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I. — Les lésions des parties molles

Boigey prétend que les lésions des parties molles

constituent environ 20 % des accidents du ski. Elles

sont généralement assez bénignes. Nous croyons qu’elles sont plus fréquentes mais échappent, du fait de leur bénignité, au contrôle de la statistique médicale.

Ces lésions sont dues aux chocs directs sur le sol, sur les bâtons et sur les skis. On rencontre toute une

gamme de lésions cutanées, musculaires, vasculaires,

et également intéressant les organes des sens. Les coupures de la peau par la neige gelée ou glacée sont

à fréquentes au niveau des mains et de la face, celles des poignets et de la crête tibiale par les carres d’acier, ne sont pas rares, mais toutes ces lésions n’offrent aucun intérêt.

M. et J. Grenet signalent aussi des cas d’arrachement d’insertions musculaires (supérieure des adduc- ‘teurs de la cuisse) dans des accidents d’écartèlement en position de chasse-neige.

OBS. — M. B.., 44 ans, pratiquant le ski depuis 20 ans, sans avoir jamais eu d'accident. En 1937, lors d’une descente sur neige de printemps, il voit son ski droit retenu par une flaque de neige molle. B... fait un violent effort pour ramener sa jambe et éviter l’écartèlement imminent; à ce moment, il sent un craquement dans son genou droit et une vive douleur. Il peut néanmoins encore se tenir sur ses skis pendant quelques centaines de mètres.

Genou très tuméfié dans sa partie externe ; l’articulation est indemne. Il s’installe très vite une forte ecchymose latérale de la 1/2 supérieure de la jambe ; la radiographie ne révèle aucune lésion ostéo-articulaire. Il s'agissait d’une rupture de l'insertion haute des muscles péronniers latéraux. A l’exploration fonctionnelle, ces muscles sont restés longtemps sensi-. bles. |

Il existe une lésion musculaire typique des coureurs de fond qui emploient les bâtons pour se pro-. pulser ; c’est un étirement des muscles de la gouttière bicipitale. Il constitue le «< point douloureux des skieurs » des auteurs scandinaves.

Knoflach, Mandel, Mock, etc, ont montré que le. cuir chevelu, la face, les mains, le thorax sont exposés aux lésions des parties molles.

De tous ces accidents, ceux qui présentent le plus d intérêts sont ceux produits par empalement soit sur la pointe des skis, soit le plus souvent sur les bâtons. Là, les lésions occulaires doivent être signalées en premier. Elles ne sont pas rares, et quoiqu'on les retrouve dans différents sports (golf, hockey, tennis où elles sont dues à une balle) celles que l’on reneontre au ski sont de loin les plus graves (Breitner). Seefelder, de Innsbruck, publié une statistique de 23 cas de lésions produites par le bâton de ski, dont 12 sont dus à la pointe du bâton. Braine et Goury in-: sistent sur l'importance des lunettes de verres dans ces traumatismes. Bonnet signale un cas de perte de la moitié inférieure du champ visuel survenu immédiatement après une chute de ski. M. et J. Grenet ont trois cas de lésions occulaires et palpébrales. Pilliat à Vienne a fait une étude poussée de la question et Vacchelli en Italie en a fait ressortir le caractère de gravité surtout par la présence de corps étrangers (esquilles de. bois). Toutes ces lésions d’empalement de la face peuvent s'accompagner de lésions osseuses plus ou moins grave du massif facial. :

Si les empalements abdominaux sur les bâtons sont assez rares, ils en sont d'autant plus dangereux par les lésions internes qu’ils peuvent provoquer. Drevermann signale une hémorragie du mésentère et:une péritonite traumatique, Hertel une rupture de la rate, Picard une ponction de la fémorale par empalement

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avec hémorragie très grave, Hintertoisser une rupture du foie. D’autres auteurs tel Saar, Kux, Verf, Brandis. décrivent des hématomes de la rate, des ruptures intestinales, des herniés et des étranglements d’hernies préexistantes, des perforations d’estomac, etc. Breitner publie la statistique suivante : sur 91 lésions des parties molles, il a constaté 42 plaies de la peau, 3 lésions musculaires, 32 commotions cérébrales et 14 cas de lésions d’organes internes.

