‹ Contribution à l'Étude des Adénomyomes des Cornes UtérinesChapitre 14 sur 17 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Etant donné qu’il est cliniquement impossible de faire ie diagnostic d’adénomyome des cornes utérines, non compliqués d’autres lésions annexielles ou utérines, le traitement se résume à discuter la conduite opératoire à adopter lorsque le ventre est ouvert et que le chirurgien découvre ces petits nodules.

Dans la plupart des cas, ce sont les lésions annexielles : distension des trompes, salpingites vraies, l’état des ovaires, ovarite scléro-kystique, kyste de l'ovaire; la présence d’autres fibromes ou adénomyomes utérins, qui imposent le mode opératoire.

Les adénomyomes des cornes ne sont que des épiphénomènes qui invitent le chirurgien, surtout lorsqu'ils sont bilatéraux, à être radical de propos délibéré.

Ainsi, chez la jeune malade de l'observation IT, en présence d’un fibrome énucléable de la paroi antérieure de l’utérus, une myomectomie conservatrice avait été exécutée lorsqu'on découvrit la présence des deux adénomyomes oblitérant les trompes, et l’existence d’un kyste

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de l'ovaire droit. La conservation n'était plus de mise. M. le professeur Tixier exécuta une hystérectomie avec conservation de l’ovaire sain : en raison du jeune âge de la malade, et du fait qu'elle allait se marier, il se contenta d’une hysterectomie sub-cervicale. (Sa pratique habituelle est d'exécuter, en dehors de ces conditions toutes particulières, l'hysterectomie totale). C’est la seule opération rationnelle qui assure le présent et l'avenir.

Le cas plus intéressant et qui prête plus à discussion, est réalisé lorsque l'utérus est sain et les annexes aussi, et que la lésion gynécologique semble être uniquement constituée par l'affection des cornes utérines. Si l’adénomyome..est-« unilatéral », il n'y a pas à hésiter, il faut exécuter la salpingectomie unilatérale en taillant un coin dans la corne utérine malade pour enlever largement et en bloc, la trompe interstitielle et le petit nodule y alftenant. L'hémostase sera minutieuse, et surveillée un long temps avant de refermer la paroi.

Se méfier de l’action hémostatique exercée par la traction en haut sur l'utérus, tandis qu'on pratique ces sutures de la tranche de section. Quand on laisse reprendre sa place dans le pelvis, une hémorragie tenace peut se produire.

Quand les lésions sont « bilatérales » et que la femme est jeune, le problème est plus angoissant. Peut-on faire de la conservation ? Tout dépend d’abord de l’état des trompes et des ovaires. Si ces organes sont malades, ovarite sclérokystique, trompes oblitérées, il faut être radical et pratiquer la castration totale avec hystérectomie totale,

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Mais si les trompes et les ovaires sont sains, on doit tenter, chez une femme jeune, une opération conserva’ trice. Des deux côtés, ou du côté au moins où l’ablation de l’adénomyome ne conduit pas à entamer trop largement la corne utérine, on enlèvera en coin, le tissu utérin, puis, la trompe étant réséquée dans tout 'son trajet interstitiel, on pratiquera son implantation dans la cavité utérine. |

M. le professeur Tixier se rappelle avoir exécuté une

fois cette opération chez une jeune femme. Il a eu l’occasion de la revoir depuis; elle ne souffrait plus mais elle n’est pas devenue enceinte, il y avait eu salpingectomie du côté opposé. Il nous a été impossible de trouver des observations relatant ce genre d'opération. , I est certain que cette méthode conservatrice, qui a donné de si jolis succès dans le traitement des lésions inflammatoires des trompes, doit être constamment poursuivie chez des femmes: jeunes.

Il faut seulement se souvenir qu’un adénomyome « très petit », ne paraissant pas gêner le fonctionnement de la trompe, est susceptible de rapidement se développer et déterminer des phénomènes conduisant à une intervention radicale. j

C'est ainsi que chez la malade de l'observation I, M. le professeur Tixier ayant pratiqué l’ablation de la trompe droite et de l'adénomyome correspondant, plus de l’appendice dont l'infection semblait expliquer une partie'des phénomènes morbides, a eru pouvoir laisser, chez une femme jeune, qui réclamait une grossesse, un petit nodule gros comme une tête d’épingle ordinaire, et sous-jacent à la trompe gauche. Un an après, les phé-

ñnomènes douloureux étaient devenus si intenses que la malade réclamait elle-même l'opération radicale. A la deuxième intervention, on constatait que l’adénomyome avait notablement grossi au niveau de la corne gauche, que l'ovaire correspondant était devenu sclérokystique, et on fut conduit à tout enlever, utérus et annexes gaueñes. La malade fut définitivement guérie de ses douleurs abdominales.

Malgré ces apparences de bénignité, l’adénomyome des trompes réclame donc une thérapeutique chirurgicale active et souvent radicale. |

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