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de neige à l’autre; ceci provoque des accélérations et surtout des freinages brusques qui déséquilibrent le skieur. Il est à noter que le freinage est le plus dangereux, car il produit la chute en avant.
La quantité de neige joue égalément dans la cause des accidents. Si son épaisseur est insuffisante elle va cacher les accidents de terrains (bosses, rochers, troncs, racines, etc.) à la vue du skieur et en augmenter par là les dangers. La forêt à ce point de vue est dangereuse: surtout les chemins trop souvent étroits et creux ne permettant aucune manœuvre correcte. Mais ce n’est pas uniquement au terrain que l’on doit imputer la responsabilité des accidents, car un bon skieur ne se laissera pas surprendre par lui. C’est donc plutôt la technique qu’il faudra incri-
miner.
La Technique.
Nous avons, dans la description de la technique, essayé de montrer que tous les mouvements de base se font par rotation ou par torsion dü corps entier ou des jambes seules. Toutes les chutes que font les débutants sont dues à une faute de technique. D’autre part on peut affirmer que toutes les chutes en avant sont dangereuses; elles sont produites par un freinage brusque, dû au blocage d’un'ou des deux skis en mauvaise position.
En considérant les statistiques, nous voyons que les accidents de ski se recrutent parmi les débutants et les skieurs déjà moyens qui ont négligé un appren-
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tissage et un entrainement surveillé. Knoll montre que les accidents sont rares chez les sportifs suivant assiduement les cours de ski. Sur 3.300 hommes et 2.745 femmes débutants et moyens ayant pris part au cours de ski à Arosa en 1932 il n’a pu trouver que 1,2 pour mille d’accidents. Alors que généralement on trouve six fois plus de traumatismes dans cette catégorie. Knoll a contrôlé cette observation pendant 10 ans et conclut que les accidents de ski son inversement proportionnels aux connaissances techniques du skieur. Comme corollaire nous citerons une statistique de Knoflach qui sur 54 spécialistes du saut, qui demande de grandes connaissances techniques, 29 étaient indemnes de tout accident et qu’en plus 60 % des traumatismes des autres étaient sans gravité.
Nous essayerons de passer en revue les fautes principales commises par les débutants dans l’exécution des mouvements que nous avons décrits plus haut. Nous aurons une synthèse qui suffira à expliquer environ 80 % des accidents.
La première grande faute du débutant est sa raideur. Celle-ci se trouve aussi chez les gens plus âgés, mais le résultat en est le même. Tous les muscles contractés, les articulations insuffisamment fléchies rendent la jambe inapte aux mouvements qui doivent maintenir son équilibre. Le membre inférieur doit fonctionner comme ressort par le jeu des articulations pour amortir tous les chocs.
En position de chasse-neige, si le skieur se tient trop raide, le moindre freinage par la neige, ou un
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obstacle quelconque, le projettera en avant. Le débutant, pour ce mouvement, va trop souvent donner de la carre avec un des skis; ce dernier va immédiatement suivre le sillon qu'il creuse et croiser l’autre ski, d’où chute inévitable en avant, comme le montre notre fig. 2. Le même phénomène se produira, si un obstacle s’oppose au glissement à plat du ski, et si le skieur n’a pas la force de maintenir ferme la position initiale de sa « latte », ou de contourner l’obstacle, par trop infranchissable.
Dans le virage chasse-neige ou « stem-bogen », c’est le défaut de charge du ski aval, qui détermine la chute. Le novice appréhende de se pencher vers la vallée; son ski amont restera trop chargé, se bloquera, alors que l’autre, continuant sa course exagérera l'écart’ des jambes. Il en résulte une chute sur la jambe retenue en arrière, en position de rotation interne, déjà très prononcée.
Le « christiania » exécuté en « contre-vis » se terminera souvent par le croisement de l'arrière des skis et une chute en arrière vers le bas de la pente, le corps étant entraîné par la rotation dans le sens du virage autour d’un pied bloqué. C’est le seul cas, où les lésions déterminées, se font par un mécanisme de rotation externe. Ruppaner cite une luxation de la cuisse produite par ce mécanisme. Le « christiania », exécuté trop brusquement, faute très fréquente, produit un freinage subit qui rejette le skieur hors de sa trajectoire : chute en avant et en biais. La position avancée du corps, dans ce virage, favorise beaucoup la chute en avant, mais permet un
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parallélisme plus exact des skis et ne surprend pas la jambe dans une position par trop dangereuse.