La région des fesses et du périnée est une de celles les plus exposée aux lésions d’empalements. Braine et Goury font très justement remarquer le danger qu'il y a à passer les bâtons entre les jambes; il peut. en résulter des ruptures de Purètre. Knoflach a publié 8 observations d’empalement du scrotum et du périnée, Von Madelung 4, Moritz et Ruminelhardt 3. Ces

lésions revêtent un caractère spécial de gravité par. le danger d'infection de ces régions et la présence fréquente de corps étrangers (esquilles de bois et d’aluminium).

Il nous reste à mentionner les chutes sur le siège qui se font sur des obstacles : bâtons, rochers, ete. Elles peuvent faire des lésions de l’urètre, de la vessie, du rectum et même des disjonctions du bassin comme le signale E. Agnel. On a vu également des plaies de la face dorsale du pied faites par la pointe du bâton; des plaies pénétrantes du thorax par les éclats de bois ou d’acier, etc.

Il nous faut ajouter un mot sur le danger d’infection des lésions que l’on rencontre dans la pratique du ski.

En ce qui concerne la septicité de la neïge elle est fonction de l’altitude comme le démontre Braine. Cette notion a une grande importance pour le traitement et le pronostic des plaies et des fractures ouvertes. Si celle-ci se sont produites en haute montagne, le dan-

ger d'infections, même des plaies graves, est minime.

Il. — Les lésions de l'appareil ligamentoarticulaire

La multiplicité des lésions ligamentaires (entorses, distorsions, déchirures) et articulaires, nous force à nous limiter aux lésions particulières au ski et à ne mentionner que très rapidement les divers autres accidents qui peuvent se voir.

Il est souvent difficile de séparer entièrement les lésions articulaires des lésions osseuses. En règle générale, nous avons observé la fréquence énorme des lésions articulaires chez les sujets jeunes et chez les femmes, dont les ligaments articulaires se laissent plus facilement étirer ou tordre; alors que chez les sujets plus âgés, les lésions prédominantes seront les fractures.

Nous commencerons notre description par le mem- Pre supérieur en signalant une affection que les auteurs autrichiens nomment : « le pouce du skieur ». Il s’agit d’une subluxation ou entorse de larticulation métacarpo-phalangienne du pouce provoquée par la poignée du bâton. Suivant la violence du traumatisme se trouve tous les degrés jusqu’à la fracture de la base de la phalange. |

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OBS. — Mlle M. T., 22 ans, bonne skieuse. 1939. A la fin d’un virage rapide et ayant porté son poids trop en arrière, elle tombe en arrière, et de côté sur la paume de la main droite ouverte. Elle percute avec la base du pouce sur la poignée de son bâton. Vive douleur et impotence fonctionnelle, le pouce est subluxé. Réduction et immobilisation pendant 12 jours suivi de mobilisation, résultat excellent.

Les luxations vraies sont rares. Ce qui est beaucoup plus fréquent c’est la fracture d’un ou plusieurs métacarpiens par hyperflexion due à la chute sur la main serrant le bâton. Les luxations du poignet sont très rares, ainsi que celles du coude toutefois plus nombreuses. Les luxations de l’épaule se rencontrent surtout chez les skieurs d’une certaine force. Elles se produisent ordinairement par chute directe sur le moignon de l’épaule. Un des mécanismes indirects qui joue un rôle dans la luxation de l’épaule est celui décrit par Braine et Goury : la chute, terminant un saut tournant, mal exécuté, peut se faire sur le bras, qui à ce moment est en abduction et en rotation externe.

Nous avons pu observer un cas de luxation acromio-claviculaire, lésion plus rare il est vrai que la

précédente.

OBS. — M. Sp, 19 ans, excellent skieur ; alors qu’il s’entraînait en vue d’une course de descente, sort de la piste damée et, freiné par la neige profonde, il fait une chute en avant sur le moignon de l’épaule. Douleur très vive dans la région acrominale et impotence

| GRUNEWALD 3:

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