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CHAPITRE PREMIER

METHODES D’ETUDE DE L'ACTION DES AGENTS PHYSIQUES SUR LE SYMPATHIQUE QUE NOUS AVONS UTILISEES

La multiplicité des découvertes récentes intéressant la physiologie du système neuro-végétatif montre combien celle-ci est mal connue et combien l'interprétation des résultats expérimentaux est difficile. Ce qui complique encore l'étude expérimentale, c’est l’absence presque complète de tests à la fois sûrs et faciles à faire admettre au malade.

C’est ainsi que, bien que la tension artérielle et en partie la température du corps soient sous la dépendance du système végétatif, les travaux antérieurs et les mesures que nôus avons effectuées pendant nos recherches nous ont appris qu’il s’agit là de tests auxquels on ne peut accorder une grande importance, l’immobilisation du patient pendant la séance suffisant à elle seule pour amener des modifications sensibles.

Pour nos recherches, nous nous sommes adressé

1° Aux méthodes classiques.

2° Aux méthodes pharmaco-dynamiques.

Parmi les premières, les plus souvent utilisées sont : le réflexe solaire, les réflexes pilommoteurs et vaso-moteurs, le réflexe oculo-cardiaque.

Le réflexe solaire étudié par André Thomas, Jean-Charles Roux et H. Claude est connu depuis longtemps dans ses

effets; on sait en effet que l’on peut tuer un petit animal en comprimant brusquement son épigastre, Pour rechercher ce réflexe, on déprime progressivement avec les deux mains l’épigastre jusqu’à sentir les battements aortiques. Le réflexe est dit positif si l’on observe une diminution très nette de l’indice oscillométrique.

Le réflexe pilo-moteur également étudié par André Thomas se recherche en frottant la région cervicale postérieure, ce qui détermine le redressement des poils. En cas d'hyperexcitabilité sympathique, ce réflexe est très accentué.

Pour étudier les réactions vaso-motrices, on promène doucement sur la peau une pointe mousse : on peut, au bout de quelques instants, observer, soit la raie rouge de Vulpian due à la vaso-dilatation, soit la raie blanche décrite par Sergent et qui ne doit pas être seulement considérée comme l’expression d’une insuffisance surrénale (Tinel et Laignel-Lavastine).

Nous n’avons pas eu recours à ces diverses méthodes, mais nous avons systématiquement utilisé le réflexe oculocardiaque, décrit par Aschner et Dagnini et dont Laignel- Lavastine a dit qu’il est à la sympathologie ce que le réflexe rotulien est à la neurologie sensorio-motrice.

Avant de le rechercher, nous avons toujours fait reposer nos malades pendant une dizaine de minutes et nous avons exercé la compression des globes oculaires pendant trente secondes. Après une attente d’une demi-minute, nous avons à nouveau compté les pulsations.

On considère que le sujet est vagotonique si l’on observe un ralentissement et le réflexe est dit positif; s’il y a au contraire accélération, le réflexe est dit inversé et il y a prédominance du sympathique.

Cette méthode, évidemment très simple, n’est pas sans exposer l'opérateur à des erreurs, en particulier dans la numération des pulsations.

Après avoir utilisé cette technique pour un certain nom-

oi

bre de recherches, nous nous sommes servi de la méthode graphique. Chez une de nos malades, nous avons employé une capsule oscillométrique pour prendre le tracé radial, puis chez tous les autres nous avons utilisé l’électrocardiographie (figure 1).

F1G. 17 — Exemple de réflexe oculo-cardiaque enregistré avant et après une séance d’ultra-violets.

Cette dernière méthode présente, à notre avis, de nombreux avantages : installation et enregistrement très faciles, inscription automatique des temps et en outre possibilité de noter les modifications éventuelles du complexe.