Enfin, dans le « télémark », le mauvais skieur se voit souvent projeté à l’extérieur du virage, qu’il prendra trop court par rapport à sa vitesse, ou encore parce qu'il donera de Ia carre au ski avancé, au lieu de le laisser à plat. Trop de fente, va faire se croiser les skis d’une façon très dangereuse : la spatule du ski arrière va croiser le ski avant derrière la fixation, produisant une chute en avant, qui peut être néfaste pour les deux jambes.
Il faut signaler certaines fautes graves aui expliquent des chutes pleines de conséquences. Le débutant, surtout les femmes, cherchent à assurer leur équilibre par un écartement exagéré des pieds. Chaque fois que le skieur essayera alors de s’accroupir il ne pourra plus maintenir ses skis à plat; les carres internes vont couper la neige, les pointes de skis s’écarter. La chute inévitable va produire un degré plus ou moins fort d’écartèlement aui est toujours dangereux.
Les bâtons, par leur mauvaise utilisation, ne sont pas sans danger. Il faut éviter de gesticuler dans tous les sens au risque de blesser son entourage; il est dangereux de les porter au devant de soi comme appui ou comme moyens de freinage : c’est de cette facon que l’on s’empale. Dans les chemins étroits où le freinage normal est difficile, on voit trop souvent les mauvais skieurs utiliser un moyen dangereux de réduire leur vitesse : ils s’asseyent sur leurs deux bâtons qu’ils tiennent solidement à deux mains. Les
SMS | die \ bâtons, trop faibles pour ce genre d’exercices, cassent et leurs esquilles sont très offensives.
D’après ce que nous venons de voir, il ressort que le manque de technique est le plus grand facteur accidentel. Avec une bonne technique, et un entrainement physique suivi, le skieur parvient à éviter presque toutes les autres causes d’accidents. Il apprendra aussi à bien tomber, ce qui constitue le réflexe propre au bon skieur, et surtout à rester toujours en dessous de ses possibilités techniques, dans les vitesses qu’il se permettra.
LES TRAUMATISMES
En considérant les différentes statistiques que nous avons pu trouver deux faits frappants ont retenu notre attention : le pourcentage assez faible des accidents quelque peu conséquents et la proportion énorme des lésions ostéo-articulaires frappant le membre inférieur. Avec Mock nous pourrons dire que, sur 1.000 skieurs, il y a 6 accidents dont 1 fracture. M. et J. Grenet ont trouvé que sur 70.000 montées du téléférique de Rochebrune, on compte 48 descentes en luge de secours dont 50 % pour ‘entorses.
Knoll, professeur d’éducation physique en Allemagne, a relevé sur 430 observations les proportions suivantes : à ,
10,4 % de lésions de la tête et du tronc,
148 % de lésions du membre supérieur,
748 % de lésions du. membre inférieur.
Mock, précédemment cité, a relevé sur 1.200 cas : 777 lésions du membre inférieur et 197 au membre supérieur.
Rummelhardt, à Vienne, trouve à peu près les mêmes chiffres sur 520 cas observés en 10 ans. Nieden trouve 14 cas de fractures sur 180 entorses et Lazorthe observe environ la même proportion sur 32 malades. M. et J. Grenet sur une statistique de 136
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gros traumatismes en trouvent 106 au membre inférieur contre 20 au bras.
En ce qui concerne la gravité des lésions, la statistique de E. Agnel est à retenir : en considérant les lésions ostéo-articulaires des organes de locomotion, il admet que 20 % sont des lésions graves, 45 % des lésions moyennes entraînant une immobilisation de moins de 20 jours (luxations, entorses, contusions, etc.) et 35 % de lésions bénignes (torsion, étirement ligamentaire passager).
Pour létude de ces différents traumatismes, il nous a semblé le plus pratique de grouper dans un chapitre spécial, toutes les lésions des parties molles sans siège particulier, et dans deux autres rubriques, passer en revue les lésions de l'appareil ligamentoarticulaire et les fractures typiques.