SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
La constatation des nodules fibreux au niveau des cornes utérines à l'embouchure des trompes constitue, soit une découverte d’autopsie, soit une trouvaille opératoire. Il semble impossible de dessiner actuellement un tableau clinique assez précis de cette affection pour permettre d'en établir le diagnostic.
En pratique, le chirurgien trouve ces nodules tubaires dans deux conditions. |
4e Les symptômes objectifs et subjectifs auront. permis de reconnaître une affection gynécologique bien définie, fibrome, salpingo-ovarite, petit kyste de l’ovaire, et une opération aura été décidée contre une de ces affections; au cours de l'intervention, on découvre en plus de l'affection en cause, des nodules des cornes utérines. C’est alors un épiphénomène, soit au point de vue des symptômes qu'a présenté antérieurement la malade, soit au point de vue des indications immédiates
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de thérapeutique chirurgicale. A vrai dire, c’est cette seule considération qui devient importante, en ce sens que l’opérateur pourra être conduit à pratiquer une opération plus radicale que celle qui aurait été parfois nécessaire pour enlever la maladie diagnostiquée, (Exemple : Observation Il).
2 En présence d’une malade qui aura des troubles abdominaux variés, résistant là tous les traitements médicaux et de petite gynécologie médicale, alors que les signes locaux fournis par l’examen sont mal définis, le chirurgien est conduit à pratiquer une laparotomie exploratrice. Il découvrira des adénomyomes des trompes. Sera-t-il possible de reconstituer, par une critique minutieuse et sévère des troubles accusés par la malade, la symptomatologie propre au développement des nodules fibreux au niveau des trompes ? Répondre avec certitude nous semble impossible. C’est par élimination qu'il devra procéder pour esquisser, en le reconstituant, ce tableau clinique. :
Menstruation. — Pas de modification au point de vue de la régularité, ni au point de vue de l’abondance des règles. Mais, symptôme capital, les règles sont douloureuses. Les douleurs précèdent l'écoulement du sang, elles ne sont pas modifiées par l'établissement du flux menstruel. Elles durent autant que lui, parfois même les douleurs persistent après son arrêt.
Les douleurs sont pelviennes àvec irradiations intenses dans les lombes, la face antérieure des cuisses, voire même, au niveau du coccyx. Elles sont très peu modifiées par le repos et par les petits moyens ordinaires : applications chaudes sur le bas-ventre, etc. Elles ne s’accompa-
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gnent pas de signes habituels à la réaction péritonéale. Pas de nausées, pas de vomissements, pas de troubles de la vessie et de l'intestin. Nous dirons que chez une de nos malades, ces troubles intestinaux étaient chroniques, puisqu'ils donnaient les troubles ordinaires à l’appendicite chronique.
Il n’y a pas d’élévation notable de la température au moment des règles, il est du reste si fréquent de constater une légère élévation thermique, à 37°6-37°8 chez les gynécologiques (non infectées), pendant la période menstruelle. AN
L'examen pratiqué pendant cette période douloureuse, peut donner quelques renseignements importants : Le toucher vaginal ne révèle aucune sensibilité particulière du Douglas et des culs-de-sac vaginaux, le péritoine pelvien inférieur ne réagit pas. La mobilisation de l’uté- : rus est conservée, elle est légèrement douloureuse ; rien du côté du col. ANR CHE
Le toucher combiné permet de reconnaître l’absence de toute défense de la paroi, donc l’absence de réaction péritonéale, la facilité de mobilisation de l'utérus et des : annexes. Mais un signe important doit attirer l’attention du clinicien : La palpation du fond utérin est pénible et parfois réellement douloureuse.
Alors que le fond utérin paraît normal de volume et de forme, la pression exercée à son niveau, lorsqu'on arrive à le saisir exactement entre la main abdominale et le doigt vaginal, révèle une sensibilité exquise surtout de chaque côté, au niveau des trompes. Cette constatation est de première importance, mais il est certain que, pour qu’elle ait toute sa valeur, il ne faut pas qu'il
2 4Q existe en même temps, une dilatation des trompes ou une augmentation de volume des ovaires, signe banal d’une salpingo-ovarite.
Or, cette dilatation de la trompe peut exister par compression simple de l’ostium utérinum, dans le cas d’adénomyomes, alors, il n’est pas étonnant que la De sur la corne utérine soit douloureuse:
Stérilité. — Il est rationnel d'admettre que la présence de nodules fibreux au niveau des cornes utérines, constitue une bien mauvaise condition à la fécondation.
Nos observations ne sont pas assez nombreuses pour que nous puissions nous faire une opinion. Une de nos opérées, mariée depuis 17 ans, n'avait jamais eu de grossesse, alors qu'aucune infection n'avait jamais atteint son appareil génital, que le col, l’isthme et la cavité utérine étaient de disposition normale.
, Symptômes en dehors des périodes menstruelles. — Dans le cas d’adénomyomes des cornes utérines, non compliquées de lésions annexielles, les symptômes sub- jectifs sont nuls. Cependant, une de nos malades souffrait constamment du ventre et la moindre fatigue exagérait ce symptôme. ;
Comme dans la plupart des affections gynécologiques il y a retentissement sur les fonctions digestives : inappétence, langue saburrale, constipation, ou alternative de diarrhée et de constipation. Une de nos opérées (Obs. I), avait au maximum, ce syndrôme intestinal. et, alors que l’appendice semblait devoir être ineriminé, son ablation n’a pas fait disparaître ces troubles. Seule, la castration totale a complètement débarrassé la malade de ses troubles digestifs persistants,
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Cependant il n'existait aucun reliquat de pelvi-péritonite, aucune bride inflammatoire péri-colite qui, si souvent, sont, pour notre maître, M. le Professeur Tixier, la cause des troubles intestinaux chez les femmes à infection gynécologique mitigée. (M. le professeur Tixier, thèse de Durlaton, Lyon 1920).
L'examen gynécologique, même exécuté à plusieurs reprises et dans les conditions les plus variées, ne donne pas de renseignements précis. Quand on perçoit des annexes tuméfiées et sensibles, des trompes ou des ovaires augmentées de volume, le chirurgien rapportera naturellement à ces modifications anatomiques tous les troubles accusés. C’est seulement lorsque les annexes paraîtront saines, lorsque l'utérus sera de volume et de consistance normale, qu'il faut attacher une grande importance à la constatation d’un point douloureux très limité au niveau des cornes utérines.
Nous avons déjà insisté sur la valeur de ce signe dans l'examen pratiqué au moment des règles; il est encore plus important d'en constater l’existence en dehors de l’époque menstruelle. Parfois, la malade précisera ellemême le point fixé douloureux, qu’elle accuse dans le bas-ventre : point remarquablement fixé.
Enfin, l'impuissance de toute médication antiphlogistique susceptible d'améliorer ce symptôme douleur, peut faire supposer l'existence d’un adénomyome de la
trompe.