‹ Contribution à l'étude des accidents consécutifs aux interventions sur la plèvre chez l'enfantChapitre 12 sur 25 · RON TRE · texte numérisé non relu

RON TRE

2° Expérimentation

La tolérance de la plèvre aux divers modes d'irritation a été l’objet de nombreuses recherches, dont les premières remontent à 1864.

A cette époque déjà, Demarquay et Lecomte étudient les ‘réactions de la plèvre à la distension gazeuse. Laborde en 1892 étudie l’excitabilité de la paroi, et signale la possibilité d’inhibition cardio-respiratoire par excitation des nerfs intercostaux.

La thèse de Thienot, en 1895, fait connaître les accidents épileptiformes et les morts brusques survenant chez les animaux au cours d'évacuations de pleurésies purulentes. Weil signale de son côté des accidents épileptiformes consécutifs à une injection de vibrions septiques. Thiroloix étudie la sensibilité au froid de la plèvre du cobaye, par des injections de chlorure de méthyle. Gilbert et Roger contribuent à la recherche du siège du réflexe pleural.

Panizza et Cl. Bernard montrent qu'une excitation sensitive très minime peut amener la mort chez des animaux affaïblis. Chossat obtient les mêmes résultats. Les accidents se multipliant, l’expérimentation est méthodiquement ‘poursuivie, mais avec des résultats non toujours concordants.

1° Conditions de production du réflexe.

a) Irritations mécaniques de la plèvre. Von Saar cherchant à obtenir chez les animaux des accidents analogues à ceux qu’on observe chez l’homme obtient des résultats positifs.

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lordier, reprenant les mêmes expériences, n'en obtient aucun.

b) Injections d'air dans la plèvre.

Lancaude seul obtient des résultats. La majorité des experimentateurs, Gordier, Lecomte, Bard, Dumarquay, controuvent ses résultats.

La méthode de Forlanini montre bien, d'ailleurs, la tolérance de la plèvre à la distension gazeuse:

e) Injections de substances irritantes.

lei les résultats sont concordants. Lamandé, Gilbert, Roger, Cordier sont unanimes à constater que l'excitation de la plèvre par des substances irritantes chimiques reproduit chez les animaux de laboratoire des accidents épileptiformes comparables à ceux qu'on observe chez l'homme et presque toujours mortels. Des substances variées ont servi à l'expérimentation, mais malgré la diversité des excitants, les résultats obtenus sont les mèmes. L'influence de l'émotivité parait nulle chez l'animal. La sensibilité de la plèvre se montre, à excitation égale, beaucoup plus vive que du péritoine ou du péricarde. De plus, il est à remarquer que les irritations expérimentales subies par la plèvre des animaux de laboratoire sont beaucoup plus violentes que celles qui déclenchent des accidents chez l'homme : la sensibilité de sa séreuse est encore mise en lumière par ce fait.

d) Action du froid ou de la chaleur.

Pour Cordier, ces agents sont sans influence.

2° Interruption où empéchement du phénomène : anesthésiques, ligatures.

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Les anesthésiques, tels que la cocaïne et la stovaïne, n'ont montré que peu d'action, d’ailleurs leur toxicité élevée chez les animaux empêche l'emploi de fortes doses.

L'anémie cérébrale expérimentale n'a pas provoqué d'accidents, Au contraire, la ligature des carotides retarde l'éclosion des convulsions provoquées par une excitation pleurale. Enfin, on a constaté que l'excitation de la pituitaire par des poudres irritantes enrayait les crises convul-

sives sans qu'on ait jusqu'ici expliqué cette action.

3° Siège du réflexe.

La lumière n'est pas entièrement faite sur ce point, Gilvert et Roger ayant provoqué des accidents (tic facial) chez un chien par injection de mercure métallique dans la plèvre, détruisent le cerveau et le cervelet de celui-ci. L'animal conserve le tic facial. Le siège des lésions paraîtrait situé dans le mésocéphale. Mais, comme nous l’avons dit au chapitre consacré à la pathogénie, la présence de troubles intellectuels chez l’homme met en question la participation des centres supérieurs.

Le problème reste actuellement en suspens.

4° Voie centripète du réflexe.

Cordier étudie la propagation du réflexe vers les centres par la voie du pneumogastrique, du phrénique et du sympathique. Chez un lapin, une injection irritante est faite dans la plèvre droite

Le pneumogastrique droit est coupé, Aucun accident n’est

observé.

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Le pneumogastrique gauche étant conservé intact, une injection irritante est faite dans la plèvre du même côté: des convulsions se produisent suivies de mort.

La section du phrénique et du sympathique est sans action et ne modifie pas les résultats précédents.

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