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comme le caractère distinctif des altérations des différents milieux de l'œil. Dans les kératites, nous trouvons des ulcérations souvent multiples siégeant en général à la périphérie, allongées, semi-lunaires, quelquefois cupulliformes qui laissent après elles des leucomes, des staphylomes. Dans quelques cas même, on a vu la lésion cornéenne aller jusqu’à la perforation et la perte de vue. L'atrophie de la papille, la névrite optique, le glaucome, l’opacité du corps vitré, l’hypopyon, la phlébite périoculaire avec panophtalmie, la piémie et la méningite ont été également observés.
Nous ne voulons pas entrer dans les détails de symptomatologie du zona ophtalmique dont nous venons de citer à la hâte quelques-unes des complications.
Ce que nous devons faire remarquer surtout ici, c'est l'intérêt que peuvent présenter pour la cause que nous
voulons soutenir certaines particularités intéressantes. Les
paralysies des muscles moteurs de l’œil, comme la majorité des paralysies du facial, ont été le plus souvent éphémères. Quelquefois, en même temps que la paralysie ophtalmique, on a observé la paralysie faciale; en réalité il s’agit là déjà de paralysies multiples des nerfs craniens : dans un cas de zona gangreneux du front et du nez, Letulle (1) constata trois semaines après le début une hémiplégie faciale totale avec perte de la contractilité faradique, anesthésie de toute la face et point douloureux sus et sous-orbitaire et mentonnier.
D'autre part, s’il est des observations de paralysies faciales ayant compliqué le zona ophtalmique, les cas
(1) LETULLE, — Arch. de phys., 1882, p. 162.
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sont relativement assez nombreux de zonas ophtalmiques n'ayant été accompagnés d'aucune complication du côté des fonctions spéciales ou motrices de l'œil. À ce sujet, Hutchinson dans son premier mémoire, cherchant à établir les relations de siège existant entre les lésions de l'œil et les lésions cutanées, faisait observer : « que l’œil reste
intact quand l’éruption est limitée au front alors qu’il est
toujours atteint lorsque le côté du nez est envahi ».
Cette théorie, à tort ou à raison, a été réfutée par bien des auteurs, Bowmann en particulier. Si nous en avons parlé ici, c'est que l'observation personnelle que nous publions parait devoir la confirmer. Chez notre malade, bien qu’on ait constaté l'existence d'un zona ophtalmique coïncidant avec un zona occipito-cervical, on n’a pu trouver trace de lésions anatomiques ou de troubles fonctionnels du côté de l’appareil oculaire.
Dans notre cas, il n’y avait pas de complications oculaires et les vésicules n'apparaissaient que sous la forme d’une éruption très discrète (une vingtaine de vésicules) bordant la convexité du sourcil; elles ne siégeaient donc pas sur le territoire des branches du nerf nasal; or, nous savons que les rameaux ciliaires qui innervent l'iris et la cornée sont fournis par le ganglion ophtalmique qui, lui-même, reçoit sa racine sensitive du nerf nasal. Enfin, et pour en terminer avec la symptomatologie du zona ophtalmique, nous citerons les cas exceptionnels qu'Abadie a décrit sous le nom de zona frustre et dans lesquels on observait seulement une lésion purement cornéenne, précédée par des douleurs hémicraniennes avec larmoiement, chémosis, œdème des paupières et bulle cornéenne.
De ces cas, il faut rapprocher les observations de Coppez relatant des faits de lésions oculaires sans herpès nasal. | Eu
En somme, si l’on considère de bien près les rapports qui unissent le zona ophtalmique à ses différentes complications intéressant l'appareil nerveux moteur ou sensitif de la face, nous sommes obligés d'admettre que l’éruption vésiculeuse pourêtre quelquefois le symptôme primordial et capital de l'affection n’en joue pas moins bien souvent dans le drame morbide qu'un rôle effacé, quelquefois même inappréciable. Les complications oculaires sont loin d’être constantes; en nous en rapportant simplement aux observations que nous ayons lues, ou aux descriptions des manuels ou des dictionnaires, envisageant seulement les relations du zona ophtalmique avec ses complications nerveuses, nous pouvons proposer la classification suivante :
1° Zona ophtalmique avec complications oculaires diverses ;
2° Zona ophtalmique avec complications intéressant tout à la fois la branche ophtalmique et le nerf facial ;
3° Zona ophtalmique sans phénomènes morbides intéressant la branche ophtalmique, mais avec paralysie faciale ;
4° Affectionsdiverses des nerfs craniens assez accentuées avec éruptions de zona ophtalmique très discrètes.
Cette variété de localisations d'intensité de ce que l'on pourrait considérer comme une complication du zona ophtalmique n’est pas sans nous laisser bien perplexe sur la valeur réelle, au point de vue étiologique, de l’accident primitif qui passe pour en être la cause et a pu acquérir, de ce fait, l'importance d’une entité morbide.
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Il est bien difficile de savoir si le zona a été la cause de la paralysie ou s’il n’a été, au même titre qu’elle, que l’un des symptômes d'uneaffection générale. Sans vouloir É entrer dès maintenant dans la discussion de la pathogénie du zona, nous nous demanderons ce qu’il faut penser des cas où l’éruption vésiculeuse, aussi discrète que fugace, a été accompagnée d’une paralysie faciale très nette et relativement durable. Trèstimidement, nous comparerons. ces cas aux observations nombreuses de scarlatine où l’'éruption a été assez discrète et assez éphémère pour ne pouvoir être observée et où l’angine à fait, à elle seule, tous Les frais de l’observation clinique.