La compression des globes oculaires, en même temps qu’elle détermine des modifications du rythme cardiaque. entraîne des modifications du volume du cœur. Déjà Minerbi, étudiant radioscopiquement les résultats du R. O. C., avait constaté une diminution du volume des oreillettes et décrit ce phénomène sous le nom de réflexe myocardo-

Vincent. r

LRO EE

tonique. Récemment Monteiro, À. Rodriguez, R. Carvallo et S. Pereira, utilisant la méthode roentgenkymographique, ont observé chez le chien, après ablation bilatérale des ganglions étoilés, un cœur globuleux avec augmentation de la fréquence et diminution de lamplitude systo-diastolique au niveau de l’auricule gauche. Nous avons utilisé ce procédé d'exploration chez quelques-uns de nos malades. Les résultats, pour être utilement interprétés, demanderaient des recherches complémentaires.

Les méthodes pharmaco-dynamiques sont plus récentes et plus intéressantes, et un certain nombre de substances considérées comme des excitants électifs du système vagosympathique sont utilisées.

L'épreuve à l’atropine est une des plus importantes. Elle a été tout d’abord utilisée en séméiologie cardiaque pour distinguer les bradycardies vagales des bradycardies par altération du myocarde. Elle consiste à injecter sous la peau du sujet, au repos depuis quelques minutes et dont on a soigneusement compté les pulsations, une solution titrée à 1 milligramme d’atropine, Cette substance étant considérée comme un paralysant du pneumogastrique, on doit obtenir une accélération du pouls pour considérer l'épreuve comme positive. On peut encore observer chez Pindividu qui a reçu la piqûre : un tarissement ou une diminution des sécrétions salivaires et sudorales, de la mydriase avec paralysie de accommodation, une modération du péristaltisme intestinal.

Une seconde épreuve, également très employée, consiste à injecter sous la peau ou dans les muscles 1 milligramme d’adrénaline en solution étendue. L’adrénaline est considérée comme un excitant du sympathique et, outre la vasoconstriction locale, on peut observer sensiblement, après son injection, les mêmes manifestations subjectives ou objectives qu'après l'injection d’atropine. Le facteur le plus intéressant à noter est, bien entendu, la tachycardie maxima. Duhem, Biancani et Huant ont utilisé ces deux

épreuves au cours de leurs recherches et ils considèrent que les résultats obtenus rendent davantage compte de » Û \ 2 2 ee .

l'exploration du système neuro-végétatif tout entier que de

vant comme totalement inhibés ou excités par l’action de ces substances.

, x Q 2 2 l’un ou de l’autre de ces deux systèmes considérés aupara-

D’autres épreuves ont été également décrites, basées sur l'injection d’ésérine, de pilocarpine.

Nous avons utilisé l’acétylcholine et l’adrénaline. Nous nous sommes servi de doses faibles : 10 centigrammes d’acétylcholine, injectés par voie intramusculaire et pour l’adrénaline, 1 centimètre cube de la solution au millième : soit 1 milligramme. Très employée en thérapeutique circulatoire, l’acétylcholine est considérée comme une substance excitante du parasympathique périphérique. Gavazelli, étudiant l'influence de l’acétylcholine sur la motilité gastrique, a constaté également une augmentation des contractions et de la sécrétion.

Pour étudier l’action des radiations ultra-violettes grâce aux tests ci-dessus, deux techniques peuvent être employées :

1° On peut injecter à un sujet une de ces substances et observer dans les minutes qui suivent les phénomènes que cette injection va déterminer, puis le jour suivant, quand l’action de la substance est bien épuisée, on peut chez le même individu observer les réactions dues à l’agent physique que l’on étudie.

2o Une deuxième méthode consiste à injecter la substance avant la séance de radiations et à observer les manifestations qu’elle déclanche, On expose ensuite le sujet aux rayons et, après avoir fait une deuxième injection, on étudie les modifications des résultats. Avec le temps limité dont nous disposions, nous n'avons pu utiliser que la première méthode, car elle présente le grand avantage d’être assez bien supportée par le patient et acceptée par lui.

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