première inter-

vention, en subit une seconde sans complications sous

re es

l'influence de la morphine, alors que les récidives observées ont toujours été graves, souvent mortelles chez les autres malades. Cordier cite de nombreuses interventions sans incidents sous l'influence de la morphine. Lyonnet seul signale un échec, mais dans un cas de pneumonie caséeuse, c'est-à-dire dans des circonstances particulièrement défavorables.

Il était classique de redouter l'emploi de la morphine chez l'enfant; nos maîtres nous ont appris que proportions gardées, il tolère ce médicament aussi bien que l’adulte. L'action de l’atropine, dont Morat recommande l'usage,

n’a donné à Cordier aucun résultat favorable.

Mesures curatives. — Quand ce réflexe est déclenché, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour enrayer Sons Cours.

1° S'il s’agit de crises convulsives, on est en droit de rechercher l’action des anesthésiques généraux.

On peut également recourir aux excitations de la muqueuse pituitaire ,si précaire que soit leur efficacité.

Quelle obscure dérivation de la sensibilité se produit au niveau de cette muqueuse? Le mécanisme n'en est pas connu; mais, à défaut de meilleur remède, le procédé n’est pas à négliger, puisque quelques constatations plaideraient en sa faveur.

2° S'il s'agit de forme syncopale, les moyens d'usage seront mis en œuvre : respiration artificielle, injection de toni-cardiaques, flagellations. Malheureusement, la gravité de cette forme est telle que tous les moyens employés restent souvent sans effet.

Observations

L Cordier, Thèse, Lyon 1910, due à M. P. Weill. Ernestine M. 12 ans.

Grippe. Congestion pulmonaire. Pleurésie sèche base droite, avec température intermittente, durée plusieurs mois. Convulsions à la suite d’une ponction exploratrice stérile : cyanose, convulsions généralisées, durée 10 minutes.

Hébétude après l'accès.

Pleurésie purulente, ponction sans incident. Empyème, également sans incident.

Deuxième intervention : pâleur subite pendant l'opération. 4 heures après, syncope complète. Mort au bout de 12 heures ; Syncope, convulsions et mort : accidents en échelon pour des interventions successives.

II. Weill. Traité de médecine infantile. La ponction exploratrice n’est pas toujours inoffensive; j'ai vu un enfant de huit ans prendre une crise convulsive à la suite d’une exploration faite avec une aiguille de Pravaz.

III. Russel. Sanct Thomas’s Hospital Reports 1898. Ponction chez une filettre de huit ans, pour empyème présumé, avec une aiguille à ponction exploratrice. Il apparaît de l’écume sanglante sur les lèvres. Puis s’installe un strabisme double convergent, et enfin de la contracture des membres supérieurs. Le pouls s'arrête et la respiration cesse, après avoir été irrégulière une minute ou deux. Mort. A l’autopsie, le poumon était le siège d’une inflammation aiguë.

IV. Russel, ibidem. | Fillette de 7 ans atteinte de broncho-pneumonie, Il y a des

Ra

signes d’obscurité et de matité à une base. On fait une ponction exploratrice.

Perte de connaissance immédiate. Pâleur de la moitié droite du visage, bientôt suivie d'une légère cyanose. Deux heures après apparaissent des convulsions épilepliformes généralisées.

Mort cinq jours après, avec de nouvelles convulsions.

A l’autopsie : poumons très congestionnés avec lésions de broncho-pneumonie. Le cerveau est très congestionné, mais on n’y distingue aucune lésion macroscopique.

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