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CHAPITRE II

ETAT DE NOS CONNAISSANCES SUR L'ACTION DE LA LUMIERE SUR LE SYSTEME VAGO-SYMPATHI- QUE

En 1858, Charcot, observant un coup de soleil artificiel, inaugura la période des recherches sur le mode d’action des radiations lumineuses et de la lumière sur l’organisme. Depuis cette époque, de nombreuses publications se sont succédé et dans leur ensemble ont confirmé que de toutes les radiations qui composent la lumière, les ultra-violettes doivent être considérées comme les plus actives. Pendant longtemps, les chercheurs ne se préoccupèrent que de Paction de la lumière sur le revêtement cutané, puis en 1905, Hasselbach observa, après irradiation à la lampe à arc au charbon, un abaissement de la tension artérielle. Il attribuait cette hypotension à la vaso-dilatation périphérique due à la chaleur. Plus tard, Bach (1911), Steven (1919), Kestner et Kimmerle (1921) signalèrent également des modifications dans la valeur de la tension artérielle, mais aucun d'eux ne songea à les attribuer à des variations du tonus vago-sympathique. Rothman, en 1923, constata, chez les sujets irradiés, de l’hypotension artérielle, de l’hypoglycémie et attribua ces manifestations à un abaissement du tonus sympathique par action des radiations sur les terminaisons sympathiques cutanées.

Le problème était donc posé de la possibilité de l’action de la lumière et des ultra-violets en particulier sur le système vago-sympathique et du mécanisme de cette action.

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Il est difficile, à l'heure actuelle, de dégager une conclusion de l’ensemble des recherches portant sur la pénétration des ultra-violets dans la peau. D’une façon générale, les auteurs sont d'accord pour affirmer que cette pénétration est très limitée et qu’elle décroît d’autant plus rapidement que l’on utilise des rayonnements de courte longueur d'onde.

D’après Hasselbach (1911-1912), une épaisseur de peau de 100 # (0 mm. 1) ne laisse passer que 40 * des radiations de 3.340 U. A° et 2 % des radiations de 2.970 U. A°: or la zone érythémateuse du spectre est comprise entre 2800 et 3300 U. A°. Cependant, dans un article publié en 1929 dans les Arch. of Phy. Ther. Rad., l’auteur signale que des méthodes de mesures autres que celles employées jusqu'alors lui ont donné des résultats très différents et il soutient que la pénétration des U.-V. dans le revêtement cutané est beaucoup plus considérable qu’on ne le croit en général.

D'autre part Audiat, dans sa thèse (1935), donne comme pénétration maxima O0 mm. 2 et plus vraisemblablement, dit-il, 0 mm. 02. Si l’on considère que l’épaisseur moyenne de l’épiderme (Guillaume) est de O0 mm. 05 à 0 mm. 2 et du derme 0 mm. 5 à 1 mm. 7, on voit que l’on peut admettre la possibilité d’une action directe des radiations ultraviolettes sur les terminaisons les plus superficielles du système vago-sympathique. Mais ne peut-on pas aussi penser que l’irradiation agit en déterminant des transformations sanguines ou humorales ? C’est le problème que s’est posé Audiat dans sa thèse : L'action des rayons ultra-violets et des rayons X sur les nerfs périphériques. L'auteur a utilisé pour ses recherches un sciatique isolé de grenouille et le gastrocnémien qu'il commande. Il a recherché avec des techniques spéciales les modifications de rhéobase et de chronaxie, de conductibilité et d’excitabilité.

Dans ses conclusions, l’auteur pense que très probablement les radiations ont une action directe sur les extrémi-

tés les moins profondes des filets nerveux et, en particulier, il croit que les variations du tonus vago-sympathique ont leur point de départ dans les paralysies périphériques que l’irradiation lui a permis de constater.

La nature exacte du mécanisme n’est certes pas encore exactement déterminable, cependant l’auteur a constaté l'existence d’un temps de latence dans l’action du rayonnement, ce qui lui fait supposer que l’action des radiations est due à un mécanisme physico-chimique. Cette opinion est confirmée par le fait que l’étude spectrophotométrique de solutions alcooliques de nerfs irradiés et non irradiés a montré des différences importantes entre les deux solutions.

Ces conclusions nous semblent concorder parfaitement avec les faits que rapporte dans l’article, que nous avons déjà signalé, le professeur Delaunay sur la transmission chimique de l’influx nerveux et les nerfs cholinergiques et adrénergiques.

Si actuellement les auteurs sont d'accord pour reconnaitre l'influence des radiations ultra-violettes et de la lumière sur le système neuro-végétatif, les opinions sont divergentes quant au résultat de cette action.

Rappelons que Rothman, en 1923, a observé chez les sujets irradiés, de l’hypotension, de l’hypoglycémie et une élévation du seuil de tolérance pour les glucides. Il pensait que ces phénomènes, qu’il groupait en un véritable syndrome, étaient dus à une hypotonie sympathique, les rayons ultra-violets inhibant directement les terminaisons sympathiques cutanées.

Quelques années plus tard, les recherches de Garot (1926- 28-29) amenèérent cet auteur à penser que les ultra-violets déterminaient au contraire un abaissement du tonus du parasympathiqué avec corrélativement une hypertonie sympathique. Il utilisait dans ses expériences le R. O. C. et l'épreuve cardiaque à l’atropine.

Ces deux auteurs arrivaient donc à des conclusions abso-

Tr

lument opposées. Les travaux de Duhem, Biancani et Huant (1931) ont contribué à éclairer le problème. Les auteurs ont utilisé le R. O. C. et le R. à l’atropine et à l’adrénaline. Is ont noté séance par séance les variations totales du ralentissement, positif ou négatif, et ils considèrent que ce ralentissement mesure « au moment précis de l'excitation actinique la capacité globale de réponse du système neurovégétatif tout entier à cette excitation ». En portant ces variations en ordonnée et en abscisse les valeurs de l’énergie radiante utilisée, ils ont construit la courbe des variations de capacité de réponse du système vago-sympathique.

Ces courbes passent toutes par un maximum ou par un minimum et les auteurs concluent que les ultra-violets ne font tout d’abord que renforcer ou diminuer la phase fonctionnelle (d’augmentation neurotonique ou de diminution) du système au moment de l’irradiation.

Aïnsi, après une première période de recherches pendant laquelle les auteurs, se basant sur la notion d’antagonisme fonctionnel, essayèrent de déterminer si c'était le vague ou le sympathique qui était intéressé par les radiations, les travaux récents tendent, au contraire, à montrer l’action régulatrice générale des ultra-violets sur le système neuro-végétatif.

Duhem et Biancani, afin d'éliminer l’action possible de causes différentes des rayons ultra-violets, ont soumis également des sujets à l’action de la chaîne thermo-lumineuse. Ils ont obtenu de très faibles modifications du R. O. C: après des séances de longue durée. De même, des expériences avec injection d’atropine ou d’adrénaline leur ont donné des résultats qui ne sont en rien comparables avec ceux obteus par la lampe à vapeur de mercure.

Mais si cette action de la lumière est faible, elle n’est sans doute pas négligeable puisque Dausset, dans une statistique portant sur 1.500 bains de lumière, signale avoir observé des modifications de pression sanguine après les séances avec élévation de la maxima, baisse de la minima

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et augmentation de la différentielle. Chartier, de même, vante les bons effets du bain de lumière comme modificateur du système nerveux.

D'autre part, Miramond de la Roquette a signalé que les bains de couleur ont le même effet que les bains de lumière blanche, mais moins intense et aussi moins rapide.

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